On connaît le « pèlerinage des sept églises » qui suit les pas de saint Philippe Néri au XVIe siècle : 25 km au cœur de Rome et dans la campagne alentour, en passant par les catacombes (cf. FC n° 3884). C’est l’occasion de prier dans les quatre basiliques majeures de Rome – Saint-Pierre, Saint-Jean-de-Latran, Saint-Paul-hors-les-Murs, Sainte-Marie-Majeure – et dans les trois basiliques mineures : Sainte-Croix de Jérusalem, Saint-Laurent-hors-les-Murs et Saint-Sébastien-hors-les-Murs. Proche ami de Philippe Néri, saint Ignace de Loyola fit ce pèlerinage le 22 avril 1541 avec cinq compagnons. Ce fut ce jour-là que les six premiers Jésuites firent leur profession religieuse définitive, dans la chapelle du Saint-Sacrement de Saint-Paul-hors-les-Murs.
En l’église Saint-Paul-Saint-Louis
Or, à Paris, en l’église Saint-Paul-Saint-Louis, précédemment appelée Saint-Louis-des-Jésuites, se trouvent sept autels auxquels sont attachés les mêmes privilèges que ceux accordés aux personnes qui visitent successivement les sept basiliques romaines. On les reconnaît à l’inscription qui les surmonte : Unum ex septem altaribus, « l’un des sept autels ». Lorsque, entrant dans l’église, on commence à en faire le tour par la droite, on trouve successivement, côté épître : l’autel Saint-Paul, l’autel de la Vierge, dans le transept, l’autel du Calvaire, dans la chapelle du fond ; puis, côté évangile, l’autel de la Vierge de Douleurs – qui ne porte pas d’inscription mais figure bien sur la « liste » officielle –, l’autel du Sacré-Cœur dans le transept gauche, plus proches de l’entrée de l’église, l’autel Saint-Louis et l’autel Saint-Joseph.
On sait que le nombre sept a une valeur biblique forte de plénitude et d’achèvement : les sept jours de la création du monde, les sept miracles de Jésus dans l’évangile de saint Jean, les sept dernières paroles du Christ en Croix – ajoutons-y, dans notre cas, les sept collines de Rome !
Ce qui reste mystérieux est le moment où ce pèlerinage a été institué. Le lien de l’ancienne église Saint-Louis-des-Jésuites avec cette congrégation – le lieu où se trouvait leur maison professe – pourrait expliquer ce privilège, les Jésuites étant particulièrement attachés au pèlerinage de Rome. Mais d’autres rares églises abritent elles aussi sept autels avec privilège : la basilique Saint-Seurin de Bordeaux ou la cathédrale de Cuenca en Espagne… Or, elles ne semblent pas avoir été liées de quelque façon que ce soit aux Jésuites. De toute façon, les indulgences attachées à une église restent valides à jamais.
On obtient l’indulgence plénière aux conditions habituelles : confession dans les huit jours avant ou après, communion le jour même et prières aux intentions du Souverain pontife (qui sont les intentions des « Grandes Oraisons » du Vendredi Saint) avec un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Je crois en Dieu. On peut confier à chaque autel une intention de prière particulière : la famille, les malades, le Saint-Père, l’Église, la France… Ce pèlerinage peut être vécu seul, en famille ou en groupe.
Quelles réactions ont les visiteurs lorsqu’on leur parle de ces autels auxquels sont attachées des indulgences ? Réagissent surtout les catholiques pratiquants mais les jeunes, quand on leur explique ce dont il s’agit, se montrent très intéressés. Que de trésors oubliés parmi ceux que nous offre la sainte Église ! D’où l’intérêt de faire connaître ces pèlerinages, porteurs de grâces, par tous les moyens à notre disposition.