Joshua, nouveau baptisé, « héritier d’un trésor extraordinaire » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Joshua, nouveau baptisé, « héritier d’un trésor extraordinaire »

Baptisé à Pâques l’an dernier, Joshua Colin poursuit son chemin de formation spirituelle à travers le groupe de néophytes de sa paroisse. Un témoignage très riche pour toute la communauté catholique.
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Joshua Colin avec le prêtre qui l’a baptisé, le Père Woodjy, à Notre-Dame-d’Auteuil (Paris).

« J’ai grandi dans une famille relativement hostile au catholicisme. Pourtant, dès l’âge de 5 ans, je me posais des questions spirituelles. Ma grand-mère a été la seule à me parler du catholicisme comme religion, en m’apprenant le sens des grandes fêtes. Puis ma famille a déménagé au Chili : dans ce pays à 90 % catholique, j’ai été impressionné de découvrir une foi faisant intégralement partie de la vie. De retour en France, le jour de mes 18 ans, je me suis senti appelé à entrer dans la cathédrale de Rouen pour faire le bilan de ma vie : je suis resté assis devant le crucifix pendant plus de deux heures. J’ai pris conscience que, malgré tout ce que j’avais reçu dans la vie, j’éprouvais un grand vide spirituel… J’ai réalisé que je croyais en Dieu et qu’il fallait que je devienne catholique… Poussé par une immense soif spirituelle, mais aussi culturelle, je me suis lancé dans un grand « cours de rattrapage » de découverte du patrimoine catholique, jusqu’en Terre Sainte et au Vatican. J’ai soudain découvert que j’étais l’héritier d’un trésor extraordinaire, qu’on m’avait caché…

Cette recherche a duré près de deux ans, durant lesquels j’allais à la messe et je me déclarais déjà ouvertement catholique dans les groupes que je fréquentais. Puis, poussé par un ami, j’ai commencé le catéchuménat de la paroisse Notre-Dame-d’Auteuil, à Paris. Nous avions des rendez-vous mensuels, animés par un prêtre formidable qui nous a très bien formés sur la doctrine, l’étude des textes…

Parallèlement, je rencontrais Marie-Françoise, mon accompagnatrice, tous les samedis matin pendant plus de deux heures. Elle m’a appris les bases de la foi : qui sont Jésus, Marie… ? Qu’est-ce que la communion des saints ? Comment me comporter à la messe ? etc. On nous a également emmenés en retraite dans des abbayes et appris à nous mettre au service de Dieu en prenant soin des plus faibles, notamment par des maraudes dans les rues. La vie fraternelle de groupe était très riche aussi.

« Une renaissance »

J’ai vraiment vécu mon baptême comme une mort et une renaissance, le début d’une nouvelle vie. Tout a changé dans ma manière de voir et de vivre les choses. Je n’ai plus peur de rien, je ressens une très grande paix, une grande confiance en l’avenir, je ne suis plus atteint par le catastrophisme écologique, géopolitique qui angoisse ma génération, la poussant à ne plus s’engager, ni avoir d’enfants. J’ai confiance, je sais que Dieu est là et ne nous abandonnera jamais.

J’ai ressenti aussi une libération dans les exigences de l’Église pour la vie affective : la sexualité qu’on nous avait vendue comme une liberté absolue est en réalité une aliénation. Je vois beaucoup de jeunes autour de moi esclaves de leurs désirs, addicts aux sites de rencontres sans lendemain… Beaucoup en souffrent et s’ennuient désespérément au fond. Je pense que, face à ce chaos de la modernité, l’Église redevient peu à peu audible, en parlant de don de soi et de vrai bonheur. Sur le plan des amitiés, il y a eu de grands changements aussi, beaucoup de gens sont sortis de ma vie, car j’étudie dans des milieux qui sont relativement hostiles au catholicisme et vivent très loin de Dieu : addiction aux jeux, fêtes malsaines, sexualité débridée, argent-roi…

Mon rapport au travail a changé aussi. J’étudie toujours dans le milieu de la finance, mais je sais que l’argent n’est qu’un moyen, pas un but et je n’ai pas du tout l’intention d’y sacrifier ma future vie de famille, qui sera ma priorité. Je voudrais m’engager en politique pour servir mon pays.

« Les piliers de la vie chrétienne »

J’ai rejoint le groupe des néophytes de ma paroisse, pour poursuivre ma formation et me faire des amis catholiques, car on se sent très seul après le baptême, quand on n’a pas d’amis chrétiens, et on est en danger de décrocher, comme c’est le cas de beaucoup de néophytes malheureusement… Nous avons vraiment besoin du soutien de la communauté mais, malheureusement, certains catholiques ont tendance à rester entre eux sans beaucoup accueillir les nouveaux venus, ce qui rend l’intégration difficile… Le groupe du néophytat est donc vraiment essentiel.Dans ma paroisse, nous nous retrouvons une fois par mois avec un prêtre, pour étudier les Actes des Apôtres. J’apprends aussi à mettre en place les piliers de la vie chrétienne, en premier lieu la prière personnelle quotidienne. Et, bien sûr, je poursuis ma formation intellectuelle et spirituelle, essentielle pour ancrer la foi sur des bases solides : lecture de la Bible, grands auteurs spirituels, vies de saints, histoire de l’Église… Sans oublier les pèlerinages, la découverte des églises, des sanctuaires…

Il y a tant de choses à découvrir, tout est nouveau pour moi ! Ma génération n’a rien reçu, ni héritage culturel, ni spirituel. Nous vivons au-dessus d’un vide abyssal très angoissant… C’est pour cela que de plus en plus de jeunes découvrent le catholicisme au cours de leur quête d’identité : nous avons besoin de savoir qui nous sommes, quelle est notre culture, d’où nous venons pour nous construire… Nos aînés ne se rendent pas compte à quel point, à force de gommer l’identité française et catholique pour la fondre dans la mondialisation, c’est l’inverse qui s’est produit, ils ont ouvert la voie à de multiples querelles identitaires : à la fac, il y a une association pour les juifs, une pour les musulmans, une pour les Asiatiques, une pour les Libanais… Face à cette communautarisation, découvrir mon identité catholique, appartenir au Corps du Christ qu’est l’Église m’a profondément unifié et réconcilié avec moi-même… Je n’ai jamais été aussi heureux. »

Nous, les nouveaux baptisés. Confidence d’une génération qui revient au Christ,
Joshua Colin, éd. du Cerf, mars 2026, 192 pages, 18 €.