Politique : tempêtes en tous sens - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Politique : tempêtes en tous sens

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Il n’y a pas que la météo à être agitée en cette fin du premier mois de l’année 2009. Les Français commencent à se demandent s’ils vont être véritablement touchés par la crise et sur quels postes du budget familial ils devront économiser ? En revanche, ils ne semblent se passionner que très modérément pour les multiples débats de personnes qui agitent le monde politique, qu’il s’agisse des leaders de la gauche se présentant comme persécutés à l’Assemblée nationale, de Ségolène Royal dont le Ps réduit les capacités financières, des états d’âme de Rachida Dati et de Rama Yade face aux prochaines consultations ou de l’affichage de son homosexualité par le secrétaire d’État aux relations avec le Parlement Roger Karoutchi.
Quant aux discussions de fond, si aucune ne surnage, les inquiétudes demeurent. Comment, par exemple, définir les « zones touristiques » et « frontalières » où devraient être généralisées les dérogations au repos dominical ? Et la refonte du code de procédure pénale : fallait-il bousculer la commission en charge pour ne pas s’engluer dans cinquante ans de tentatives inabouties ? Quant aux problèmes de l’automobile, devait-on annoncer aussi rapidement une aide de l’État de « l’ordre de 5 ou 6 milliards d’euros » en la subordonnant au maintien de la production en France ?
Toutes les professions se sentent aujourd’hui plus ou moins dépassées par la rapidité d’intervention du pouvoir politique. Cela s’observe de façon très significative au niveau de la presse. Alors que se poursuivent les réflexions et que, par exemple, les professionnels réclament un dispositif incitatif pour préserver le journalisme d’enquêtes et de reportages, le chef de l’État a annoncé tout un plan d’aide de 600 millions d’euros sur trois ans. Si on parle à nouveau de chartes déontologiques, beaucoup de journalistes s’inquiètent de la précarisation des emplois. Et, tandis que tout le monde sait que les coûts de production sont supérieurs d’au moins 20 % à ce que l’on observe ailleurs, personne n’ose dénoncer la mainmise sur la fabrication d’une minorité dont le syndicalisme se réduit à la défense, par tous les moyens, d’intérêts purement catégoriels.

Quant au gouvernement, il donne l’impression d’un bateau non pas ivre, mais d’où l’on sort et où l’on entre au gré de certaines humeurs et en fonction de choix souverains. Une semaine après le remaniement organisé autour de Brice Hortefeux, on y a ajouté Chantal Jouanno comme secrétaire d’État chargée de l’Écologie auprès de Jean-Louis Borloo ; présidente depuis un an de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, elle ne manque pas de qualifications et y ajoute douze titres de championne de France de karaté et douze coupes de France. Peut-être fera-t-elle alors partie de ces « gagneurs » que le président de la République veut placer en tête des listes européennes du mois de juin ? Mais, en attendant, il faut surmonter la grande grève de jeudi.

Jean-Gabriel DELACOUR