3e dimanche de Carême : Nous adorons celui que nous connaissons - France Catholique
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Le journal de la semaine

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3e dimanche de Carême : Nous adorons celui que nous connaissons

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© Pascal Deloche / Godong

1re lecture : Ex 17, 3-7.
Psaume : 94.
2e lecture : Rm 5, 1-2. 5-8.
Évangile : Jn 4, 5-42. « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé. »

Le chapitre 4 de saint Jean est souvent cité parce qu’il contient le récit de la rencontre de Jésus avec la femme de Samarie (Jn 4, 5-26). Pourtant, bien qu’elle en fasse partie, cette phrase n’est pas souvent remarquée : « Nous adorons celui que nous connaissons » (Jn 4,22). Ce récit forme le premier volet d’un triptyque dont l’Église a fait le cœur de la préparation au baptême des catéchumènes, en ce temps de Carême. Juste après le passage bien connu (« si tu savais le don de Dieu… »), nous assistons à la confrontation de Jésus avec les villageois du coin, surpris par le témoignage rendu par la femme : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ! »

Jésus est donc en face de Samaritains, qui ne sont pas tout à fait des païens – ils ont des Écritures qui sont, à peu de chose près, notre Pentateuque – mais que Jésus, en bon Juif qu’il est, considère comme en dehors de l’Alliance et du véritable Peuple de Dieu. Or, que leur dit-il : « Vous adorez ce que vous ne connaissez pas, nous (les Juifs) nous adorons celui que nous connaissons » et là-dessus, il ajoute : « car le salut vient des Juifs ! ». De quoi faire grincer des dents aux antisémites de tous les temps !

Pourquoi les Samaritains ne connaissent-ils pas le vrai Dieu, alors que les Juifs le connaissent ? Ce n’est pas faute d’avoir les bases, puisqu’ils ont des écritures apparentées à celles des Juifs. C’est qu’ils ne vivent pas du culte adressé au vrai Dieu depuis le seul lieu qu’il ait choisi « pour y faire habiter son nom » : le Temple de Jérusalem. L’appartenance au Peuple de Dieu n’est pas seulement affaire de croyance, mais d’abord de culte. Quand il déclare : « Nous adorons celui que nous connaissons », la connaissance dont il s’agit est une relation du cœur et de l’esprit qui se scelle dans la liturgie, l’étude mais aussi dans une vie tout imprégnée de la présence du Dieu unique. Le judaïsme était une école qui distillait cette connaissance. C’est ce que nous dit saint Paul quand il s’afflige de voir le peuple juif passer à côté de la Bonne Nouvelle : « à eux appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et c’est d’eux qu’est issu le Christ selon la chair » (Romains 9,4-5).

Indispensable éducation chrétienne

Nous aussi, nés pour la plupart en dehors du peuple juif, nous n’avons pas eu cette école. Il a fallu que nous trouvions le moyen de recevoir autrement cette propédeutique de la foi. Dans les meilleurs cas, l’Église nous a rendu ce service mais, dans les bouleversements d’aujourd’hui, combien ont eu une éducation complètement chrétienne ? Pour qui l’Église a-t-elle été ce bain salutaire qui peut baptiser le païen polythéiste que nous sommes restés au fond ?