Une « déferlante migratoire » ?

par Gérard Leclerc

lundi 7 septembre 2015

Psychologiquement, la situation se tend en France et en Europe, devant ce que certains appellent « la déferlante migratoire ». Le pape François demande à toutes les paroisses et communautés catholiques d’accueillir chacune une famille, alors que le même jour à Marseille, Marine Le Pen se montre absolument intraitable. Il semble qu’une grande partie de l’opinion publique française soit du même avis, malgré diverses initiatives qui vont dans le sens de l’appel du Pape. Il est probable que dans les jours qui viennent, les porte-parole des deux positions antagonistes vont continuer à s’opposer et il est prévisible qu’à l’occasion des élections régionales le ton va encore monter et que le problème de l’immigration dominera tous les autres dans les affrontements.

Il est quasiment impossible de parler d’un pareil sujet la tête froide. Certes, j’entends bien l’avertissement de cet excellent observateur qu’est le sociologue Jean-Pierre Le Goff, qui nous prie instamment de ne pas nous laisser prendre par une émotion qui bride la raison. Mais au-delà de l’image d’un petit garçon mort sur une plage qui a fait le tour de la Terre, il y a cette réalité incontestable de tout un peuple à la dérive. J’ai affirmé ici à maintes reprises qu’il fallait secourir cette détresse d’urgence. Cela suppose donc des mesures d’accueil en proportion de la masse de ces pauvres gens qui nous tendent la main. Mais il serait irresponsable de ne pas penser sur le champ à la suite des événements. Ces réfugiés vont-ils s’installer durablement chez nous ? Est-ce souhaitable pour eux-mêmes et pour leurs pays d’origine ? Mgr Pascal Gollnisch, responsable de l’Œuvre d’Orient, est d’avis qu’il faut songer d’ores et déjà à leur réinstallation dans les pays d’origine, notamment en Syrie et en Irak. Mais on sait comment ils ont été chassés, du fait de la guerre impitoyable menée par Daesh. Ce retour suppose un renversement de situation encore problématique. Les politiques comme les militaires hésitent devant la perspective d’intervenir directement au sol contre l’État islamique. Or c’est là que se trouve la source de l’énorme séisme humain auquel nous assistons. L’assistance humanitaire et caritative est d’une urgence absolue mais il est aussi urgent de savoir si nous aurons les moyens de rétablir l’équilibre de notre Mare Nostrum, notre chère Méditerranée.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 7 septembre 2015.

Messages

  • A l’heure qu’il est je viens de lire attentivement l’article de Gérard Leclerc intitulé : Une "déferlante migratoire" ? juste après avoir posté un message sur l’"appel du pape François".

    Comme justement écrit, il faut considérer sérieusement la question en gardant la "tête froide" face aux appels et discours contradictoires, au flux que je n’hésiterais pas de qualifier d’effarant flux de migrants qui ont, eux, la chance d’atteindre les rives occidentales, alors que notre chère Méditerranée est devenue un cercueil géant des "victimes de Daech", je me permettrais d’ajouter, également sans hésiter, et d’autres...Bref, pour aller à l’essentiel, un autre flux, de questions celui-là, nous submerge : faut-il ou pas accueillir définitivement les migrants, ou provisoirement, ou pas du tout ? Faut-il ou pas aider plutôt ces populations à retourner dans leur pays en leur en donnant les moyens, bien entendu ? Faut-il laisser couler cette hémorragie de chrétiens d’Orient, vider cette partie du monde, l’Orient, de ses forces vives ? Faut-il se résigner à voir tous les jours les vestiges de milliers d’années disparaître sans pouvoir intervenir efficacement, ceci après le début de la disparition de divers écrits, documents, traces, datant de 2000 ans, en se disant que ce n’est pas encore fini et en pensant aux églises en Palestine, section "Terre Sainte" comprise, etc...

    Oui, tout cela parait effrayant, voire incroyable, et pourtant... Au-delà d’une "déferlante migratoire" il y a l’urgente, la cruelle et la plus sérieuse, sinon la plus grave des questions : comment arrêter ce processus ? Et pour ce faire, il y aurait comme obligation de se poser la question : comment et pourquoi, oui, comment et pourquoi tout ce qui s’est passé et continue de se passer dans cette région, et au-delà, en Afrique...

    On a le droit de se poser des questions, mais on n’a pas le droit de juger. Le jugement est l’affaire du Seul Seigneur, et je ne suis pas dans ses petits papiers. Et après le droit de chacun de se poser des questions, il est, peut-être, du devoir de certains de consulter leur conscience. Notre monde est secoué, il est terrifié : le but semblerait atteint : importer et implanter la peur. La peur est l’arme par excellence des tueurs en tous genres, la peur est l’alliée agissante, indispensable et indéfectible des criminels, tous les criminels, ceux qui découpent les corps et qui tuent l’âme. La peur est paralysante et fait accepter tout et n’importe quoi. C’est l’amie intime des puissances obscures, des requins et, au delà des vrais ou supposés dictateurs, des véritables tyrans qui se sont mis en tête de, nous dit-on, débarrasser ici et là, un pays, une région, un continent, de ses dictateurs, lire : protéger les populations sans défense.

    Comme protecteur, je ne vois que le Seigneur. A la question de savoir s’il faut renvoyer les migrants chez eux en leur en donnant les moyens, je dirais sans hésiter : oui, en majuscules. Et comment arriver à arrêter le processus d’extermination ? Les avions ? Les missiles ? Les armées au sol ? Les frégates, les destroyers, les sous-marins, toute la panoplie de ces armadas dotées des engins de destruction dernier cri et chargées de les essayer, d’en mesurer la capacité et la force sur des populations innocentes ?

    Non, messieurs-dames, on ne la fait plus à tout le monde. Allez, il est peut-être temps d’arrêter les parodies de "preux chevaliers", de retrousser ses manches, de se laver les mains, et de se mettre enfin à table pour discuter en conscience de cette situation qui n’est nullement l’œuvre du hasard. Discuter et ne quitter la table de discussions qu’après avoir trouvé la solution. Et l’appliquer d’urgence. Et la solution ne peut être QUE politique. Elle est à votre portée, encore faut-il la vouloir, cette solution. Avant qu’une autre, déjà commencée, je ne sais pas, s’impose à vous. Vous avez perdu le nord, vous avez perdu la partie. Vous avez déjà perdu la guerre initiée. Vous êtes K.O. sur tous les plans et sur tous les tableaux.

    Votre bombe atomique nouvelle version, soit la guerre atomisée cachée sournoisement sous les noms de "guerres civiles", "guerres de religion", "guerres urbaines", et j’en passe, cette bombe atomique nouvelle version est en train de vous trahir, de vous exploser en pleine figure. Il me revient en mémoire ce film américain, bêtement qualifié par les critiques cinématographie "film de science-fiction", ce film intitulé : "Forbidden planet" ou "La planète interdite". Il faut l’avoir vu pour comprendre qu’on ne défie pas impunément le Créateur et sa Création. C’est comme qui dirait le "remake" de ce film qui est en train de se dérouler, ce film ou un immense savant avait créé un robot qui lui obéissait au doigt et à l’œil, qui accomplissait les directives reçues avec une précision époustouflante, un robot manipulé par une simple pensée et qui exécutait un ordre avec une précision une efficacité insoupçonnées et insoupçonnables...Jusqu’au jour ou cette créature à tué son créateur, l’immense savant. S’était-il avancé jusqu’à violer l’espace d’une planète interdite ?...

    Il m’arrive de m’accrocher parfois à une prière, à un psaume, à n’importe quoi.

    Ce matin, je m’accroche, peut-être stupidement mais tant pis, je m’accroche d’abord à une phrase d’un discours d’un chef religieux à l’Unesco au début de cette année : "Parler d’un Moyen-Orient sans chrétiens e-s-t i-m-p-o-s-s-i-b-l-e".

    Ce matin, je m’accroche surtout à cette assurance-vie : "Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps". La phrase du Seul Allié, du Seul Ami.

    Ce matin, je m’accroche à l’Espérance.

  • Comment l’Algérie a restreint l’accès des Syriens à son territoire

    Hadjer Guenanfa, TSA, 5 septembre 2015

    Depuis quelques jours, les pays arabes sont au centre des critiques. Alors que plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne et l’Autriche, se sont mobilisés en faveur des réfugiés syriens, les pays arabes continuent de fermer leurs portes à ces centaines de milliers de personnes fuyant les persécutions du régime et des terroristes de Daech.
    Procédure d’autorisation préalable
    L’Algérie figure parmi les pays qui ont pris de mesures pour limiter très fortement l’arrivée de Syriens sur son territoire. Le 1er janvier 2015, l’État algérien a instauré le visa pour les Syriens. La mesure a été renforcée cet été avec l’arrivée massive de réfugiés fuyant la Syrie.

    Depuis près de trois mois, les ambassadeurs d’Algérie ont été destinataires d’une instruction : aucune ambassade ne peut accorder de visa sans obtenir l’accord de la tutelle, le ministère des Affaires étrangères, qui doit, à son tour, doit avoir l’aval des forces de sécurité.

    « La délivrance de visa aux Syriens est soumise à une procédure d’autorisation préalable de la part de l’administration centrale », confirme une source diplomatique algérienne sous couvert d’anonymat.

    Cette procédure est utilisée pour les pays dont les ressortissants sont considérés comme à haut risque terroriste. Mais pourquoi l’Algérie l’utilise-t-elle contre les Syriens alors même que des pays européens accueillent des dizaines de milliers de réfugiés sans aucune vérification préalable ?

    Avant l’instauration de cette mesure, quelques milliers de Syriens ont pu rejoindre l’Algérie depuis 2012. Sur son site internet, le Haut-commissariat pour les réfugiés parle de 3 000 réfugiés Syriens en Algérie. Mais ils seraient beaucoup plus nombreux, selon d’autres sources. Ce qui expliquerait peut être la décision du gouvernement algérien d’instaurer le visa pour les Syriens.
    Des réfugiés sans statut

    Seuls les services de sécurité connaissent le nombre exact des réfugiés syriens en Algérie. Mais le chiffre n’a jamais été rendu public « Il faut savoir qu’ils ne sont pas nombreux à solliciter le HCR. Beaucoup ont été accueillis par des parents qui étaient déjà installés ou avaient des liens avec l’Algérie vu les échanges commerciaux entre les deux pays », affirme une source au fait du dossier.

    « Ceux qui ont sollicité le HCR ont seulement un « certificat de demandeur d’asile (qui n’est pas reconnu officiellement) car le gouvernement a estimé qu’ils n’avaient pas besoin d’une carte de réfugiés. Les Syriens circulent librement en Algérie. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays arabes où ils sont contraints de rester dans les camps », selon cette source.

    « En fait, nous avons ratifié la convention de Genève relative au statut de réfugié. Mais dans la loi algérienne, il n’y a toujours pas de statut pour les réfugiés. Cela veut dire qu’un demandeur (d’asile, NDLR) ne connaît pas les critères de décision. La LADDH, le revendique depuis au moins une décennie », explique Nourredine Benissad, président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH).

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