Fin de vie : la sagesse anglaise - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Fin de vie : la sagesse anglaise

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© Fred de Noyelle / Godong

C’est le combat de David contre Goliath… et l’on sait ce qu’il en est advenu. Juste avant le retour au Sénat, avec un vote prévu le 13 mai, de la proposition de loi sur l’aide à mourir,  un texte similaire vient d’être purement et simplement abandonné outre-Manche.

Les représentants anglais ont en effet renoncé à légiférer sur le sujet, après une bataille d’amendements de plusieurs mois à la Chambre des lords – l’équivalent de notre Sénat. Sage décision, pour un sujet anthropologique fondamental qui ne devrait donc pas être soumis à un quelconque vote. Pour autant, selon les observateurs, ce sage résultat anglais ne résulte pas d’un hasard procédural, mais de l’examen sérieux d’un texte qui, à force d’être scruté, a révélé ses défauts.

Mêmes causes, mêmes effets en France ? Claire Fourcade, ancienne présidente de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP), pointe ainsi la contradiction originelle du projet français: «On ne peut pas, en même temps, dire oui et non.» Oui à l’euthanasie et à la mort, et non au faire mourir que refusent les soins palliatifs: deux démarches antinomiques pour lesquelles il faut un vrai choix.

Répondre à la souffrance

Et pour cela, la question de la souffrance ne peut être esquivée. Encore faut-il y répondre aussi sérieusement ! L’inconsistance du projet sur les soins palliatifs, et de son financement, ne peut qu’inquiéter tous ceux qui considèrent la mort certes comme un drame, mais qui peut être vécue comme le dernier acte d’une vie accomplie si elle est accompagnée et entourée. Et non la porte de sortie indiquée par une société qui refuse de prendre en charge la souffrance. La politique ne peut être déconnectée de la morale et de ses interdits. Celui de tuer en constitue un majeur, incontournable.

Et quand la souffrance semble insupportable, il reste encore la voie de la religion, qui permet de lui donner un sens. Quelles que soient les convictions, l’honneur d’une société serait de laisser aux établissements religieux la liberté de proposer cette option. Quand la tante religieuse de sainte Thérèse de Lisieux se trouve confrontée à l’agonie de son propre père, elle lui écrit, malgré la tristesse : « Cher père, la mort est un sommeil, c’est la fin du jour où l’âme va recevoir le prix de son travail, c’est la fin de l’exil où l’enfant retrouve un Père tendrement aimé.» Voilà l’espérance chrétienne.

Au demeurant, ce choix crucial livré à la conscience des élus de la Nation n’a rien de nouveau. Déjà la Bible, dans le Livre de la Sagesse, avait dénoncé un matérialisme qui conduit au rejet de la faiblesse : «Nous sommes nés par hasard, et après, nous serons comme si nous n’avions pas existé. (…) Alors allons-y ! Jouissons des biens qui sont là ; vite, profitons des créatures, tant que nous sommes jeunes. (…) Écrasons le pauvre et sa justice, soyons sans ménagement pour la veuve, et sans égard pour le vieillard aux cheveux blancs. »

À l’inverse, les chrétiens répondent à ces mauvaises raisons par le choix de la vie, issu d’un long compagnonnage avec la mort et sa véritable réponse : la Résurrection des corps à laquelle nous sommes appelés à la fin des temps. Dès maintenant, écrit saint Paul aux Corinthiens, « nous sommes sans cesse livrés à la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps ». C’est précisément ce mystère qui est rappelé dans l’Eucharistie : les catholiques n’adorent pas un cadavre à la messe, mais un corps glorieux.