Les chrétiens engagés dans l’arène politique se sont habitués aux coups reçus des idéologues laïcards qui nient la spiritualité et réprouvent la plupart des règles traditionnelles de la morale. On nous a bien tapé dessus, nous restons debout. Mais la dernière offensive des laïcards pour effacer toute trace de notre héritage Judéo-Chrétien de la société américaine est, à mon avis, extrêmement perturbante et pourrait porter un coup fatal.
Les laïcards vont au-delà du rejet des chrétiens sous prétexte qu’ils sont anti-intellecuels et irrationnels. Désormais ils tentent de les ridiculiser publiquement et de mettre en doute leur capacité à participer à la vie publique. Ils décrivent les croyances religieuses comme des superstitions, des contes de bonnes femmes, des légendes, et déclarent que quiconque croit à ces balivernes est dingue. Faut-il s’étonner alors que des organismes tel que le « Département de la Santé et des Questions humaines » s’arroge le droit de contrôler les objections de conscience des individus et des institutions religieuses ?
Un exemple: Matthew Avery Sutton, professeur d’Histoire à l’Université d’État de l’État de Washington, conseille au public, dans un courrier au New York Times, de se méfier des candidats chrétiens insensés qui croient à la fin des temps, à l’Armageddon. Les catholiques doivent être inscrits sur la liste des suspects car nous croyons que « le Christ est monté aux cieux, est assis à la droite du Père, d’où il viendra juger les vivants et les morts.»
Ce professeur a peur que de tels individus cherchent à blesser ou détruire le Président Obama car « jamais depuis (Franklin D.) Roosevelt nous n’avons eu un président dont le charisme et la popularité globale font si bien de lui pour les Évangéliques un exemple parfait d’Antéchrist.» Sutton est persuadé qu’en 2012 les détracteurs du pouvoir accuseront Obama de préparer le pays à une coalition globale avec l’Antéchrist.
Et les croyants sont accusés de tromperie.
Voici maintenant Bill Keller, éditorialiste au New York Times, qui, dans la partie « magazine » de son journal, demande qu’on pose des questions plus sérieuses aux candidats républicains [NDT: de Droite] à propos de leur foi. La campagne des primaires 2012 « offre une importante occasion de prendre en compte nos scrupules relatifs au caractère privé de la foi dans la vie publique — et de les surmonter.»
Keller veut que les candidats fidèles à des religions « mystérieuses ou suspectes aux yeux de nombreux Américains » soient analysés comme ceux qui croient que « les extra-terrestres sont parmi nous ». Afin de prouver sa largeur d’esprit, il avoue que toutes les religions organisées sont « bizarrement suivies ». « J’ai grandi en croyant qu’un prêtre pouvait changer une hostie en véritable corps du Christ » écrit-il. (Il est de bon ton, dans certains milieux laïcs, de parler des catholiques comme pratiquant une sorte de cannibalisme).
Réputés appartenir à des groupes actifs évangéliques chrétiens les candidats à la présidence Rick Perry et Michele Bachmann, ainsi que Rick Santorum, catholique pratiquant, éveillent « les soupçons de Keller sur leur respect de la séparation de l’Église et de l’État, sans compter la séparation de la fiction et de la réalité ». Par conséquent, il voudrait qu’on demande aux candidats à la présidence s’ils accordent leur fidélité « à quelque autorité supérieure à la Constitution et aux lois de ce pays ».
Si des gens sont jugés inaptes à une fonction publique parce qu’ils croient que la loi divine l’emporte sur toute loi humaine, alors la plupart des dirigeants vénérés en Amérique auraient dû être déclarés inaptes. Voici un échantillon d’idoles américaines qui auraient échoué à l’interrogatoire de Keller:
Thomas Jefferson, justifiant la rupture avec la Grande Bretagne par l’argument que « les lois naturelles et Dieu » leur accordaient l’indépendance.
Alexander Hamilton pour qui une loi supérieure à la loi humaine, est « écrite de la main Divine avec un rayon de soleil et ne peut être effacée ou obscurcie par la main d’un mortel. »
George Washington qui, lors de sa première intronisation, déclara « il serait particulièrement inapproprié d’omettre dans ce premier acte officiel ma fervente supplication au Tout-puissant qui commande à l’univers, préside les nations, et dont le soutien providentiel peut compenser toute défaillance humaine. . . »
John Adams, qui écrivit que « notre Constitution a été écrite uniquement pour un peuple religieux et moral. Elle n’est pas applicable au gouvernement des autres.»
N’oublions pas Daniel Webster et Abraham Lincoln qui invoquèrent la loi Divine dans leur plaidoyer contre l’esclavagisme.
Et que penser de Franklin D. Roosevelt — cité ci-dessus — qui demanda que les responsables de la hiérarchie nazie — qui n’avaient contrevenu à aucune loi civile — soient punis « pour les atrocités commises en violation de toute référence à la foi chrétienne ». Était-il inapte à sa fonction pour avoir, selon sa foi, jugé coupable un tel peuple ?
Pour conclure, Martin Luther King était-il sans raison en insistant : « Une loi juste est un code établi par l’homme en harmonie avec la loi morale, la loi de Dieu. . . Une loi injuste est un code en contradiction avec la loi naturelle.»
La nouvelle tactique grandissante des laïcards, cherchant à marginaliser l’influence de la religion, est ridicule. Bill Keller flanque une claque à la religion mormone des candidats John Huntsman et Mitt Romney en la déclarant « une foi qui pour beaucoup est un « culte », et, pour beaucoup d’autres une simple bizarrerie.»
La grande presse audio-visuelle s’est moquée du Gouverneur Rick Perry pour avoir organisé une prière à Houston, et avoir encouragé les Texans à jeûner et se repentir.
On a atteint un point crucial dans la vie publique. Si les catholiques ne s’unissent pas aux autres contre ce barrage laïque et pour proclamer, comme notre Église est outillée pour le faire, que foi et raison doivent marcher main dans la main, les points de vue politiques fondés sur les principes religieux disparaîtront du discours public. Les politiciens chrétiens seront rejetés à la frange du spectre politique, et tous les croyants seront éliminés, simplement de ce fait, pour cause d’excentricité.
George J. Marlin
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Source : http://www.thecatholicthing.org/columns/2011/christians-need-not-apply.html
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Image : Prière à Valley Forge – Arnold Friburg (1975)
