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IVG

L’enfant raté

par Tugdual Derville

lundi 4 juin 2012


Une Espagnole et son enfant rescapé de l’avortement viennent d’obtenir de la justice de fortes indemnités du médecin responsable de l’erreur.

Stupéfiante histoire que celle de ce petit garçon espagnol né fin 2010. Quoi qu’en parfaite santé, il aurait dû mourir très tôt, précisément sept semaines après sa conception. Mais le médecin de Palma de Majorque a raté l’avortement que demandait sa mère, et il ne s’en est pas aperçu à l’échographie de contrôle deux semaines plus tard. S’il avait vu le foetus, il ne l’aurait pas raté.

Magnifique service ren­du à Tamara, la maman, alors âgée de 24 ans  ? Elle témoigne aujourd’hui  : «  Je suis heureuse avec mon fils  !  »

À l’époque, elle n’avait rien dit à sa famille de cette grossesse interrompue. Mais quand elle a cru se retrouver enceinte à nouveau, trois mois plus tard, la nouvelle échographie fut formelle  : c’était bien la même grossesse. Nul n’évoque l’hypothèse d’un jumeau qui aurait survécu... En théorie, en Espagne, on n’avorte plus à six mois d’un enfant en bonne santé. La clinique majorquine a alors remboursé le coût de l’avortement raté (400 euros) — en échange d’une lettre de décharge — tout en proposant à la jeune femme un arrangement  : à Barcelone, on prodigue des avortements tardifs sans trop y regarder…

Au point où elle en était, Tamara a eu le courage de dire non, et d’aller jusqu’au bout. À moins qu’elle n’ait pas eu celui d’avorter encore. Une fois son fils né, l’«  heureuse  » maman a estimé que ce ratage lui donnait droit à réparation. En première instance, la justice vient de lui donner raison  : 150 000 euros au titre de préjudice moral, dédommagement de cette vie qu’elle n’imaginait pas pouvoir accueillir. Motif invoqué par l’avocat pour indemniser la mère  : l’erreur du médecin a «  altéré irréversiblement sa vie  ». Prononcé quelques jours avant la fête des mères, le verdict devrait-il culpabiliser nombre d’enfants d’exister  ?

Soyons honnête  : pour arguer d’un tel préjudice, l’avocat a aussi fait part de l’angoisse de Tamara à propos de la santé de son fœtus qui avait résisté à la technique de l’aspiration… Mais ce dernier n’est pas en reste puisque son sauveur — involontaire — se voit condamné à lui verser une rente de 978 euros par mois pendant les 25 premières années de sa vie. Non pour avoir tenté de le tuer, mais pour l’avoir bel et bien raté. Peut-être aussi pour le dédommager de vivre alors qu’il n’était pas «  désiré à la naissance  »  ? Désiré, sa maman promet de lui expliquer qu’«  il l’est aujourd’hui  ».

L’avocat du médecin a fait appel. Il estime pouvoir lui éviter la sanction pécuniaire grâce au refus de la maman d’avorter plus tardivement… L’affaire — dans le contexte de la légalisation de l’avortement — est logique. Elle a le mérite de relever l’absurdité du geste qui était demandé à un médecin. N’aurait-il pas abouti à supprimer une vie innocente et en bonne santé tout en privant une femme de la chance d’accueillir son enfant, et de l’aimer  ?

Comme souvent, c’est par l’injustice de leurs conséquences qu’on mesure la gravité des dérives éthiques. Comme à l’occasion de fiascos médicaux. En Italie, c’est un «  jumeau sain  » qui avait été avorté par erreur en août 2007 à la place de son frère trisomique, déclenchant une vive polémique sur l’eugénisme. À Lyon en 1991 c’est l’inversion de deux patientes au moment de l’entrée au bloc qui a pu aboutir à un avortement par erreur. Qui osera avouer qu’en France, quand une tentative d’IMG (interruption médicale de grossesse) tardive se conclut par un bébé vivant, des soignants étouffent discrètement le nouveau-né handicapé  ?

C’est la naissance d’enfants handicapés, faute d’avortement, qui alimente le contentieux. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) est actuellement saisie du recours d’une Lettonne qui reproche à son médecin de ne pas avoir dépisté la trisomie 21 de sa fille, née en 2000. Un remake de la célèbre affaire Perruche : la même année 2000, la Cour de cassation française avait prétendu indemniser, à la demande de ses parents, le jeune Nicolas, porteur d’un lourd handicap, pour le «  préjudice d’être né  » plutôt que d’avoir été avorté.

L’arrêt a ensuite été désavoué par la loi du 4 mars 2002, grâce à un collectif contre l’handiphobie. Aujourd’hui, c’est un rassemblement international d’associations de familles et d’amis de personnes trisomiques qui agit auprès de la CEDH, par voie de pétition, «  pour que l’eugénisme ne devienne pas un droit de l’homme  ». L’appel, relayé en France par la Fondation Jérôme Lejeune, peut être signé sur un site Internet dédié.

6 Messages de forum

  • 4 juin 2012 22:44

    Le lien vers le site de la pétition ne marche pas !

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  • 5 juin 2012 11:34, par J. Martine

    Le massacre des innocents, ce n’était pas au temps d’Hérode ?... Se pourrait-il que nous y soyons restés coincés ?... J. Martine

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  • 5 juin 2012 19:13, par vilain_canard

    Il faut être très clair , les juifs parlent d’un holocauste, ou d’une catastrophe (quand on est branché, on dit shoah — ça fait bilingue —) lorsqu’on affiche 6 millions de morts dans les camps nazis , mais lorsque l’on tue plus de 200 000 bébés par an pendant plus de 30 ans, ce qui fait plus de 6 millions de morts dans les cliniques et hôpitaux français, il ne s’agit que du "droit des femmes" ... ou d’erreurs, comment dire ? ah oui, nosocomiales !

    Aujourd’hui, on nous installe des gendarmes et des radars sophistiqués, fixes, sur des jumelles, des motos, des voitures, voire des hélicoptères, pour moins de 4000 morts par an, bref, on affecte une manne financière importante et beaucoup de moyens audiovisuels pour simplement limiter la vitesse des véhicules — qui est loin d’être la seule cause ce ces morts. Eh bien, nos gouvernants feraient mieux de consacrer ces moyens à la diminution de cet épouvantable massacre des enfants à naître.

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    • L’enfant raté 5 juin 2012 21:52, par Anne Lys

      Vous avez absolument, totalement raison.

      Mais les assassins d’enfants (j’appelle ainsi non pas les femmes victimes du matraquage médiatique pro-avortement, mais les auteurs de ce matraquage et des lois mortifères) ont trouvé un moyen imparable d’éviter l’indignation qui devrait saisir la plupart des gens devant ce massacre : nier l’humanité des petits enfants à naître. Sous prétexte de "droit des femmes".

      On ne peut nier qu’il y a toujours eu des femmes qui ont préféré avorter que mettre au monde un enfant non désiré, ce qui s’expliquait d’autant mieux que l’enfant conçu hors mariage et sa mère étaient des parias et que l’enfant supplémentaire arrivant dans une famille pauvre réduisait celle-ci à la misère. Excuses qui n’existent d’ailleurs plus aujourd’hui - ou ne devraient plus exister, puisque près de la moitié des enfants qui ne sont pas avortés naissent hors mariage, désirés et aimés, et que notre société a les moyens de venir en aide aux familles incapables d’accueillir décemment un enfant de plus.

      Il est d’autant plus inadmissible que le nombre des avortements n’ait fait que croître depuis leur dépénalisation (la législation qui est passée de la dépénalisation au remboursement par la Sécurité sociale et du remboursement au "droit à l’avortement" n’y étant pas pour peu de choses ; les assassins trouvent d’ailleurs que cela ne suffit pas, qu’il devrait y en avoir beaucoup plus, montrant d’ailleurs le bout de l’oreille : il ne s’agit pas d’avoir pitié de femmes malheureuses, mais bien de tuer et de tuer de plus en plus).

      Donc, selon eux, l’avortement est un "droit des femmes" et pour que cela soit un droit accepté par l’opinion, il faut que l’enfant à naître ne soit pas un être humain, mieux, qu’il n’ait aucune existence, pas même celle d’un animal ou d’une chose. C’est ainsi qu’une femme qui dans un accident perd son bébé quelques jours avant la naissance et a ses vêtements déchirés sera indemnisée pour les vêtements, mais non pour la mort du bébé : celui-ci n’existait pas. C’est ainsi qu’un médecin maladroit qui au cours d’un accouchement blesse grièvement un bébé a tout intérêt à le tuer avant qu’il ait respiré : il n’existe pas encore, le médecin ne risque rien. Que le bébé respire, et le médecin devra payer sa maladresse....

      Et c’est ainsi qu’on peut refuser de condamner l’assassin qui poignarde au ventre une femme enceinte pour tuer son enfant (puisque celui-ci n’a aucune existence et qu’on ne peut tuer ce qui n’existe pas, ni, en conséquence, condamner pour l’avoir tué volontairement), et condamner un médecin pour n’avoir pas tué un autre enfant dans le ventre de sa mère !

      En revanche, provoquer l’avortement d’une vache ou d’une brebis, détruire les oeufs de certains oiseaux, est un délit ! le foetus bovin ou ovin est en puissance une marchandise qui a une valeur, ces oiseaux doivent être préservés ... mais pas les enfants humains.

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  • 7 juin 2012 11:57, par Jérôme

    Bonjour,

    Afin d’apporter un éclairage supplémentaire je ne saurais trop recommander la lecture de

    Deux petits pas sur le sable mouillé, de Anne-Dauphine Julliand, éditions Les Arènes

    Présentation de l’éditeur
    L’histoire commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sa
    petite fille marche d’un pas un peu hésitant, son pied pointant vers
    l’extérieur. Après une série d’examens, les médecins découvrent que Thaïs
    est atteinte d’une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux
    ans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. Alors l’auteur fait une
    promesse à sa fille : "tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les
    autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne
    manqueras jamais d’amour."
    Ce livre raconte l’histoire de cette promesse et la beauté de cet amour.
    Tout ce qu’un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de
    mobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne
    peut pas ajouter de jours à la vie.
    Biographie de l’auteur
    Anne-Dauphine Julliand est journaliste et vit à Paris.

    Une lecture bouleversante !
    Fraternellement dans le Christ !

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