La France défigurée - France Catholique
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Le journal de la semaine

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La France défigurée

Le 17 octobre restera dans les mémoires comme un samedi noir, miroir de toutes les faillites françaises.
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L’image a fait le tour du monde : le campanile de l’hôtel de ville de Limoges dévoré par les flammes, comme le fut la flèche de Notre-Dame de Paris. « Le symbole du long processus d’affaissement » qui mine notre pays, écrit Alexandre Devecchio qui ajoute, dans Le Figaro (18/10) : « Nous acquittons le prix de décennies de relativisme, de démagogie, de laxisme judiciaire et migratoire, d’effondrement de l’Éducation nationale et de faillite de l’autorité à tous les étages de la société et du pouvoir. »

La date du 17 octobre restera comme celle d’un tournant car la colère sociale n’a été qu’un prétexte. Les Français ont vu s’opérer la jonction de deux violences : celle de l’ultragauche et celle des délinquants, venus pour beaucoup de banlieues, toutes deux encouragées par La France insoumise. Ainsi, au chaos généré en marge des manifestations contre la vie chère, de nombreuses villes ont été les proies de razzias urbaines : 30 000 pilleurs ont déferlé à Marseille où 500 commerces ont été vandalisés, laissant les commerçants écœurés et désemparés. Les mêmes scènes se sont multipliées à Bordeaux, Toulouse et Nice. Preuve, s’il en faut, du climat de violence sans limites : les portes de certaines églises ont été forcées à Marseille et, à Grenoble, l’église Saint-Louis a subi des dégradations.

La France, plus souveraine

Emmanuel Macron a-t-il pris la mesure de la situation ? Le 18 octobre, depuis l’Élysée, il s’exprimait à 20 heures devant les Français pour annoncer une mesure sidérante : « Désormais les préfets prendront leurs décisions avec les maires pour sécuriser nos villes. » Faut-il donc s’habituer à revivre des samedis en enfer ? Dans son éditorial pour La Nouvelle Revue politique, Arnaud Benedetti prévient : « Ce que nous avons vécu le 17 octobre n’est qu’un tour de chauffe de ce que nous pourrions vivre de manière encore plus violente si nous ne réagissons pas […]. La France est non seulement malade mais elle est en danger de mort. Elle n’est plus souveraine : endettée, anémiée économiquement, fracturée socialement, en proie à des ingérences étrangères multiformes, elle n’est même plus capable de se protéger de ses ennemis de l’intérieur et d’assurer l’ordre public. »

Toujours dans La Nouvelle Revue politique, Olivier Vial, directeur du Centre d’études et de recherches universitaire (CERU), relève dans les événements une mutation de la violence politique « qui a pris une dimension pré-insurrectionnelle en visant les lieux où s’incarne l’autorité publique : mairies, commissariats, préfectures et rectorats. […] Nouveauté de cette journée : une application permettait de partager des alertes géolocalisées sur la présence policière et les endroits en train d’être attaqués ou brûlés. » Olivier Vial souligne le côté nébuleux des mobilisations : « La date du 17 octobre a été lancée par une vidéo Tik Tok virale, reprise par des comptes difficiles à identifier, et par des affiches numériques non signées dont certaines semblaient générées par l’intelligence artificielle. »

Via les réseaux sociaux, la jeunesse est devenue un terreau inflammable. Elle peut désormais servir de caisse de résonance à toutes les entreprises de déstabilisation nationale. Cependant, pour le philosophe François-Xavier Bellamy, « les violences ne sont pas une fatalité. Dans un pays normal un tel délire n’existe pas. Il n’est rendu possible que par l’impunité générale par laquelle on peut voler, incendier, piller, détruire des mairies et vandaliser des monuments. […] La France n’est pas condamnée à subir mais, pour protéger notre démocratie, pour retrouver l’ordre public et la sécurité, il va falloir s’en donner les moyens. » À six mois de l’élection présidentielle, plusieurs responsables politiques, dont Bruno Retailleau, Marion Maréchal et Gabriel Attal, demandent à Emmanuel Macron de décréter l’état d’urgence en France. Une proposition que le Président fait mine d’ignorer. Jusqu’à quand ?