Les chrétiens de Terre Sainte ont « la force de l’amour » affirme le cardinal Pizzaballa - France Catholique
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Les chrétiens de Terre Sainte ont « la force de l’amour » affirme le cardinal Pizzaballa

En visite en France, où il a reçu la Légion d'honneur, du 8 au 14 juin, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a interpellé sur la gravité de la situation des chrétiens d’Orient.
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Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, qui a visité la cathédrale Notre-Dame de Paris le 10 juin, s’est recueilli dans la chapelle des chrétiens d’Orient. © Facebook Œuvre d'Orient

Il est la plus haute autorité catholique latine d’Orient, à la tête d’une Église sous surveillance, couvrant Israël, la Jordanie, Chypre et la Palestine. Des terres où règnent l’insécurité, les discriminations et les attaques antichrétiennes. « La violence semble être le principal langage, et ce dans tous les domaines », a déploré le cardinal Pizzaballa lors de la conférence de presse organisée par l’Œuvre d’Orient, le 11 juin : les chrétiens y sont « en mode survie ».

Ces derniers mois, la Terre Sainte a été marquée par de nombreuses attaques antichrétiennes : la profanation d’un crucifix au Sud-Liban par un soldat israélien le 20 avril, l’agression de Sœur Marie-Reine dans la Vieille Ville de Jérusalem le 28, celle du Père Firas Abedrabbo, curé d’un village de Cisjordanie, en juin… Alertant sur « cette atmosphère antichrétienne », en particulier « à Jérusalem et au Sud-Liban », le cardinal a pointé du doigt « cette situation fragile affaiblissant beaucoup de chrétiens. Une centaine de familles sont parties de Terre Sainte depuis le début de la guerre. Mais nous devons garantir la présence chrétienne. Nous ne devons pas seulement être nombreux, nous devons aussi avoir quelque chose à dire. »

Le cas de Taybeh le préoccupe particulièrement. Fort de 1 200 âmes, c’est le seul village entièrement chrétien de Cisjordanie. Il aurait abrité la tribu de Benjamin, l’une des douze tribus d’Israël. Cible d’attaques répétées depuis l’implantation d’une colonie israélienne à proximité, il a vu ses pâturages détruits par un incendie criminel dans la nuit du 9 au 10 juin. « Ce qui affecte Taybeh affecte tous les chrétiens. » Face à ce douloureux constat, le prélat a interpellé les chrétiens de France. « Certes, il est difficile de venir en pèlerinage au vu de la situation, mais c’est encore possible. Il faut maintenir le lien vivant. »

La foi dans l’épreuve

Au cœur de cette situation dramatique, les chrétiens d’Orient gardent l’espérance. « La foi et la spiritualité sont les aspects les plus importants, a appuyé le patriarche. Notre communauté meurtrie conserve de précieuses ressources : la prière, la vie liturgique, la vie de communauté. » Si la foi « ne résout pas les problèmes politiques, ni n’apporte toutes les réponses », elle soutient les fidèles au quotidien, « ce qui est une grande consolation ». Dans ces territoires hostiles, les chrétiens n’ont aucun pouvoir, mais « la force de l’amour qui se donne, la seule force que le mal ne peut vaincre », assurait le cardinal dans sa longue lettre pastorale publiée le 25 avril, où il précisait la mission de l’Église en Terre Sainte.

Mgr Pizzaballa a achevé sa visite en France par le sanctuaire de Paray-le-Monial, centre de la dévotion au Cœur de Jésus. « Grâce à ma mère, mon enfance a été marquée par cette dévotion, a-t-il raconté. Là où règne tant de haine, me rendre dans ce lieu d’où la dévotion au Sacré-Cœur se répandit dans le monde entier était une nécessité. Je dois à mon tour la transmettre à mes fidèles. » À l’invitation du Père Étienne Kern, recteur du sanctuaire, il y a présidé les fêtes du Sacré-Cœur, dont le thème était cette année « Jérusalem, première ville du Cœur de Jésus ». Car la spiritualité du Cœur de Jésus puise sa source dans le mystère de la Passion, vécue à Jérusalem. Vivre cette dévotion, c’est maintenir un lien vivant avec les chrétiens de Terre Sainte.