Les Français sensibles au sort des chrétiens d’Orient - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Les Français sensibles au sort des chrétiens d’Orient

Près de quatre Français sur dix sont personnellement touchés par la situation des chrétiens d’Orient. Et plus d'un tiers souhaite que la France les soutienne activement.
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Inauguration de l’église Mar Ephrem à Qaraqosh, en Irak, lors de la fête de l'Annonciation, le 25 mars dernier. © Instagram / Œuvre d'Orient

« Il y avait plus de 300 000 chrétiens à Alep. Aujourd’hui, ils ne sont que 30 000 à cause de la guerre et de la peur. » Ces chiffres ont été cités par Mgr Hanna Jallouf, évêque d’Alep en Syrie, lors de la conférence de presse donnée le 11 mai par l’Œuvre d’Orient. Cette association catholique, qui vient de célébrer ses 170 ans, a réuni la semaine dernière à Paris plus de 150 personnes – patriarches, prêtres, religieuses et laïcs – originaires des 23 pays auxquels elle vient en aide (lire notre entretien avec Mgr de Woillemont dans FC n° 3945).

Tous les participants auraient pu dresser le même constat. En Irak, évangélisé par saint Thomas, 80 % des chrétiens ont fui le pays depuis 1990. En Inde, les convertis au christianisme sont persécutés et sommés de revenir à l’hindouisme. Au Liban, des milliers de chrétiens ont été contraints de quitter leurs villages depuis l’intervention d’Israël. En Iran, ils partagent le sort de leurs compatriotes victimes de la guerre – comme en Ukraine… « La croix pèse lourd » a résumé Sœur Magda Smet, une Petite Sœur de Nazareth qui vit au camp de Dbayeh, auprès de réfugiés palestiniens chrétiens.

Tous ces conflits ont évidemment une résonance en France : 61 % des Français déclarent avoir « entendu parler » des chrétiens d’Orient, selon un sondage réalisé par l’Ifop à la demande de l’Œuvre d’Orient. Un résultat que Jérôme Fourquet, de cet institut, juge « assez important », sachant que la complexité de la situation, notamment au Moyen-Orient, a de quoi décourager les observateurs les plus avisés.

Surtout, cette enquête montre que mieux on connaît les chrétiens d’Orient, plus on mesure leurs souffrances, les dangers qui les guettent, et leur rôle essentiel dans l’équilibre de régions fragmentées par de nombreux conflits : 88 % des Français les mieux informés ont conscience qu’ils sont « exposés à des violences ou à des discriminations » dans plusieurs de ces pays, et 82 % que « leur avenir démographique est menacé ». Ce qui est d’autant plus dommageable qu’ils y jouent « un rôle important dans la vie sociale et éducative » (72 %) et qu’ils sont très utiles à « la reconstruction et à la stabilité » de ces pays (78 %). Les chrétiens d’Orient sont perçus comme des facteurs de paix, contribuant au dialogue entre les religions et à la diversité culturelle du Moyen-Orient.

Un lien historique et affectif qui perdure

Au vu de cette appréciation, il n’est pas étonnant que quatre Français sur dix soient « personnellement touchés par leur sort » – et même 66 % de ceux qui connaissent bien leur situation. « Le lien historique entre la France et les chrétiens d’Orient demeure» malgré la sécularisation de notre pays, constate Jérôme Fourquet.

Un gros tiers des Français (34 %) souhaite que la France « s’implique davantage » dans le soutien aux chrétiens d’Orient. Et ce pourcentage grimpe à 69 % parmi les personnes qui disent bien les connaître : celles-ci estiment qu’il faut leur permettre de « rester vivre dans leurs pays s’ils le souhaitent », en leur apportant une aide humanitaire et en exerçant « une pression diplomatique sur les gouvernements » concernés – 14 % des Français évoquant aussi un soutien spirituel.

« Sachez que vos prières et vos actions sont de grande valeur au regard de Dieu, comme sont précieux à ses yeux ceux qui en bénéficient et qui, sans votre concours, risqueraient de disparaître de ces terres bénies », a souligné Léon XIV dans le message qu’il a adressé à l’Œuvre d’Orient à l’occasion de son anniversaire.