Il veut vivre en solitaire dans la forêt du Jura. Pourtant, sans tarder, voici que son frère Lupicien le rejoint avec cinq amis au pays de Gex, dans ce lieu sauvage qui s’appelle Condadiscone (aujourd’hui Saint-Claude) où il s’était retiré. Ce n’était pas le projet de Romain, mais que faire ?
Il est tellement gentil qu’il ne sait pas dire non. En quelques mois, ils sont 150. Il faut bien bâtir, cultiver, organiser… Mais leur sœur ne veut pas être en reste. Elle s’installe non loin de là et fonde un monastère pour les nombreuses filles qui y arrivent.
Les deux frères assurent la direction de ces maisons qui ne cessent de croître. Romain est doux, paisible, arrangeant. Lupicien est ferme, cassant, rigide. Les deux frères se complètent bien. Dans le recrutement des moines comme dans la gestion matérielle, Romain est conciliant. Lupicien est intransigeant. On écrira : « On trouve toujours dans l’un de quoi suppléer à ce que l’on pourrait souhaiter dans l’autre. » C’est l’évêque d’Arles qui ordonne Romain prêtre, à Besançon. Des communautés sont fondées dans les Vosges et en Allemagne. Romain meurt à 70 ans en 463. Sa bonté envers tous en fait un saint très aimé et vénéré. Son frère lui survivra pendant 17 ans. Romain est le patron du Jura. Lupicien sera aussi canonisé et fêté le même jour. Il demeure, avec Romain, la gloire jurassienne du Haut-Bugey.
Vieux proverbe
« Beau ciel à la Saint-Romain, il y aura des denrées et du bon vin. »
Courte prière d’un moine
« Que mon cœur ne soit ni froid ni aveugle. Qu’il ne s’égare point, mais qu’il aime. » (Jean Hamon, XVIIe siècle.)
