Saint François de Sales : convertir par l’amour - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Saint François de Sales : convertir par l’amour

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Couverture de l’ouvrage Saint François de Sales, de l’abbé Francis Saunier, paru en 1995 dans la collection «Belles histoires, belles vies », aux Éditions Fleurus.

Saint François de Sales : convertir par l’amour

Saint François de Sales : convertir par l’amour

Fondateur de l’ordre de la Visitation, François de Sales (1567-1622) a été un missionnaire audacieux, animé par l’amour de la vérité et des âmes.
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À peine ordonné prêtre, en 1593, François de Sales est nommé « prévôt » – on dirait aujourd’hui vicaire général – du diocèse de Genève, dont le siège a été déplacé à Annecy depuis que le réformateur Jean Calvin en a fait la « Rome protestante », en 1541. En plein apogée de l’hérésie protestante, le jeune prêtre n’a qu’un désir : ramener les brebis égarées dans le giron de l’Église, en leur annonçant la vraie foi. Pour cela, dès sa nomination, il énonce sa méthode, fondée sur l’annonce claire de la vérité, portée par la douceur pastorale. « C’est par la charité qu’il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu’il faut l’envahir, par la charité qu’il faut la reconquérir… Il faut renverser les murs de Genève par des prières ardentes et livrer l’assaut par la charité fraternelle. Je ne vous propose ni le fer, ni cette poudre dont l’odeur et la saveur rappellent la fournaise infernale […]. Nous devons vivre selon la règle chrétienne. »

Par la force du verbe

Le duc Charles-Emmanuel de Savoie, qui règne sur la région du Chablais, souhaite également y restaurer la religion catholique, sans craindre, quant à lui, les conversions forcées. En 1594, il demande à l’évêque de Genève, Mgr Claude de Granier, d’y envoyer des missionnaires, en les assistant au besoin par les armes. François de Sales est volontaire pour cette mission difficile mais refuse catégoriquement tout recours à la force. Réfugié dans la forteresse des Allinges, pour se protéger, il commence à prêcher dans la seule église catholique de Thonon. Devant la force de son verbe, une ordonnance publique du consistoire calviniste de la ville interdit aux protestants d’assister à ses prédications. Qu’importe. En 1595, sur les conseils d’un ami confirmés dans la prière, le missionnaire décide de prêcher par écrit en mettant à profit la technologie moderne de l’imprimerie.

Fin connaisseur du protestantisme et grand théologien catholique, il fait imprimer sur des feuilles volantes de courtes controverses théologiques, dans lesquelles il réfute l’erreur protestante et annonce en miroir la vérité du catholicisme. Il va lui-même en calèche, de nuit – en raison du danger de mort – les déposer sous les portes des habitants de Genève. Cette inventivité missionnaire fera de lui le saint patron des journalistes et des écrivains. Le bienheureux pape Pie IX, en le proclamant docteur de l’Église, dira de ces petites Controverses qu’elles sont «une merveilleuse science théologique», reposant sur «une méthode excellente, une logique irrésistible, soit par rapport à la réfutation de l’hérésie, soit relativement à la démonstration de la vérité catholique».

Le « docteur de l’Amour »

Trois ans plus tard, plus de 15 000 personnes sont revenues au catholicisme. Aux quatre jeunes prêtres qu’il forme pour la mission, le prélat assure que «les hommes font plus par amour et charité que sévérité et rigueur». Dans son Traité de l’amour de Dieu, il écrit que «l’amour n’a point de forçats ni d’esclaves, mais réduit toutes choses à son obéissance avec une force si délicieuse que comme rien n’est si fort que l’amour, aussi rien n’est si aimable que sa force».

En 1602, François de Sales devient le successeur de l’évêque de Genève décédé. Sa devise est : «Rien par force, tout par amour.» Son zèle missionnaire, sa douceur et sa charité demeurent un modèle pour tous les missionnaires, au point qu’il sera surnommé le «docteur de l’Amour».