Commentaire du Père Michel Gitton

Saints Pierre et Paul

2006

Bonne occasion de méditer sur le don irremplaçable que Dieu nous a fait (et continue de nous faire) dans ses Apôtres ! Il y a deux séries de lectures (et d’oraisons) : l’une pour la veille, l’autre pour le jour même, nous nous en tiendrons aux lectures du jour.

Le ministère apostolique est caractérisé par sa liberté à l’égard de tous les enfermements qui se répètent sans cesse dans l’histoire de hommes. L’exemple le plus visible est la libération miraculeuse de Pierre, telle qu’elle nous est rapportée dans le chapitre 12 des Actes des Apôtres : il y a beaucoup de prisons dans les débuts de l’Eglise, mais « on n’enchaîne pas la Parole de Dieu » (2 Timothée 2,9). L’Ange qui vient libérer saint Pierre lui ouvre les portes d’un lieu clos et lui montre que ses entraves n’en sont pas, quand il s’agit de la mission confiée par Dieu. Le célèbre tableau des Stanze de Raphaël a immortalisé cette scène toute de lumière au milieu des ténèbres du cachot.

Plus profondément saint Paul, qui fait sans doute lui aussi l’expérience d’une incarcération, mais cette fois-ci sans délivrance miraculeuse, peut dire (et c’est la deuxième lecture) : « j’ai échappé à la gueule du lion ; le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer au ciel dans son Royaume ». Quel est le lion auquel le Seigneur l’a soustrait ? Sans doute un mauvais pas, un complot des juifs pour le réduire au silence, qui l’aurait empêché de porter plus loin la Parole de Dieu. Saint Paul a conscience que, malgré la dureté de sa captivité, il accomplira sa mission et que rien ne l’empêchera maintenant d’aller jusqu’au bout : donner sa vie pour le Christ, et de lui rendre témoignage à Rome, au cœur du monde païen.

La promesse de Jésus à Pierre est à comprendre dans cette même ligne : ces « portes de la Mort », qui ne l’emporteront pas sur l’Eglise conduite par Pierre, construite sur Pierre, désignent toutes les citadelles d’indifférence et d’incrédulité qui, aujourd’hui comme hier, cherchent à faire oublier la royauté du Christ. Le monde aspire à reproduire sans fin cet « amour de soi poussé jusqu’à l’oubli de Dieu » (saint Augustin) et Jésus est venu enfoncer un coin dans ce monde, pour l’empêcher à jamais de se refermer sur lui-même, de s’enfoncer dans son sommeil de mort, de prolonger l’esclavage des pauvres et l’abaissement de ce qui détonne par rapport à la loi de l’intérêt : la beauté, la pureté, etc…Le ministère de Pierre est là : maintenir ouverte la brèche, empêcher à jamais que la gueule du monstre ne se referme sur les pauvres, les petits, les chercheurs de Dieu et ne les digère pour les rendre insignifiants. C’est un exercice risqué et fort coûteux, beaucoup de Papes y laissé la vie et en tout cas leur tranquillité, mais l’Eglise de Rome a continué sa route et le monde n’a toujours pas le dernier mot.

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