École catholique : la liberté rognée ? - France Catholique
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Le journal de la semaine

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École catholique : la liberté rognée ?

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© Philippe Lissac / Godong

© Philippe Lissac / Godong

Notre histoire contemporaine a été marquée par un affrontement sur la question religieuse. La Troisième République, au tournant des XIXe et XXe siècles, ne s’était pas vraiment détachée de l’offensive de la Convention qui, lors de la Terreur, avait décidé d’éradiquer le christianisme. La lutte sans merci contre les congrégations religieuses s’inscrivait dans une même perspective. Lorsqu’on voulut légiférer sur la séparation de l’Église et de l’État pour mettre fin au Concordat négocié sous Bonaparte, on était toujours dans la même logique hostile. Cependant, selon beaucoup d’historiens, l’intervention d’Aristide Briand modifia très sensiblement l’esprit de la loi en gestation, au profit d’une logique de paix. Même si tel n’était pas l’avis de Charles Péguy, pour qui cette loi de 1905 était « au service du parti intellectuel, dont le Credo est qu’il n’y a ni un Dieu, ni plusieurs ».

Même si un certain apaisement interviendra entre les deux guerres, facilité par le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, les tensions demeurèrent autour du statut de l’école catholique et des subventions accordées aux parents d’élèves ayant fait le choix de cette école. Une école en grande difficulté financière. Il fallut attendre 1959 avec la loi de Michel Debré pour trouver une solution équitable, au moyen de la notion de contrat entre les établissements et la puissance publique. Dénoncé par la gauche et l’extrême gauche dès le départ, ce système se trouva mis en péril à l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981. Son programme de gouvernement comprenait la création d’un grand service public de l’Éducation, qui signifiait en fait l’absorption totale de l’enseignement dit privé dans l’enseignement public.

Cependant, la nomination d’Alain Savary rue de Grenelle ne correspondit pas exactement aux vœux du parti laïque. Le ministre en effet reprenait la possibilité de reconnaissance d’un caractère propre aux établissements quels qu’ils soient. Une solution négociée parut un moment possible, jusqu’à ce que la gauche s’emploie à voter des amendements qui revenaient à l’intégration pure et simple. Il en résulta un bras de fer, avec des manifestations considérables qui amenèrent François Mitterrand à retirer la loi Savary purement et simplement.

Le parti laïque ne renonce pas

Mais tout montre que le parti laïque n’a pas renoncé à son but. On s’en est aperçu avec l’intention de supprimer l’obligation du secret de la confession, qui renvoie au pire totalitarisme. Léon XIV en Espagne vient de condamner sa remise en cause… Même si cette disposition a été abandonnée dans la loi française, on s’interroge sur la portée des nouvelles mesures votées. Ainsi l’instauration d’un contrôle pédagogique, administratif et financier, au moins tous les cinq ans, participe de cette volonté de renforcer la tutelle étatique. Pire encore sans doute, la création d’un « conseil académique de l’enseignement privé », chargé d’intervenir sur la résiliation des contrats et de veiller à la mixité scolaire. N’est-ce pas le retour au projet de 1981 avec l’effacement de l’enseignement catholique, dont on conteste clairement le caractère propre ? On s’en est aperçu avec divers conflits, comme celui visant le collège Stanislas à Paris.

Au bout du compte, l’exploitation d’un scandale comme celui de Bétharram est prétexte à une offensive contre la liberté de conscience et la liberté religieuse.