➊ Autel. Tiré du latin altar signifiant « lieu élevé réservé au sacrifice », l’autel est la table sur laquelle a lieu le sacrifice de la messe. Depuis les premiers siècles, l’Église a toujours identifié l’autel au Christ lui-même, raison pour laquelle il doit traditionnellement être en pierre – même s’il est laissé « au jugement de la Conférence des évêques » l’emploi « [d’un] autre matériau digne, solide et bien travaillé », selon la Présentation générale du Missel romain. Ainsi, pour saint Cyrille de Jérusalem, l’autel renvoie à l’image du rocher que Moïse frappa avec son bâton pour faire jaillir l’eau, préfiguration du côté transpercé du Christ « [par lequel il] laissa couler l’eau et le sang, source des sacrements de l’Église ». L’élément incontournable de l’autel, sans lequel il cesse d’en être un, se trouve au centre de la mensa, sa partie supérieure : la « pierre d’autel » – image de la « pierre d’angle rejetée par les bâtisseurs » – dans laquelle se trouvent une relique de saint. Jusqu’à récemment, la tradition voulait que les reliques soient celles de martyrs en écho aux premiers temps du christianisme, durant lesquels la messe était célébrée sur les tombeaux des premiers martyrs. Gravé de cinq croix rappelant les cinq plaies du Christ, l’autel est un lieu essentiel, comme le montre d’ailleurs le rituel de consécration particulièrement élaboré (voir France Catholique n° 3888). Le Jeudi Saint est l’occasion pour les fidèles de saisir l’identification du Christ à l’autel : après la messe, les autels sont « dépouillés », signifiant que le Christ est entré dans sa Passion.
➋ Nappes d’autel. Puisque l’autel représente le Christ, il doit être recouvert de trois nappes de lin blanc renvoyant aux linges sacrés qui l’enveloppèrent au tombeau, avant sa Résurrection.
➌ Hostie. Tiré du latin hostia, qui signifie « victime », l’hostie doit être du pain azyme, c’est-à-dire du pain sans levain, selon un usage s’étant imposé dans l’Église latine à partir du XIe siècle – de surcroît de pur froment et de confection récente. C’est en effet ce pain qui fut, selon toute vraisemblance, utilisé par le Christ lors de la dernière Cène du Jeudi Saint, jour de la Pâque juive. Il était de coutume pour les Juifs de manger alors de ce pain n’ayant pas eu le temps de lever, en souvenir de leur départ précipité d’Égypte.
➍ Calice et patène. Du latin calix, signifiant « coupe », le calice reçoit le vin (naturel, c’est-à-dire sans additifs, et non corrompu) qui deviendra le Sang du Christ. Il est composé de trois éléments principaux : le pied à la base, la coupe au sommet et, entre les deux, la tige avec le « nœud », qui permet au prêtre de bien saisir le calice. Dès le début du IIIe siècle, Rome décide que les calices, jusque-là fabriqués avec toutes sortes de matériaux, devaient être d’or ou d’argent. L’intérieur, parce qu’il recueille le Sang du Christ, doit être en or. Destiné à un usage exclusivement liturgique, le calice est traditionnellement consacré par un évêque avant sa première utilisation. La patène est indissociable du calice : c’est sur cette petite assiette, elle aussi traditionnellement consacrée par un évêque, que repose l’hostie consacrée.
➎ Linges d’autel. À ne pas confondre avec les « nappes d’autel », les linges d’autel sont les pièces de tissus en lin, utilisées par le prêtre lors de la célébration de la messe. Le corporal est le linge le plus précieux. Du latin corpus corporis, « le corps », ce linge représente le linceul dans lequel le Christ fut enveloppé à sa mort et est destiné à accueillir le calice, la patène et le ciboire. Le purificatoire sert enfin à purifier le calice et les lèvres du prêtre. La pale est un carré de tissu rigide recouvrant le calice afin que des impuretés ne se retrouvent pas dans la coupe. Enfin, le manuterge sert au prêtre à s’essuyer les mains après les avoir lavées lors du rite du « lavabo », à la fin de l’offertoire.
➏ Encensoir. Depuis l’Ancienne Alliance, l’encens a toujours été associé au culte rendu à Dieu. Ainsi, l’encens était brûlé deux fois par jour sur un autel spécial du Temple de Jérusalem et une fois par an dans le Saint des Saints, devant l’Arche d’Alliance. L’un des trois cadeaux faits par les mages à l’Enfant-Jésus avec l’or et la myrrhe, soulignant sa divinité, l’encens honore durant la messe ce qui est sacré : l’autel, l’Évangile, le prêtre, ainsi que les fidèles en tant que membres de Jésus-Christ. L’encens possède deux autres significations : sa fumée représente la prière qui monte vers Dieu tandis que sa bonne odeur – sa « suavité » – représente la grâce répandue par Dieu.
➐ Tabernacle. Le tabernacle doit son nom au latin tabernaculum, « tente », en référence à la tente abritant l’Arche d’Alliance durant les 40 ans d’errance des Hébreux dans le désert, dans laquelle se tenait la présence de Dieu. Ce coffret, fermé à clé, abrite le ciboire contenant les hosties consacrées. Si l’extérieur du tabernacle peut être fait de bois ou de métal, l’intérieur doit traditionnellement être recouvert de soie ou de métal précieux. Le tabernacle est recouvert du conopée, un voile rappelant là encore la tente de l’Arche d’Alliance. Le ciboire, quant à lui, est recouvert pour le même motif d’un voile appelé pavillon.
