Cocotte minute - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Cocotte minute

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La semaine que viennent de connaître les Américains depuis le lundi 15 avril aura connu trois temps forts : une poussée de terreur au moment de l’explosion de deux engins plutôt rudimentaires — la cocotte minute que chacun peut réaliser dans sa cuisine à moins de cent dollars selon le site internet qui l’a mondialisé — sur la ligne d’arrivée du marathon de Boston, qui auraient pu faire dix fois plus de victimes s’ils avaient été mieux placés ; une manifestation d’unité nationale dans la cathédrale catholique de la Sainte-Croix le jeudi 18 pour une cérémonie œcuménique présidée par le remarquable cardinal Sean O’Malley, dans sa robe de bure de capucin, en présence du président Obama et de son épouse ainsi que de son adversaire malheureux, Mitt Romney, ex-gouverneur du Massachussetts où se trouve la ville de Boston ; l’interpellation des deux auteurs présumés, deux frères de 19 et 26 ans, d’origine tchétchéne, le plus jeune étant naturalisé américain (où il était arrivé à l’âge de sept ans), et, selon les informations à ce jour, ayant agi seuls. Le parallèle peut être fait avec la récente affaire Mérah en France.

« Pourvu que ce ne soient pas des islamistes », telle fut instinctivement la pensée à la vue des premières images qui donnaient l’impression d’un chaos urbain comparable à celui de Manhattan le 11 septembre 2001. L’Amé­­rique a voulu tourner la page. Obama, président et commandant-en chef des forces armées, l’a persuadée qu’avec la mort d’Osama ben Laden, le peuple américain était à l’abri d’une organisation terroriste internationale et professionnelle telle qu’Al Qaida. Il fait tout pour qu’il continue d’y croire.
C’est en cela qu’il est l’anti-Bush, qu’il fait son possible pour éviter la montée aux extrêmes. C’est pourquoi il a assumé cette fonction de « modérateur » si manifeste lors de la célébration religieuse dans son discours si balancé, comme toujours inspiré, et par dessus tout rassembleur. Avant même de connaître l’identité des auteurs présumés, l’Amérique était déjà apaisée à la sortie de l’église.

L’efficacité du discours — mais aussi de la méthode — d’Obama concentre le risque autour de sa personne. Il est en effet, comme lors de son premier mandat, littéralement haï par les extrêmes. L’autre peur inavouée de l’Amérique est une extrême-droite ultra-radicale, paramilitaire, qui prolifère un peu partout. Une statistique vient de recenser, pour 2012, 1360 groupes dits « patriotiques », en réalité majoritairement néo-nazis, contre seulement 150 en 2008, année où Obama est arrivé à la Maison Blanche. Son bras de fer avec la toute puissante Association nationale des porteurs de carabines (National Rifle Association, NRA), le premier groupe d’influence aux États-Unis, n’a pas arrangé les choses.

Un projet de loi tendant à obliger les vendeurs d’armes à vérifier les antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs a échoué mercredi 17 avril, cette même semaine, au Sénat, ce qui avait relancé les soupçons de ce côté (comme l’attentat d’Oklahoma City, le 19 avril 1995, coïncidence de dates). La modération cette fois n’a pas payé car Obama donnait le sentiment de porter atteinte à une liberté fondamentale de chaque citoyen, un droit de l’homme inscrit dans le second amendement de la Constitution.
Le délicat équilibre entre liberté et sécurité est essentiel à la bonne santé de la société américaine et à la confiance dans ses institutions. Après le 11 septembre, et avec Bush, le fléau de la balance avait penché vers le second terme. Obama l’a redressé et maintient le cap. Il lui faut un courage exemplaire, se gardant à droite comme à gauche. Comme tel il est sans doute désormais l’homme à abattre, comme en leur temps les deux frères Kennedy et son modèle inavoué, Abraham Lincoln.