Violence et extrême gauche : un lien historique - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Violence et extrême gauche : un lien historique

Le lynchage de Quentin Deranque soulève tragiquement la question du lien intrinsèque entre la violence et l’extrême gauche. En dépit des tentatives de déni, ce lien est historiquement avéré.
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La séquence politique et médiatique qui a suivi le lynchage de Quentin Deranque, le 12 février à Lyon, méritera de demeurer un exemple de la rhétorique mensongère que peut déployer l’extrême gauche quand la réalité de sa nature saute aux yeux. De LFI aux écologistes radicaux, en passant par quelques idiots utiles se réclamant encore du socialisme, tout un arsenal a été déployé pour tenir à bout de gaffe la réalité crue : négation des faits, calomnie, « reductio ad Hitlerum », inversion des charges, etc. Pour cacher une évidence : l’extrême gauche tue, et elle sait tuer la conscience tranquille puisqu’elle a auparavant diabolisé son ennemi : est fasciste celui qu’il a suffi de désigner comme tel.

Un rappel de la Terreur

Cette mécanique diabolique n’est pas nouvelle. On la retrouve à l’œuvre aux premières heures de la Terreur révolutionnaire, tout entière résumée dans le célèbre propos de Saint-Just : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. » Paradoxe stupéfiant qui sera le grand pourvoyeur de la guillotine.

Cette maxime totalitaire permet un déploiement sans limite de la violence considérée non plus comme un moindre mal, mais comme un bien objectif. Violence qui peut se déchaîner contre un éventail d’ennemis très large (De Gaulle était qualifié de « fasciste » par les communistes d’après-guerre), jusqu’à frapper ses propres zélateurs, comme l’ont montré les grandes purges staliniennes ou maoïstes du XXe siècle.

C’est ce principe que l’on retrouvera à l’œuvre dans les grandes fièvres rouges qui ont atteint la planète, et l’Europe en particulier au cours des deux siècles qui suivirent la Révolution. « La gauche révolutionnaire n’a pas attendu,rappelons-le, la naissance du fascisme pour faire l’éloge de la violence. Sans remonter à la Révolution française, où la Terreur est exaltée par Robespierre au nom de la vertu, Marx et Engels désignent la violence comme une « accoucheuse de l’histoire » », rappelle ainsi l’historien Jacques de Saint Victor dans les colonnes du Figaro (19/02).

Cette vision est demeurée vivace malgré les enseignements de l’histoire et l’échec sanglant des grands projets communistes, constaté par quelques précurseurs dès les années 1930, devenu criant au cours de la seconde moitié du XXe siècle, de la répression de l’insurrection de Budapest en 1956 à l’effondrement de l’URSS en 1991, en passant par le génocide cambodgien (1975-1979). « L’histoire semble quelque peu oubliée, mais il fut un temps où l’extrémisme de gauche tuait ouvertement, en France. Dans les années 1980, le collectif Action directe, groupuscule révolutionnaire terroriste prônant la lutte armée, a commis plus de 80 attentats, faisant 26 blessés et 12 morts. S’inspirant de la Fraction armée rouge (bande à Baader) en Allemagne ou des Brigades rouges italiennes, Action directe revendiquait la violence politique comme moyen de porter un combat anticapitaliste et antifasciste », observent Ariane Nicolas et Charles Perragin dans Philosophie Magazine (19/02).

La mort insupportable de Quentin Deranque, et les gesticulations de l’extrême gauche pour la relativiser, sinon même, parfois, pour la justifier, auront permis de rappeler cette consubstantialité. Peut-être permettront-elles une saine mise à distance des courants de la gauche radicale et l’érection d’un cordon sanitaire pour le coup justifié.