« Les nations marcheront à ta lumière » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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« Les nations marcheront à ta lumière »

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© Adobe Stock / Simona Bottone

Ainsi qu’il devrait être évident à l’heure actuelle, la solennité de l’Épiphanie […] est le jour où les non-juifs se retrouvent à la Crèche. Marie et Joseph représentent les juifs pieux ; Hérode les juifs à la nuque raide ou athées ; les mages les non-juifs ouverts d’esprit et de cœur. Une charmante ancienne légende dit que les mages sont vraiment devenus les premiers missionnaires chrétiens, leurs efforts rencontrant succès et échecs selon qu’ils rencontraient foi ou incroyance parmi les non-juifs auxquels ils prêchaient.

C’est sûr, l’objet de cette célébration est que « les non-juifs sont maintenant co-héritiers avec les juifs », mais comment cela se fait-il ? Saint Paul donne la réponse : « par la prédication de l’Évangile ». Si la barrière entre les juifs et les non-juifs est jetée bas, il en résulte que les uns et les autres sont mis en contact avec la vérité salvatrice de Jésus-Christ. Cela se produit par le processus d’évangélisation, le partage de la Bonne Nouvelle, l’Évangile. La solennité du jour devrait donc nous faire réfléchir sur la tâche fantastique d’évangéliser le monde.

De ce fait, une préoccupation majeure de l’Église à toutes les époques devrait être la propagation de l’Évangile. Pour cette raison même, les pères conciliaires de Vatican II (de façon fort appropriée) ont enseigné : « L’Église sur la terre est missionnaire par sa nature même » [Ad Gentes n.2]. Cette vérité a été soulignée quelques années plus tard dans l’exhortation marquante Evangelii nuntiandi.

Il est important de se focaliser sur ce fait parce que c’est une des caractéristiques distinctives du catholicisme.

Le judaïsme, par exemple, n’a pas d’intérêt particulier à faire des convertis ; on ne leur tourne pas le dos, bien sûr, mais ce n’est pas un souci majeur de cette tradition religieuse. Il en est de même pour les diverses religions orientales comme le bouddhisme, le shintoïsme ou le taoïsme. Même l’orthodoxie et l’essentiel du protestantisme n’ont pas eu un élan évangélisateur vers eux. Qu’est-ce qui nous rend différents ? Rien moins que prendre le Christ au mot dans Son grand commandement : « Allez donc et faites des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé » (Matthieu 28, 19).

Et, depuis les mages de l’Épiphanie jusqu’aux missionnaires modernes, l’Évangile a été partagé et a pris racine sur chaque continent. Ainsi l’Allemagne a Boniface et l’Irlande Patrick. Et il y a 500 ans, le dénommé Nouveau Monde a reçu la grande bénédiction d’être mis au contact du message salvateur de Jésus-Christ grâce au dur labeur désintéressé de prêtres et religieux qui s’y sont consacrés.

Cependant, l’évangélisation n’est pas une œuvre du passé ; ce n’est pas non plus la responsabilité d’un petit nombre choisi ; ce n’est pas non plus restreint à ce que nous considérons généralement comme « les terres de mission ». Au contraire, l’évangélisation est l’obligation et le privilège de tout chrétien baptisé, en tous temps et en tous lieux. De fait, le pape Jean-Paul a appelé à « une nouvelle évangélisation » visant d’abord ces pays qui ont été les premiers à entendre et accepter l’Évangile mais qui s’en sont regrettablement éloignés dans l’indifférence et la sécularisation. Ce thème a été souligné dans tous les synodes continentaux de l’époque de Jean-Paul II.

En 1990, le Saint Père a fait don à l’Église d’une encyclique intitulée Redemptoris missio, sur la validité permanente du mandat missionnaire de l’Église. Pourquoi avait-on besoin de cette encyclique ? Un regard jeté aux sujets traités donne la réponse. Beaucoup dans l’Église, dans une forme d’œcuménisme confus et embrouillé, en sont venus à l’opinion que les religions se valent et que de ce fait personne ne devrait chercher à amener quelqu’un d’autre dans l’Église Catholique.

Le plus stupéfiant de tout, cependant, était que des missionnaires à plein temps avaient adopté cette mentalité, réduisant leurs personnes, leur travail et l’Église à de simples dispensateurs de services sociaux dans le meilleur des cas, à des révolutionnaires politiques parfois violents dans le pire. Le passage le plus perturbant de l’encyclique statuait que « le nombre de ceux qui… n’appartiennent plus à l’Église… a presque doublé » depuis la fin de Vatican II (n.3). Imaginez – doubler le nombre de ceux qui ne sont plus liés à l’Église en seulement 25 ans !

Parfois des gens me demandent ce que fera Dieu avec tous les gens du monde qui n’ont jamais entendu parler de Jésus-Christ. Sont-ils damnés ? Sont-ils sauvés par quelque autre moyen ? Je laisse cela à Dieu. Je voudrais plutôt demander comment le Christ me jugera parce que tant d’humains n’ont jamais entendu Sa parole salvatrice – précisément en raison de mon manque d’enthousiasme ou de mon désir de rester à l’écart de l’œuvre missionnaire de l’Église.

Aujourd’hui, les mages ont apporté à Jésus enfant des présents : or, encens et myrrhe. Et je suis sûr que cela a réjoui le cœur de Dieu. Mais si ces premiers chercheurs de vérité sont de fait devenus les premiers missionnaires chrétiens, le cœur du Christ devait s’en réjouir bien davantage.

Voulez vous offrir un présent au « roi des juifs qui vient de naître » ? Puis-je vous suggérer de décider de faire partie du programme de réévangélisation de l’Ancien Monde conçu par le Saint Père Jean-Paul II, en prévoyant un objectif double pour cette nouvelle année : priez et agissez avec un catholique qui ne pratique plus pour l’amener à une pratique vivante de la foi et priez et agissez avec une personne qui n’a jamais été croyante pour l’amener dans la plénitude de la vérité et de la vie que l’on ne trouve que dans l’unique et sainte Église catholique et apostolique.

Ce serait un cadeau qui aurait vraiment du sens pour l’Enfant-Roi. Cela dirait à chacun que vous êtes un digne héritier de l’évangélisation des mages.

Gaspard, Melchior, Balthazar, priez pour nous afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Père Peter M.J. Stravinskas, traduit par Bernadette Cosyn

Source : https://www.thecatholicthing.org/2026/01/04/nations-shall-walk-by-your-light/