Une 1e nationale : mobilisation devant les préfectures des nouvelles régions pour les soins palliatifs et contre l’euthanasie masquée

samedi 3 octobre 2015

Des délégations du mouvement Soulager mais pas tuer se sont réunies le samedi 3 octobre, au même moment, devant les préfectures des nouvelles grandes régions, pour alerter sur les dangers de la proposition de loi sur la fin de vie et pour protester contre le report du plan de développement des soins palliatifs, au point mort depuis 2012.

Le mouvement a choisi de se rassembler devant les préfectures pour mettre le gouvernement devant ses responsabilités en matière sanitaire et sociale, à quelques semaines des élections régionales. Trop de disparités et d’inégalités existent entre les régions concernant l’accès aux soins palliatifs.

Au micro, les porte-parole régionaux expliquent que les Français attendent depuis plus de trois ans le plan de développement des soins palliatifs qui a été promis par le président de la République en juillet 2012. Ces promesses non tenues font prendre à la France du retard. Elles alimentent les critiques sur la persistance de situations de « mal mourir » inacceptables. Dans ce contexte, l’instauration d’un droit à la « sédation profonde et continue jusqu’au décès », assortie d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation, risque de faire basculer notre pays dans la culture d’une euthanasie masquée, avant d’être explicite. Ce serait une mortelle solution de facilité.

Les délégations des différents départements portent des pancartes indiquant leur provenance géographique ainsi que des panneaux rouges, jaunes et bleus où figurent les slogans : « Sédation pour soulager OUI, sédation pour tuer NON » ; « L’interdit de tuer garantit la confiance entre soignants et soignés » ; « Développement des soins palliatifs – assez de promesses – des actes ! »

Devant chacune des préfectures a été installée une ambulance symbolique, proche de la taille réelle, et pilotée par François Hollande. Elle représente les soins palliatifs, comme il est indiqué en lettres capitales rouges. Ses pneus sont dégonflés, signe qu’elle n’avance plus. Une main a tagué « sont au point mort » sur la carrosserie, avec le logo de Soulager mais pas tuer comme signature. Des manifestants poussent l’ambulance, afin d’encourager le président de la République à embrayer pour passer des paroles aux actes, sous les encouragements de la foule.

>> Voir ici les photos des différentes mobilisations.

Des délégations du mouvement ont également demandé à être reçues par les préfets pour aborder la situation préoccupante des soins palliatifs dans leur région et le suivi du plan de développement annoncé. Ce sera également l’occasion de leur exprimer les inquiétudes par rapport à la proposition de loi sur la fin de vie débattue par les députés le 5 octobre.

Le mouvement se mobilise aujourd’hui pour :

1. Dénoncer les dangers contenus dans le texte de loi :

Ø L’introduction d’une « sédation profonde et continue jusqu’au décès » (article 3) peut constituer une forme d’euthanasie masquée lorsqu’elle est associée à l’arrêt d’hydratation et d’alimentation. Le mouvement demande des garanties pour éviter ce risque majeur.

Ø Les directives anticipées devenues contraignantes pourraient obliger des médecins à faire mourir leur patient. Le mouvement demande que ces directives ne puissent pas contenir des dispositions contraires au Code de déontologie médicale.

>> Voir sous ce lien l’analyse sur les enjeux éthiques de la proposition de loi

2. Réclamer la mise en œuvre au plus vite d’un plan pluriannuel de développement des soins palliatifs.

Les Français demandent d’être soulagés, accompagnés, sans obstination déraisonnable. Les soins palliatifs permettent d’apaiser les souffrances et de traiter la douleur. Il est donc urgent de déployer des moyens ambitieux au service de cette priorité. Cela implique notamment de rendre effectif l’accès aux soins palliatifs sur tout le territoire, d’améliorer l’accueil et la prise en charge des personnes âgées en fin de vie aux urgences, de faciliter les interventions dans les EPHAD, de développer les équipes mobiles de soins palliatifs, de renforcer considérablement la formation du personnel soignant, etc. Soulager mais pas tuer estime à 500 millions d’euros le budget de mise en place de ce plan pour 5 ans.

>> Voir ici les propositions de Soulager mais pas tuer pour une politique ambitieuse des soins palliatifs

Philippe Pozzo di Borgo, parrain de Soulager mais pas tuer, à l’origine du film Intouchables, rappelle que « Les soins palliatifs sont porteurs du respect de la dignité humaine. Il ne faudrait pas que ‘la sédation profonde et continue jusqu’au décès’ contenue dans la loi sur la fin de vie ne vienne contredire cette aspiration. Restons donc vigilants pour protéger les plus fragiles ! »

Voir le message vidéo :

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