traduit par Yves Avril

Trump, Clinton : aucun des deux, jamais !

par Hilary Towers

mercredi 19 octobre 2016

Les catholiques, tous et chacun d’entre nous, vont avoir à résoudre dans l’isoloir un dilemme à la lumière de leurs propres expériences de vie. La mienne est celle d’une catholique et d’une mère de cinq enfants, mais aussi d’une psychologue concernée par la situation actuelle du mariage. Mon travail, en très grande partie, a été de m’occuper des causes et des conséquences de l’abandon conjugal : hommes et femmes qui ont des liaisons extraconjugales, abandonnent les engagements qu’ils ont pris lors de leur mariage, et se lancent dans une relation avec un ou une partenaire, avec remariage ou cohabitation.

Ce phénomène, une plaie non seulement pour la culture au sens large mais aussi pour l’Eglise, est un exemple particulier du narcissisme de notre temps. Il détruit les familles, nucléaire ou étendue, choque les enfants (que le choc nous soit apparent ou non, il existe), et aggrave le cynisme qu’affectent aujourd’hui de jeunes adultes en particulier à l’égard du mariage monogame et durable.

Il vaut la peine de nous demander où peut se situer le point le plus bas de ces pitoyables élections 2016, quel comportement dépasse ce qui est acceptable - non seulement chez les candidats à une fonction publique, mais aussi dans nos familles, nos communautés et nos églises.

La montée de Donald Trump n’est pas un accident ni un choc sur la route des conservateurs. Sa conduite grossière et ses comportements sexuels pervers sont simplement notre reflet - celui d’une nation qui a longtemps ignoré le dommage réel causé par l’adultère, le divorce et la pornographie. Pendant des décennies nous n’avons pas réussi à traiter sérieusement ces sujets et, conservateurs et chrétiens - peut-être plus que tout autre groupe - nous avons une très grande responsabilité dans ce gâchis.

Pour la plupart d’entre nous, voter Hillary Clinton a toujours été hors de question. Ceux qui considéraient que voter pour Trump était dès le début impossible, avec une grande tristesse, ont été en butte à des critiques erronées (quand elles étaient sincères) - et parfois des insultes dignes de Trump - de la part de quelques-uns de nos proches même, pour qui notre refus de passer par-dessus les graves fautes de Trump était voter pour Hillary.

Mais pour les pro life « Jamais Trump », on ne s’est jamais posé la question de savoir lequel des deux candidats pourrait servir la cause à long terme. La tragédie de l’avortement n’est qu’une horrible manifestation de la crise qui sévit dans la morale sexuelle. Comme Russell Moore, un chef baptiste du sud, l’a dit succinctement : « Être pro-life signifie dire à l’éthique de Margaret Sanger et à l’éthique de Howard Stern : " Jamais". »

Quand le parti - et de façon plus importante l’Eglise - ont ils perdu de vue l’importance centrale de l’intégrité sexuelle et conjugale dans la vie des individus, et spécialement dans ceux qui ont la tâche de nous conduire ? Oui, nous « n’avons pas à élire le pape », - nous avons à élire le chef et le représentant de notre pays dans le monde.

Le travail et les autres problèmes économiques devraient être importants pour un pays parce qu’ils sont un moyen qui mène à une fin : une vie de famille saine, stable. La sécurité nationale est importante parce nous avons une nation de familles à protéger. La vie de famille stable existe quand les hommes et les femmes se comportent comme des adultes, mettent au premier plan leurs enfants et tiennent les engagements qui ont la plus grande importance.

N’était-il pas suffisant pour des chrétiens de savoir que Trump a détruit deux mariages et s’est vanté de ses infidélités avec d’autres femmes mariées pour le considérer comme inéligible à la plus haute des fonctions de ce pays ? Si un tel comportement n’est plus ce qui disqualifie nos candidats à la présidence, ne devient-il pas aussi sans importance chez nous et dans nos communautés ?

On se demande pourquoi il a fallu l’enregistrement de Trump vomissant ses pensées viles et malhonnêtes sur les femmes - dont tout lecteur peuvent avoir discerner l’essentiel dans les innombrables articles écrits l’an denier, pour ne rien dire des propres livres de Trump - pour que des groupes chrétiens le dénonce avec fermeté.

Est-il rationnel de mettre quelque espoir dans le pouvoir suprême d’un tel homme ? Quand avons-nous perdu de vue ce principe éternel : l’usage de moyens néfastes pour aboutir à une fin valable (par exemple, un candidat solide à la Cour Suprême des Etats-Unis - en soi-même une entreprise risquée) n’est pas seulement peu judicieux mais est destiné à échouer à long terme. À en juger par les récents sondages, il semble que l’échec arrivera même à brève échéance.

Il semble que notre capacité à être scandalisés par un comportement sexuel dépend maintenant de savoir si ce comportement est considéré par la culture au sens large comme étant « consensuel ». Mais les hommes, les femmes et les enfants qui sont les victimes de liaisons adultères entre deux adultes consentants ne peuvent être consentants. Les adultes qui ont été contraints à un divorce non désiré ne sont pas consentants.

Le garçon de 10 ans à qui il arrive de tomber un soir sur un porno (et qui y revient, encore et encore) n’est pas consentant. Je soupçonne que les jeunes femmes droguées que Trump emploie dans les clubs de strip-tease de ses hôtels ne donnent pas vraiment leur consentement, si nous sommes honnêtes. Quand nos notions modernes, artificielles du consentement sexuel ont-elles remplacé un désir commun pour la vérité, l’intégrité, la bonté et le bien-être moral d’autrui ?

Je soupçonne que c’était vers le temps où les conservateurs - et les catholiques, en particulier - ont ôté la morale sexuelle de la place à laquelle elle a droit dans la liste des priorités nationales : la première place et la place centrale.

The Catholic Thing du 13 octobre 2016

Source : https://www.thecatholicthing.org/2016/10/13/nevertrump-neverclinton/


http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/debat-presidentiel-face-a-clinton-trump-a-montre-plus-de-maitrise-de-soi_1842702.html

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/live/2016/10/20/debat-trump-clinton-suivez-en-direct-le-dernier-face-a-face-avant-la-presidentielle-americaine_5016785_829254.html

http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/presidentielle-americaine-ce-qu-il-faut-retenir-du-dernier-debat-entre-hillary-clinton-et-donald-trump_1881015.html

http://www.lefigaro.fr/elections-americaines/2016/10/20/01040-20161020ARTFIG00020-dernier-debat-trump-clinton-les-moments-a-retenir.php

http://www.lefigaro.fr/elections-americaines/2016/10/20/01040-20161020ARTFIG00029-donald-trump-refuse-de-se-soumettre-par-avance-au-verdict-des-urnes.php

Messages

  • Le problème sexuel est important mais il y a , à mon avis, des choses plus importantes encore

    Le Cardinal Chaput de Philadelphie a donné récemment une réponse qui intéresse tout catholique qui veut voter
    L’Eglise est beaucoup plus que la sexualité.......

    Cordialement

    • L’invasion américaine de l’Irak aurait provoqué la mort d’un million de personnes, selon le British Journal of Medecine. Tous les jours, l’aviation américaine bombarde un pays ou l’autre. Plusieurs milliers de civils ont été tués par les drones américains violant tel ou tel espace aérien. Cela ne mériterait-il pas un peu de la réflexion de The Catholic Thing ?

    • Eh bien, c’est à eux qu’il faudrait le dire. Malheureusement, on ne peut plus commenter leurs articles sur leur site. Il reste Facebook et Twitter je crois.

    • cf. : octobre : 15:38

      Il y en a à qui tout est permis. Tellement, que même les crimes les plus odieux sont convertis en "monnaie courante", càd banalisés. Plus : indispensables, légitimes et légaux. Pour ne citer que des faits de nos temps modernes, hormis les tragédies actuelles et pour en revenir à Hiroshima et Nagasaki, qu’Est-ce que pourrait justifier de telles entreprises ? Armes connues et, selon Genève, reconnues légales ? En dépit de toutes les conventions, rien de tel concernant cet "épisode" de la guerre du Pacifique. Rien qui ne saurait justifier l’assassinat de milliers de civils dans une guerre classique entre armées belligérantes. Sinon, à quoi servent les "conventions" signées de part et d’autres, jamais respectées, plus : continuellement bafouées.

      "Armes de destruction massive", quand, où et par qui ces termes ont-ils été inventés ? Pire : Utilisés en premier ? D’abord sur des populations innocentes à l’opposé des accords internationaux.

      Le "deux poids et deux mesures" continuent leurs ravages. La dite Convention de Genève : simple morceau de papier.

  • Trump a dénoncé la catastrophique et sanglante politique de la famille Bush en Irak. Lui reprocher sa vie privée est absurde tant qu’il n’en fait pas un modèle Quant a ses propos pour le moins douteux, entre nous les yeux dans les yeux qui n’en a jamais i tenu en privé. . Si on m’avait enregistré tout le temps moi ou les autres qui n’a pas fauté.? Qui doit jeter la première pierre ? L’Amérique du nord sera toujours le pays du puritanisme étouffant, où on jette la première Pierre". Depuis la lettre écarlate d’Hawthorne , rien n’a changé sinon qu’elle est devenue une puissance monde suite à notre suicide de 1914.. Rien d’étonnant qu’elle soit quasiment marié avec un des pires des régimes arabes, d’une richesses insolente imméritées, exploitant sexuellement et économiquement ses immigrés, et d’un puritanisme sanglant de la religion révoltant . SI Trump libère le monde de cette alliance contre nature, de l’occident avec ce pays, et du risque de confrontation avec la Russie, tant mieux. Après tout Talleyrand qui a sauvé l’Europe du désastre des guerres n’était pas un modèle de vie privée ; Il est vrai qu’il était plus civilisé, et voyait mille ans en arrière et loin devant , mais là nous avons tous un long chemin à faire....

    • D’abord, Bernadette a raison, on ne peut rejoindre TCT que par Facebook et Twitter. Ennuyeux, mais tant pis !

      Cet article revêt comme un caractère exclusif ou presque coincé dans la seule sphère des déclarations ordurières de Trump. Mrs Towers ne se préoccupe en aucune manière de ce que les USA ont le devoir de rectifier dans leur politiques nationale et internationale pour redevenir une nation respectable. Le fait que Trump se soit vautré dans un langage ordurier
      ne blanchit en rien la politique connue et reconnue,menée par Hillary Clinton. Ce billet signé Hilary (encore une !) Towers, se contente de rejoindre Trump dans ses envolées scabreuses, n’a rien d’une critique réaliste sur les politiques nationale et internationale des USA. On croit lire la défense de femmes trompées, salies et violées.

      Ce qui est stupéfiant c’est qu’il ne s’est trouvé dans cet immense pays que deux candidats pour le représenter : l’un dont on ne sait presque rien et l’autre dont on sait beaucoup trop ! A croire qu’il y aurait eu consensus pour qu’il en soit ainsi, sur fond de dessous de table et autres compensations et compromissions.

      Le dernier "show" de ces deux candidats n’aura rien révélé de vraiment nouveau sauf qu’à mettre encore un peu plus de beurre dans les épinards des membres des media.

      Si c’est Hillary Clinton qui devait l’emporter ce ne serait apparemment que grâce aux propos choquants et outranciers de son rival. Car est-ce prudent de confier la gouvernance d’un si grand pays à celle-là même qui a revendiqué, entre autres et en s’en glorifiant, la création et le financement d’Al Qaïda "pour se débarrasser des Russes en Afghanistan" (et qui aujourd’hui les accuse de s’immiscer dans les élections étatsuniennes) ? Quant à la moralité, ou à la morale, ou tout ce qui y touche de près ou de loin, inutile de s’y attarder. Et si c’est Trump qui devait accéder à la présidence des Etats-Unis, y-a-t-il certitude absolue que ce ne sera pas la même politique, internationale en tous cas, que celle d’Obama flanqué d’Hillary Clinton ou de Kerry ?

      Pour en terminer : nous n’en sommes qu’aux débits de belles paroles, de promesses qui s’avèreront non tenues, de moments d’espérance lancés comme des confettis aux couleurs chatoyantes à la tête des très prochains clients des urnes. Un peu comme partout à la veille de ces choix démocratiques que les uns et les autres ont voulu et continuent de vouloir asséner aux peuples encore aveugles et non sevrés...

      "Oui, on est en droit de déplorer le spectacle que nous donne la grande démocratie américaine et de s’inquiéter pour l’avenir" (Gérard Leclerc, 11 octobre 2016).

  • Je l’ai dit depuis le début. Dès que j’ai appris que Donald Trump était candidat à la présidence américaine, j’ai été sûr, et le reste, qu’il se trouvait concurrent de Madame Clinton pour servir d’épouvantail et, ainsi, assurer l’élection de Clinton. C’est, logiquement, ce qui devrait arriver. Bien sûr, rien n’est jamais acquis d’avance. Mais ce couple infernal illustre la dégénérescence politique, économique et sociale des États-Unis. Ce n’est pas très étonnant quand on connaît un tant soit peu les États-Unis qui sont devenus - à plus d’un titre - une gêne et un
    danger considérable pour le monde entier.

    Le "système" contrôlé par la puissance financière des États-Unis voit ses jours comptés. La guerre des monnaies fait rage en sourdine et le dollar, dès à présent, est en train de se faire détrôner par les droits de tirages spéciaux du FMI (ce qui n’est guère mieux) le yuan chinois va désormais compter aux dépens du dollar. Ce système est sur la pente descendante.

    Voici, ci-dessous, le type de menaces (de quoi impressionner dans les chaumières !...) qu’on profère quand on ne peut plus rien surmonter. C’est sans doute ce qui motive les "menaces de guerre" parmi un faisceaux formé par un grand nombre de faits découlant du recul des États-Unis dans le monde.

    Les États-Unis n’ont pas d’ennemis dans le monde au sens où les États-Unis veulent nous le faire croire mensongèrement. N’ayant plus d’ennemis "valables" depuis 1989-1991, les États-Unis sont "obligés" d’en chercher, voire d’en fabriquer... C’est ce qu’ils font depuis des décennies. Le Moyen-Orient en est un exemple abominable - parmi d’autres - venant des États-Unis.

    À cause de leur système de pillards du monde, les États-Unis sont devenus le plus grand danger et la plus importante gêne dans le monde. Pour autant, bien sûr, que les autres grandes puissances ne les remplacent pas à leur tour comme "pillards" du monde.

    Je le rappelle encore une fois : le budget de "défense" des États-Unis est plus important à lui seul que le total de tous les autres budgets de défense de tous les autres pays de la Terre... En 2013 ce budget de "défense" des USA était de 524 milliards de dollars, en 2014 il est passé à 662 milliards de dollars, etc. C’est la symbiose de la sphère financière mondialiste et le complexe militaro-industriel des États-Unis qui "mènent le bal" (de lucifer est-il besoin de le préciser). Sans le complexe militaro-industriel, l’économie des États-Unis s’écroulerait pour de vrai. Et quand on perd pied, et bien on menace pour faire diversion. Tel est le contenu de cette vidéo du chef d’État-Major de l’armée américaine. Pas moins !

    Donc ci-après, cette vidéo en anglais sous titrée en français enregistrée le 4 octobre 2016.
    durée : 9 minutes 55 secondes
    J’ai tendance à appeler ça un serment d’ivrogne, pourvu que ce ne soit que ça : (sous titrage en français)

    http://www.dailymotion.com/video/x4y03xm_nous-vous-detruirons-les-terrifiantes-menaces-du-chef-d-etat-major-des-usa-a-la-russie-et-a-la-chin_news

    • Difficile de ne pas souscrire aux commentaires précédents qui soulignent quelques points essentiels mis sous le boisseau par les commentateurs mainstream...

      « (...) la morale sexuelle de la place à laquelle elle a droit dans la liste des priorités nationales : la première place et la place centrale » nous affirme Hilary Towers dans cet article.

      Certes, la morale sexuelle occupe une position importante au sein des sociétés humaines. Cependant, il semble qu’une large partie des catholiques d’outre-Atlantique se focalise outrancièrement sur tout ce qui concerne le sexe (*).

      Ceci en récusant (parfois violemment, en ce qui concerne quelques cathos néocons) dans le même moment la morale sociale. Les reproches véhéments que s’est attirés le pape sont, à ce propos, des plus significatifs (et des plus déplorables).

      Il est symptomatique qu’un torrent de critiques, de dénonciations et d’attaques concernant la vie sexuelle - vraie ou supposée - de Donald Trump se soit abattu sur lui.

      D’une part cela renvoie à cette sensibilité exacerbée (parfois morbide) du public américain, en particulier conservateur, à l’égard du sexe. Avec pour effet attendu de faire perdre à ce candidat des points auprès d’un public qui a tendance à ériger en idéal absolu la morale sexuelle (**) et le politiquement correct.

      D’autre part, cela permet de faire oublier les injustices sociales prodigieuses dont la politicienne et candidate Hilary s’est rendue tranquillement complice tout au long de sa carrière (et qu’elle n’a pas plus l’intention de faire cesser si elle est élue).

      A cet égard, les dénonciations vitupérantes de Trump sonnent vrai. Il porte le fer sur le maillon faible et pourri de la société politique américaine. Pas étonnant donc que tant de suffrages se soient portés sur la candidature de ce personnage pourtant fantasque, excessif et assez modérément fréquentable (***).

      Pas étonnant donc que la partie adverse - le Système - botte en touche et évite de répliquer sur les points qui font mal : l’immoralité sociale érigée en dogme et en idole par une caste politique plus soucieuse de défendre ses privilèges et son confort de vie que de résorber la misère qui touche des millions et des millions de citoyens US (la plupart, d’ailleurs, ne votent même plus tant ils ont perdu toute foi dans le rêve américain et surtout dans les promesses des bateleurs de la politique).

      Accuser le candidat Trump d’immoralité sexuelle n’est qu’une manière de décentrer le débat et de masquer les vraies questions, les vraies responsabilités de cette caste intouchable qui mène une immense partie de la société américaine à la ruine, entretient des foyers endémiques de guerres locales et de terrorisme et est sur le bord de précipiter le monde et les "grandes puissances" dans un conflit majeur...

      The Catholic Thing se trompe, du moins avec cet article, d’analyse sur la campagne présidentielle en mettant le focus sur la morale sexuelle et en circonscrivant la problématique à celle-ci.

      L’alternative est simple : lequel des deux sera le pire pour les USA (et pour la paix du monde) ?

      In fine, je ne suis pas convaincu par cette autre affirmation de madame H. Towers : « La tragédie de l’avortement n’est qu’une horrible manifestation de la crise qui sévit dans la morale sexuelle ». Cela nécessiterait malheureusement de longues digressions pour éclairer ma position.

      Toutefois, rapidement : l’avortement subsiste depuis des siècles, y compris en des périodes et lieux de morale sexuelle austère triomphante ;
      si la grossesse est bien le résultat d’une activité sexuelle, l’avortement n’a en soi rien de moralement sexuel (même s’il concerne, en effet, la sphère génitale) : la décision d’avorter s’apparente bien plus à la décision d’euthanasier ou à la décision d’appliquer ou non la peine de mort lors d’un procès, il s’agit de savoir si on veut ou non laisser éclore une vie en germe ! On n’est plus là dans la sexualité... (****)

      Les ressorts moraux qui concernent l’avortement sont bien plus complexes que la seule morale sexuelle.

      * Certainement à l’image d’une société américaine puritaine et hypocrite fascinée par le sexe, il n’est que de voir les séries américaines qui, depuis quelques années, étalent complaisamment des détails sordides autour de crimes sexuels ; attirance-répulsion, condamnation-fascination...

      ** Paradoxalement, cette morale sexuelle se décline dans ses deux pôles antagonistes : avortement / antiavortement, famille traditionnelle et insécable / liberté familiale elgébétisée... ; avec, à chaque fois, des groupes acharnés jusqu’à l’hystérie - voire à la violence criminelle - dans la défense de leurs “morales” respectives

      *** Fréquentable, Hilary ne l’est pas plus, peut-être même moins, sous ses dehors affichés de mamie rassurante et ménopausée... En fait, une vraie tatie Danielle furieuse, prête à lâcher le feu nucléaire sur la moitié de la planète pour préserver l’American Way of Life d’une grosse poignée de super-privilégiés

      **** Ou alors il faudrait également classer dans les questions de morale sexuelle le désir d’enfant, le fait de choisir un accouchement par césarienne, le choix d’une péridurale ou la volonté d’allaiter ou non son enfant...

  • Concernant l’avortement, je crois que l’auteur a quand même en partie raison. Même si l’avortement était pratiqué, ce n’était pas dans de telles proportions, et la société le réprouvait. Maintenant, elle pousse à l’avortement.

    • Au-delà de l’article de Hilary Towers et des trois derniers messages fort intéressants, la vidéo proposée invite à quelques propositions.
      En espérant qu’il ne s’agit que d’un "serment d’ivrogne" il y a aussi le décor : le plus haut gradé de l’armée des USA, chamarré de toutes les décorations et face à ce qui ressemble à un dîner de gala. Le chef de l’Etat major délivre un discours dont le contenu et le ton frisent comme une déclaration de guerre, plus spécifiquement à l’adresse de la Russie. Cette fermeté inhabituelle pour arrogante qu’elle soit ressemble surtout à un baume calmant à usage interne pour couvrir le ridicule des débats indignes et indigents des deux candidats des Etats-Unis. Et aussi une politique internationale lamentable. En effet, les propos orduriers de Trump et l’indigence des paroles de la candidate (qui se déplace difficilement sur ses deux jambes pour qui a pu le constater) accompagnés de la politique internationale lamentable des Etats-Unis ajoutés aux mensonges avérés de la propagande des USA et de leurs amis européens pour tout ce qui a trait plus spécialement aux graves événements en Syrie et en Irak couvrant une série de graves faux-pas semblent ne plus échapper au peuple américain. Des yeux s’ouvrent et les langues se délient. La situation interne, elle...

      En quelques mots, ce discours plus que musclé du chef d’Etat-Major ressemblerait plutôt à une mise en scène comme pour recoller les morceaux et sauver ce qui reste de dignité à ce qui était une grande nation. Que ce soit le militaire qui prenne la parole et non plus un civil en rajoute à la déchéance politique d’une pays jusque là considéré comme le plus grand, le plus fort, le plus à même de faire entendre sa voix. La formule "gendarme du monde" se veut reprise et assuré cette fois en paroles par le chef d’Etat major en personne. Comme s’il n’y avait plus de civil politique aux USA capable de gérer ce pays. En fait, un grave constat d’échec sur le plan international qui porte un coup dur à l’armée américaine elle-même humiliée.

      Peut-être avant que n’arrive un fou qui appuierait sur le bouton pour faire sauter la planète, le général Mark A. Milley aura essayé de faire d’une pierre deux coups : redonner confiance au citoyen et effacer l’affront en redorant son blason.

      Impressions personnelles.

    • @ 21 octobre 21:07

      Je n’ai pas d’éléments statistiques pour confirmer ou infirmer. Du temps où l’avortement était interdit il n’y avait pas grand monde pour s’en vanter par rapport à la période de l’interdiction. Donc les chiffres de la très longue période pré-Veil sont flous et approximatifs.

      Il s’est dit, mais je n’ai plus les sources, que le nombre d’avortements post-loi Veil, en France, serait resté stable, contrairement aux promesses des pro-dépénalisation.

      Ce qui est vrai, c’est qu’aujourd’hui la loi, les autorités étatiques et leurs divers relais promeuvent activement l’avortement (au point de prétendre criminaliser quiconque s’oppose à l’interruption de grossesse), ce qui est peut-être une nouveauté dans l’histoire.

      En notant toutefois, même s’il ne s’agit pas d’avortement au sens strict, que des sociétés ont promu de fait l’infanticide (ainsi l’Inde ou la Chine) depuis bien longtemps.

      Quoi qu’il en soit, mon commentaire précédent contestait un tout autre aspect.
      Selon Hilary Towers l’avortement serait le symptôme de « la crise qui sévit dans la morale sexuelle ». Elle dit même que cette tragédie de l’avortement « n’est qu’une horrible manifestation de la crise qui sévit dans la morale sexuelle ».

      Non, cette focalisation sur la morale sexuelle fausse très largement la vision d’un problème, l’avortement, qui n’en est qu’une conséquence très lointaine.

      L’avortement, c’est d’abord et avant tout une conséquence à la fois d’un égoïsme hédoniste, d’une soumission à des pulsions de mort et d’une vision instrumentale de la personne humaine (“chosifiée”). Le tout étant assez intimement lié.

      Il en va strictement de même avec l’euthanasie qui procède des mêmes ingrédients.
      Et personne ne soutiendra que la progression ou la promotion de l’euthanasie seraient liés à des dérèglements sexuels ou à une quelconque « crise qui sévit dans la morale sexuelle » !

      En soulignant que, par ailleurs, cette crise de la morale sexuelle est des plus réelle. Encore faudrait-il en cerner les vraies causes et les vraies conséquences.

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