Commentaire du Père Michel Gitton

St Jean Baptiste

2006

Cette Nativité d’été, exact pendant – à l’autre solstice – de la Nativité du 25 décembre, était jadis fêtée presque à l’égal de l’autre et n’a pas cessé de décliner dans la piété des chrétiens. Pourtant saint Jean-Baptiste, qui s’appelle lui-même l’"Ami de l’Epoux", est un jalon indispensable de notre foi dans son rapport à l’Ancien Testament. Témoin de l’ultime dépassement de l’espérance d’Israël, il atteste l’insertion du Nouveau dans la continuité des promesses faites à Abraham. C’est bien une même histoire, malgré les sauts. Les lectures de ce dimanche (nous choisissons celles de la messe du jour, mais il y a un autre choix proposé pour la veille au soir) nous montrent clairement ce lien vivant.

Nous avons d’abord un passage du troisième poème du Serviteur, appliqué pendant la Semaine Sainte au Christ, mais qui, là, évoque la figure du Baptiste, à cause de son ministère prophétique, "pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d’Israël". La grande voix qui a annoncé le Messie et préparé sa route, a connu, comme le mystérieux Serviteur d’Isaïe, la contradiction, jusqu’à douter de sa mission. Mais la Parole du Seigneur s’est soudain manifestée à Lui (oh combien !) et lui a permis de porter jusqu’au bout son témoignage.

Il est frappant de voir saint Paul, pourtant peu prolixe sur les événements qui ont marqué la vie terrestre de Jésus, invoquer le témoignage de Jean et son activité de baptiseur. Il en retient le jalon essentiel : avec Jean l’attente d’Israël est portée à son point d’incandescence maximale, elle est prête à se laisser dépasser par la réalisation bouleversante et déconcertante que Dieu lui donne dans la venue de Jésus.

L’Evangile, qui nous remet dans l’ambiance des évangiles de l’Enfance, nous montre la naissance de Jean, marquée tout à la fois par la continuité vis-à-vis d’Israël et par la nouveauté. Cette naissance tient en effet des naissances miraculeuses qui parsèment l’histoire des Juges et de Samuel, elle montre encore une fois comment Dieu peut vaincre la stérilité et faire rebondir l’histoire au moment qu’il a choisi, en utilisant des instruments déficients. Mais ce qui s’ajoute cette fois-ci, c’est l’expérience du mutisme qui traduit une impuissance plus grande encore, le don de Dieu comble et dérange en même temps. Et ce n’est que l’humble obéissance du père qui ratifie le nom donné par l’ange et confirme ainsi la parole de sa femme qui lui rend la Parole. Jean-Baptiste est le fruit de cette double impuissance, dans laquelle se manifeste le don de Dieu. D’emblée il atteste que tout ce qui précède doit diminuer pour que Lui grandisse.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.