Frédéric Mistral, poète de l'amour et du soleil - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Frédéric Mistral, poète de l’amour et du soleil

Frédéric Mistral (1830-1914) ne fut pas seulement un magnifique écrivain. Le monde aurait tout intérêt à redécouvrir son œuvre.
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Si les temps modernes eurent un Homère, celui-ci, comme l’a dit Lamartine dans son célèbre Cours de littérature, « est venu de la Provence ». De son côté, Léon Daudet a écrit que notre histoire littéraire comptait deux aventures poétiques et amicales, la Pléiade de Ronsard et du Bellay et le Félibrige de Frédéric Mistral. Les deux sont des aventures de jeunesse et de renaissance, mais celle du Félibrige est plus proche de nous et peut être source d’un véritable renouveau au XXIe siècle.

Le jeune Frédéric Mistral, sortant de la faculté de droit d’Aix-en-Provence, rentrait chez lui à Maillane lorsqu’il décida de consacrer son existence au relèvement de la langue provençale qui avait été si noble et qui se traînait dans la boue. Son œuvre fut de littérature, mais aussi de journalisme et d’innovations comme le musée d’Arles, premier musée écologique de notre histoire où sont rassemblés les instruments de la culture populaire. Il remit aussi à l’honneur les fêtes antiques.

« Pour les pâtres »

Dans le début de Mireille, Mistral se décrit comme « l’humble écolier du grand Homère » mais il précise aussi qu’il n’écrit « que pour les pâtres et gens des fermes ». Mistral, à la différence d’Homère, est chrétien comme Dante, mais il est plus proche, par la simplicité de l’intrigue et du langage, des gens les plus simples. Il est donc plus universel. Et si Mireille s’élève à la hauteur des grandes épopées, elle reste une histoire d’amour entre une jeune fille de la bonne société et un simple vannier, qui passe de mas en mas pour réparer les chaises.

Dans son souci de retrouver la grandeur de sa Provence, Mistral redécouvre la force d’une civilisation ancrée dans les vertus de la terre et la confiance en Dieu, et il élabore les lignes d’une civilisation à la fois ancienne et nouvelle qui repose sur l’harmonie de la Création et la prise de conscience par l’homme de sa nécessaire défense. Il est le maître d’une écologie intégrale dont le monde moderne a bien besoin. Dans son poème Nerte, il a ce vers que Gustave Thibon définissait comme « un éclat de génie souverain » : « Devant l’homme maîtrisant à son gré le monde naturel, Dieu pas à pas se retirant. » Le plus grand châtiment que Dieu pourrait réserver à l’homme serait de se retirer et de le laisser à sa folie prométhéenne, mais Dieu n’a pas abandonné le genre humain. Il a envoyé son Fils et l’Église qui est « Jésus Christ répandu et communiqué » (Bossuet). L’encyclique Magnifica humanitas répond à cette angoisse de Mistral et en signe l’actualité.

Mistral est né un 8 septembre et il est mort un 25 mars. Sa vie est scandée par le rythme marial et l’une de ses dernières œuvres visait à rassembler les hymnes à l’Immaculée Conception dans toutes les langues des provinces de France. Il a senti venir la Première Guerre mondiale comme un « déluge universel » qui noierait l’ancien monde, et il a rassemblé son œuvre pour la jeter dans le Ciel afin qu’elle puisse retomber pour ceux des générations futures qui voudraient s’en nourrir.

L’anti-Marx

Il semblerait que l’heure soit venue de puiser dans ce trésor. Mistral succède à Marx dont il est le contraire absolu. Marx était l’homme du matérialisme et de l’idéologie. Mistral était le chantre de l’amour et du soleil. Marx a rêvé de révolutions. Mistral a chanté l’harmonie et la paix. Marx a médité sur la marchandise. Mistral a chanté la lumière. Une philosophie profonde nourrit son œuvre. Elle est d’Athènes, de Rome et de Jérusalem. Elle est provençale, française et catholique. Elle est admirée par l’univers entier beaucoup plus que par les Français. Des cars de Japonais, Américains, Allemands, etc., se pressent dans Maillane pour honorer ce maître que nous connaissons si mal. Il y a là, à portée de notre main, de quoi renouveler le monde.