Euthanasie : ne reste-t-il que la prière ? - France Catholique
Edit Template

Le journal de la semaine

Edit Template

Euthanasie : ne reste-t-il que la prière ?

L’examen de la proposition de loi visant à instaurer « un droit à mourir » entre dans sa dernière ligne droite au Parlement. Les adversaires de l’euthanasie se mobilisent.
Copier le lien

© Adobe Stock / ArtemisDiana

L’heure est grave alors que se profile l’adoption de la loi qui permettrait le suicide assisté et l’euthanasie en France. Rien ne semble devoir empêcher le vote du texte en troisième lecture à l’Assemblée nationale le 30 juin puis son rejet probable, une troisième fois, par le Sénat à partir du 7 juillet. Le dernier mot reviendrait alors à l’Assemblée nationale pour un vote solennel que Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, et fervent partisan de l’euthanasie, a déjà annoncé pour le 15 juillet. Il résidait une lueur d’espoir avec le projet de référendum soutenu par 200 parlementaires. Mais le Conseil constitutionnel a opposé une fin de non-recevoir à une consultation directe des Français au motif que l’euthanasie ne concernerait pas « la politique sociale de la Nation ».

Il est donc l’heure de livrer la dernière bataille et d’espérer un sursaut de conscience du côté des parlementaires. Les évêques de France ont lancé le 21 juin une neuvaine de prière pour la vie en rappelant « qu’on ne prend pas soin de la vie en y mettant un terme mais en l’accompagnant avec attention jusqu’au bout ». Le site Hozana propose aussi de s’associer à une neuvaine qui se terminera le 30 juin, jour du vote à l’Assemblée. Plusieurs associations appellent de leur côté à une manifestation à Paris le 28 juin et convie les soignants à venir en blouse blanche. La pétition initiée a déjà recueilli 161 000 signatures sur le site stop-euthanasie.fr. De son côté, le Pr Emmanuel Sapin, chirurgien pédiatrique, a également lancé une pétition signée par plusieurs milliers de soignants opposés au texte.

Le combat à l’Assemblée

À l’Assemblée nationale, les adversaires de l’euthanasie espèrent ramener à la raison de nombreux députés. Leur argument ? Le texte voté en commission n’a plus rien à voir avec le texte initial. Il laisse en fin de vie le libre choix entre suicide assisté et euthanasie, l’euthanasie devient donc la règle et non une exception. « Pour cet acte d’une extrême gravité, les délais de rétractation sont moins importants que pour un achat immobilier ou même un prêt à la consommation. Les mutuelles qui promeuvent la loi ont bien compris que les exigibles, ceux qui demanderaient le geste létal, se compteraient par centaines de milliers. Si la loi est votée c’est la dimension économique qui entrera la première en jeu » alerte dans son éditorial sur Europe 1 (15/06) le directeur de la rédaction du Figaro Vincent Trémolet de Villers. De son côté, le politologue Dominique Reynié souligne sur X (19/06) que « la suppression du délit d’entrave en commission est présentée comme une faveur faite aux opposants au texte, mais le prix à payer – la suppression du délit d’incitation – risque d’être très élevé ».  En effet, les promoteurs de l’euthanasie pourront publiquement faire la publicité de l’acte létal en sachant qu’il sera remboursé par la Sécurité sociale !

La loi prévoit par ailleurs que les décès par suicide assisté ou euthanasie soient considérés comme des morts naturelles. Pourquoi un tel mensonge ? Pour que les héritiers bénéficiant d’un contrat d’assurance ne soient pas pénalisés comme on peut l’être en cas de suicide. L’éditorialiste Laurence de Charette s’inquiète dans Le Figaro (22/06) : « Voilà maintenant le législateur contraint de maquiller les faits. […] Est-ce vraiment une loi de compassion et d’humanité ? »

Les députés doivent d’urgence mesurer les enjeux mortifères avant de voter, sinon la tache morale sur l’Assemblée nationale sera indélébile.