Et Dieu choisit France - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Et Dieu choisit France

Saint Pierre et saint Paul ont fait la jonction entre Athènes, Rome et Jérusalem. La France est née de la fusion de ces trois civilisations.
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Saint Louis traverse Paris en portant la couronne d'épines.

Saint Louis traverse Paris en portant la couronne d'épines. © Philippe Lissac - Godong / © Fabio Pozzebom/ABr - CC by

Autour de la Méditerranée, il y a un peuple et une tradition qui, de façon étrange, ne communiquent pas avec les autres et paraissent vivre dans une solitude qui les met à l’écart du monde. Ce peuple, c’est Israël, qui a un Dieu différent des autres. Il est unique et tout-puissant et Israël est son enfant préféré. Le réservoir de sa tradition, c’est la Bible, le Livre. La Bible commence par une formule souveraine qu’elle est seule à employer : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » Ainsi est réglé en une phrase le problème de l’origine du monde sur lequel butaient les philosophes de l’Antiquité, et de la nature des dieux dont Platon et Aristote avaient approché le mystère en estimant que si Dieu existait, il devait alors être unique.

La Bible, histoire de l’humanité

En Égypte, Akhénaton, le mari de Néfertiti, avait lui aussi approché ce mystère du dieu unique mais les prêtres mécontents de cette thèse l’avaient mis à mort. La Bible l’affirme souverainement et résout également le problème du temps auquel le monde est soumis car, s’il y a eu un commencement, il y aura nécessairement une fin. La Bible est donc l’histoire de l’humanité en même temps que l’histoire d’Israël et se présente comme une longue attente de Celui qui ouvrira l’ère nouvelle et le temps du Salut. On est étonné de constater que les grands écrivains de l’Antiquité païenne ne semblent pas avoir connu cette tradition même si une version grecque de la Bible est apparue très tôt dans l’histoire.

Il faut dire qu’il y a une impossibilité de rencontre entre le peuple choisi de ce Dieu unique et les peuples vouant un culte à une myriade de dieux. Pour préserver l’intégrité de cette tradition, Israël ne pouvait en aucun cas se mélanger, d’où une lutte incessante pour rester à l’écart, faisant de l’Ancien Testament un récit de guerres permanentes et où les moyens de perpétuer la race l’emportent sur toute autre considération…

La douceur de l’Évangile contraste avec la violence de ce torrent mais s’imposera aux autres peuples qui cherchaient à connaître le vrai Dieu. C’est l’Église qui fera la rencontre et particulièrement saint Paul au chapitre troisième de son épître aux Galates, en affirmant à ses frères juifs que le grand mystère est l’extension du salut aux nations païennes, brisant ainsi tous les murs de séparation : « Il n’y a plus ni juifs, ni grecs. »

En transportant l’Église de Jérusalem à Rome, Pierre et Paul font la jonction entre Athènes, Rome et Jérusalem et les apologistes chrétiens (saint Justin, saint Ambroise, saint Augustin, saint Jérôme, etc.) bâtiront une théologie qui prendra en compte tout ce qu’il y avait de vrai dans ce passé. C’est là que naquit la civilisation chrétienne, seule à avoir cette triple fondation.

Ainsi la France est née de la fusion de ces trois mères patries dont Jean-Marie Paupert (auteur de Les mères patries) disait qu’il ne fallait jamais les séparer. Les hérésies sont souvent nées de ces séparations et dans sa fidélité à Rome, le royaume de France a montré l’exemple de l’unité. On comprend mieux alors la lettre du pape Grégoire IX au saint roi de France, Louis IX, en date du 21 octobre 1239 : « Et comme autrefois, Il [Dieu] préféra la tribu de Juda à celles des autres fils de Jacob, et comme Il la gratifia de bénédictions spéciales, ainsi Il choisit la France, de préférence à toutes les nations de la terre, pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, la France est le royaume de Dieu même, et les ennemis de la France sont les ennemis du Christ. »