Fin de vie : la fuite en avant - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Fin de vie : la fuite en avant

Le coup d’arrêt porté en janvier par les sénateurs à la proposition de loi sur la fin de vie n’aura pas suffi. En commission, les députés ont relancé le processus, en y ajoutant des dispositions particulièrement inquiétantes.
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© Adobe Stock / Sudok1

Alors que les sujets qui devraient mobiliser la représentation nationale ne manquent pas, celui de la fin de vie, ou pour dire les choses explicitement, de l’euthanasie, semble s’imposer en tête de l’agenda parlementaire. Acharnement d’autant plus dérangeant que les Français indiquent clairement qu’ils ne sont pas favorables à cette proposition de loi, comme le montre une étude fouillée et sans ambiguïté publiée en janvier par la Fondapol. « Les Français ne demandent pas la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté ; ils veulent que les pouvoirs publics assurent l’équipement de tout le pays en soins palliatifs, auxquels, aujourd’hui, la moitié de la population n’a pas accès », indique Dominique Reynié dans sa présentation de l’enquête.

Le texte « retricoté »

Cela n’a pas empêché la commission des Affaires sociales de l’Assemblée de « retricoter », le 4 février, le texte qui avait été démantelé par les sénateurs, et qui doit faire l’objet d’un vote solennel mardi prochain, 24 février. S’il ressemble presque en tous points au texte initial, il introduit de nouvelles précisions qui l’aggravent encore, puisqu’il prévoit la possibilité « qu’une souffrance psychologique seule » ouvre la possibilité d’une euthanasie… Autre disposition sidérante, validée en commission : la suppression des maisons d’accompagnement et de soins palliatifs. « Il s’agissait pourtant du seul élément réellement utile et nouveau du texte, et d’un vrai besoin pour les patients, leurs familles et les équipes soignantes ! » a réagi, sur LinkedIn, Claire Fourcade, de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs).

Un déni du réel

Dans un spectaculaire déni du réel, l’auteur de la proposition, Olivier Falorni, martèle que le texte est « équilibré », « solide », « consolidé », alors que tous les voyants, au-delà des sondages, indiquent son caractère hautement problématique. Dans une lettre ouverte datée du 10 février, l’Ordre national des médecins a ainsi indiqué son opposition formelle à « l’administration d’un produit létal par un médecin » et à la « possibilité de mettre en place une procédure d’assistance à mourir pour les mineurs et les personnes hors d’état de manifester leur volonté », tout en soulignant l’importance capitale de garantir une clause de conscience pour les médecins.

La fuite en avant des partisans de l’euthanasie interroge. Elle interroge bien sûr le croyant qui ne peut s’empêcher de voir dans cette « envie de létal » – pour paraphraser l’essayiste Philippe Muray – une expression spectaculaire de l’action des forces du mal, quelque chose de véritablement diabolique. Mais elle interpelle tout homme et toute femme de bonne volonté qui ne peut que constater derrière ce processus une destruction de certains des marqueurs les plus fondamentaux de notre humanité. Elle « révèle une même logique, un même imaginaire politique : celui d’un monde où tout doit être administré, où les réalités humaines les plus fondamentales ne sont plus accueillies comme des mystères, mais traitées comme des problèmes à résoudre », note Laurent Frémont dans une tribune publiée dans Le Figaro (10/02), dont la conclusion est aussi lucide que glaçante : « À force de vouloir administrer la vie de son commencement jusqu’à sa fin, l’État ne gouverne plus des hommes : il gère des stocks biologiques et organise des sorties. »