Quels produits létaux utilisés ? Comment devront-ils être administrés ? La Haute Autorité de santé (HAS) a jusqu’au 1er novembre pour répondre à ces questions, mais elle a commencé à travailler en juin avant même l’adoption définitive du texte au Parlement. Le ministère de la Santé lui a notamment demandé de définir « la conduite à tenir en cas de difficulté, d’échecs ou de complication » après l’administration du produit létal. La version de travail du premier projet de loi du gouvernement avait d’ailleurs pris en compte cet aspect méconnu de l’euthanasie en actant la présence obligatoire d’un soignant afin « de hâter le décès en limitant les souffrances ». En effet, l’aide à mourir ne ressemble pas forcément à une mort douce.
Éviter les « incidents »
Des études, notamment dans l’État américain de l’Oregon, font état de vomissements, de convulsions, voire de réveil malgré l’administration du produit létal ! Aux Pays-Bas, en Belgique et au Canada, pour les euthanasies par voie intraveineuse, le patient prend d’abord un sédatif pour être détendu, puis un inducteur de coma (un barbiturique ou du propofol) pour abolir la conscience. Par la suite, le médecin injecte du curare qui garantit l’arrêt respiratoire. Quand l’aide à mourir a lieu par voie orale, le malade avale d’abord un médicament contre les nausées pour être sûr de ne pas régurgiter le produit létal qui se présente sous forme d’un comprimé qui provoque le coma puis la mort.
L’article 15 de la loi sur l’aide à mourir prévoit la création d’une commission de contrôle a posteriori des suicides assistés et des euthanasies. Cette commission devra aussi mettre en place un registre des soignants « volontaires » pour participer à l’acte létal. Sans ce registre, il sera difficile d’appliquer la loi, de nombreux médecins ayant depuis longtemps indiqué qu’ils invoqueraient leur clause de conscience pour ne pas participer à des suicides assistés ou des euthanasies.
