Dimanche 25 novembre (année B)

Roi, quel roi ?

par le Père Michel Gitton

dimanche 25 novembre 2012

Sans doute, du temps de nos ancêtres, la référence à un roi était-elle assez évidente. La plupart des pays d’Europe avaient à leur tête des rois ou des empereurs, entourés d’une cour brillante, exerçant un pouvoir plus ou moins absolu sur leurs sujets. Aujourd’hui il y a encore quelques gouvernements monarchiques, mais qui peinent à se définir, semblant plutôt des survivances du passé, et ressemblant d’assez près dans les faits aux autres états démocratiques. Dire de Jésus qu’il est roi n’est-il qu’une telle survivance ? Faudra-t-il, pour qu’il se fasse accepter, qu’il répudie le faste de la cour céleste et se soumette au suffrage universel ? Et, dans le cas contraire, est-il là pour cautionner le rêve passéiste d’une frange de l’opinion, toujours en guerre avec le monde moderne ?

Commençons par constater que la référence à la royauté n’est jamais allée de soi dans la Révélation biblique. Si la figure de David brille d’un éclat incomparable et qu’il reste la figure du Roi Berger qui mène son Peuple dans les voies du Seigneur (malgré ses faiblesses personnelles qu’on ne cherche pas à nous cacher), il n’en est pas ainsi des autres rois qui se sont succédé à la tête du Peuple de Dieu. La période monarchique commence par une sévère mise en garde de Samuel qui avertit ses compatriotes des dangers de l’institution royale, lorsqu’un homme se considère comme ayant tous les droits sur un peuple qui lui est assujetti (1 Samuel ch. 8). Si les Israélites veulent malgré tout un roi, le Seigneur sait bien que c’est d’abord pour ne pas dépendre directement de lui (1 Samuel 8,7). Il y a toujours une forme d’idolâtrie dans le rêve d’un pouvoir fort, censé résoudre tous les problèmes que les hommes ne peuvent résoudre à leur niveau. On connaît les drames de la succession de David : malgré la gloire de Salomon, la lignée de David comporte plus d’ombres que de lumière et la série se termine par une catastrophe, si bien qu’au retour de l’exil, on ne souhaitera pas reprendre l’expérience.

Les psaumes qui commencent par « Le Seigneur règne » semblent bien nous dire que seul Dieu est le Roi qui peut répondre aux aspirations des hommes. Bien sûr, il subsiste en Israël l’espérance d’un Roi Messie (c’est la même chose, messie voulant seulement dire : « oint »), mais la figure de celui-ci, au départ à peine distincte d’un simple héritier au trône de Jérusalem, prend une stature de plus en plus transcendante. Les déceptions de l’histoire amènent à attendre non plus un énième successeur de David, qui, même dans le meilleur cas, sera encore un pauvre homme limité et pécheur, mais un don de Dieu, agissant avec la force et la mansuétude du Seigneur :

Qu’il gouverne ton peuple avec justice, et tes humbles selon le droit.
Grâce à la justice, que montagnes et collines portent la prospérité pour le peuple !

Qu’il fasse droit aux humbles du peuple, qu’il soit le salut des pauvres, qu’il écrase l’exploiteur !

Qu’on le craigne, tant que soleil et lune brilleront, jusqu’au dernier des siècles !

Qu’il descende comme l’averse sur les regains, comme la pluie qui détrempe la terre !

(Psaume 72).

Notre culte du Christ Roi a hérité de cette histoire. Nous nous sommes donnés à Jésus notre Roi, après avoir été dessoûlés des rêves temporels qui agitent les hommes. Nous avons appris qu’aucun pouvoir ne pouvait prendre la place du Roi des rois, qu’aucun n’avait la clef du bonheur, même s’il faut sur la terre des chefs, des administrateurs, des présidents et — pourquoi pas ? — des rois, auxquels il fallait obéir dans les choses de ce monde. Nous avons appris qu’il y en a des pires et des meilleurs, les pires étant ceux qui prétendaient à jouer un rôle total, et que les meilleurs eux-mêmes devaient rester sous surveillance... Voilà aussi ce que veut dire la fête du Christ Roi. n

Christ Roi

Première Lecture : Daniel 7.13-14

Psaume 93.1-2, 5

Deuxième Lecture : Apocalypse 1.5-8

Évangile : Jean 18.33-37.

Dimanche [25 novembre] :

Christ, Roi de l’Univers

1. Jésus qui vient prendre la tête de son Peuple et le conduire au salut (lecture du livre de Daniel).

➤ Adorons le Fils de l’Homme venu sur les nuées du ciel.

Point spi : redressons la tête : notre délivrance est proche.

2. Jésus que verront tous ceux qui l’ont transpercé, qui leur fera miséricorde (lecture du livre de l’Apocalypse).

➤ Adorons le Juge dont nous n’avons rien à craindre.

Point spi : soumettons-nous bien volontiers à son jugement.

3. Jésus qui est venu pour porter témoignage à la Vérité (lecture de l’évangile selon saint Jean).

➤ Adorons Celui qui a pu dire : « Je suis la Vérité ».

Point spi : fuyons le mensonge avec horreur.

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