Richard Descoings : Mystère d’une vie

par Tugdual Derville

mardi 17 avril 2012

Après les hommages, une polémique sur la personnalité du directeur de Sciences Po, brutalement disparu, est née d’intellectuels revendiquant leur homosexualité.

Stupeur à l’annonce de la mort du directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris dont le corps a été retrouvé sans vie dans une chambre d’hôtel de New York, le mardi 3 avril. Âgé de 53 ans, Richard Descoings devait représenter la France lors d’une rencontre d’universitaires. Les circonstances de sa mort ne sont pas encore élucidées.

Même si la France s’essaie à la retenue, l’affaire Strauss-Kahn est dans tous les esprits et les Américains ne se privent pas de faire le parallèle. Les rumeurs vont bon train sur la vie privée de ce surdoué, surnommé Richie (pour «  riches-idées  ») dans les locaux de la rue Saint-Guillaume. L’Hexagone réagit sur le mode de l’hommage pudique. Richard Descoings est présenté comme un directeur «  charismatique  », «  adulé  » par ses élèves. En seize ans de mandat, il aurait «  dépoussiéré  » Sciences Po.
Auteur d’un rapport sur la réforme des lycées pour l’actuel gouvernement, cet énarque passé par le Conseil d’État avait également été sollicité par des proches de François Hollande pour tra­vail­ler sur la lutte contre les discriminations. Sa renommée date de la création à Sciences Po d’une filière réservée aux lycéens des zones d’éducation prioritaires. Cette «  discrimination positive  », dont il a levé le tabou, vise à renforcer la promotion d’étudiants issus de milieux défavorisés. Dans le même temps, l’école s’internationalise : 40% de ses quelque 10 000 élèves sont de nationalité étrangère. L’IEP s’est également décentralisé dans six campus de province… Contrepartie de ces évolutions, l’école qui avait été presque gratuite devient coûteuse, jusqu’à 13 500 euros pour une année de master. Un quart des étudiants sont boursiers.

Ces derniers temps, Ri­chard Descoings avait tou­tefois perdu une part de son aura. La polémique sur ses émoluments (24 000 euros par mois + des primes) a sapé son image de bienfaiteur des défavorisés, et peut-être son moral. En décembre 2011 un faux tweet émanant du compte piraté de Richard Descoings avait annoncé sa démission, vite démentie. Il s’était défendu en estimant que le scandale était plutôt à rechercher dans la faiblesse de la rémunération des présidents d’universités. Mais, peu avant sa mort, une cinquantaine d’étudiants de l’IEP avaient encore manifesté contre le train de vie de leur directeur.

Sur le fond, deux nouvelles réformes ont fait grincer des dents : l’irruption à l’IEP des «  études de genre  », obligatoires en première année depuis la rentrée 2011, et la suppression annoncée de l’épreuve de culture générale au concours d’entrée, matière présentée comme trop élitiste.
Alors que les tabloïds américains insinuent que ses ordinateur et téléphone portables — qui ont été jetés par la fenêtre de sa chambre d’hôtel — auraient pu servir à «  commander  » les prestations de prostitués masculins, c’est au sein du milieu «  gay  » qu’a éclaté, en France, une polémique sur la vie privée de cette personnalité dont on avait, tour à tour, révélé l’homosexualité et… le mariage, en 2004, avec une directrice adjointe de l’IEP. Mariage que certains ont vite taxé de «  blanc  ». Chacun aura d’ailleurs noté sur le faire-part officiel de décès, à côté du nom de son épouse, celui de son «  meilleur ami  », Guillaume Pepy, président de la SNCF. C’est ce «  flou  » qui irrite l’activiste homosexuel Patrick Thèvenin, auteur du Petit Livre Rose (Nova éditions). Dans une tribune pour le site Rue 89, il stigmatise un homme qu’il accuse d’avoir révélé aux puissants son homosexualité, et de l’avoir cachée au peuple, pour préserver sa chance… de carrière ministérielle ! Jusqu’à se marier avec une collaboratrice. Réponse outrée, sur le même site, d’Arthur Dreyfus, qui se présente lui aussi comme «  gay  » : «  Si j’éprouve un mépris sans limite pour les homophobes secrètement homosexuels, le patron de Sciences Po n’a, que je sache, jamais tenu le moindre propos douteux à ce sujet, et n’a que modérément caché ses tendances.  » Et Arthur Dreyfus, lui-même ancien élève de Sciences Po de défendre sa conception du mariage : «  N’a-t-on pas le droit de se marier pour d’autres raisons que de coucher ensemble chaque ­soir ? Et si l’amitié, la présence, le dialogue, ou même un avantage fiscal, présidait au choix (légal) d’une union entre deux personnes, quelle délirante arrogance nous permettrait de juger ce choix ?  »

L’on découvre au pas­sage que, pour un mariage républicain désexualisé, s’ouvrent d’étranges perspectives.

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http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130301.OBS0542/richard-descoings-le-fantome-de-sciences-po.html

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2006-03-09/le-hussard-de-sciences-po/917/0/115267

Messages

  • La mort d’un homme est toujours une chose triste (je fais des exceptions pour des êtres tels que Mohamed Merah, Oussama Ben Laden et Saddam Hussein, bien sûr). Parfois cette mort est porteuse d’une terrible logique qu’il n’est pas possible d’ignorer. Avec la mort de Richard Descoings à New York, on a assisté à un étalage d’ignorance volontaire consternant. A lire la presse française, on aurait pu penser que Richard Descoings était un grand réformateur de Sciences Po dans la direction de la tolérance et de l’ouverture. Et on aurait pu penser que sa mort était inexplicable.

    Richard Descoings a, en réalité, introduit à Sciences Po le politiquement correct à doses intensives. Il y a fait entrer la « discrimination positive », qui est l’envers de la méritocratie, puisqu’elle vient récompenser davantage l’origine sociale ou ethnique que le mérite personnel. Il y a supprimé l’épreuve de culture générale, autre signe de nivèlement par le bas. Il y a fait pénétrer davantage encore le relativisme, et y a installé l’enseignement, entre autres, de la théorie du genre, destinée à redéfinir le sexe comme étant non pas biologique, mais l’effet d’une « construction sociale » imposée dont il s’agit de se « libérer » (découle de cette « théorie » une mise sur le même plan de la parentalité et de l’homoparentalité, des familles homosexuelles et des familles hétérosexuelles ou bisexuelles ; l’objectif des défenseurs de la théorie du genre étant de détruire l’ordre social occidental existant, considéré comme « oppresseur ».

    Joignant les gestes à la parole, Richard Descoing a, par ailleurs, fait du prosélytisme homosexuel à Sciences Po (il se proclamait « premier pédé de sciences po ») et s’est affirmé gay, jusqu’à une période récente. Il fréquentait les établissements gay de Paris et du reste du monde, et pouvait y danser nu sur les tables, comme le notait un article du Point en 2006 (http://www.lepoint.fr/). Il ne détestait pas les soirées ressemblant à celles qu’affectionnait Dominique Strauss-Kahn, avec des hommes occupant le rôle des femmes. Disons que des pratiques dites « à risque » impliquent des risques, comme leur nom l’indique.

    La police newyorkaise a constaté un grand désordre dans la chambre de Richard Descoings, la présence de grandes quantités d’alcool, et de substances diverses. Elle a constaté que l’ordinateur de Richard Descoings, jeté par la fenêtre, était resté ouvert sur plusieurs pages de sites de rencontres gay, certaines tarifées. Elle recherche deux hommes jeunes qui ont quitté la chambre avec précipitation le matin du décès de Richard Descoings.

    La presse américaine (cf. par exemple, http://www.nypost.com/gay_hookup_link_in_scholar_hotel) note, de surcroît, que Richard Descoings était marié, que la première personne à être venue reconnaître le corps de Richard Descoings a été Guillaume Pepy, qui dirige la Sncf, et que, dit-elle, en termes élégants, Richard Descoings et Guillaume Pepy ont longtemps partagé le même numéro de téléphone. Elle note que sur des blogs d’élèves de Sciences Po, on appelait Guillaume Pepy le « mari » de Richard Descoings. Elle note que le « mari » de Richard Descoings est venu reconnaître le corps et a accueilli un peu plus tard l’épouse de Richard Descoings.

    Quelques mois après l’affaire du Sofitel, cela constitue l’affaire du Michelangelo, et cela donne à la France, outre Atlantique, une certaine réputation.

    Les Français n’ont eu droit qu’à la version officielle. On ne cesse de leur vanter les vertus de la vie gay. Alors qu’une occasion de parler de ces vertus se présente, on laisse passer l’occasion. C’est regrettable.

    Lors de la prochaine gay pride, j’espère que les organisateurs sauront rendre justice à un homme qui a incarné la fierté homosexuelle, et dire toute la vérité. L’ignorance volontaire disséminé sur le sujet viendrait-elle d’une attitude homophobe des grands médias ? Comment le croire ?

    Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et impérativement le lien html ci dessous :

    © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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    PS : Le site Rue 89 a publié un texte de Patrick Thévenin, du magazine Têtu, appelé « Descoings, homo pour les puissants, hétéro pour les autres ». On y lit, et je me contente de citer : Richard Descoings a eu « le parcours d’un pédé qui avait roulé plutôt à gauche jusque-là, vivait en couple avec un grand ponte de l’industrie, avant de s’inventer une virginité hétérosexuelle ». Puis : « Je me fous de savoir la manière dont Descoings est mort, si les causes sont naturelles ou non, s’il était partouzeur ou pas, si des escorts sont montés dans sa chambre d’hôtel. Ce qui me terrifie le plus est de constater que les plus fidèles défenseurs de la vie prétendument privée de Descoings sont eux-mêmes des pédés blancs, bourgeois, friqués, bien installés, qui vont voter à gauche ».

    Guy Millière : je ne me serais jamais permis d’écrire ces lignes. Dont acte.

  • J’ai entendu pour la première fois le nom de Richard Descoings en lisant à la fin de l’année dernière une interview de ce dernier dans Libération. Le directeur de Science-Po, celui dont on raconte qu’il a donné une dimension internationale à l’institution, qu’il l’a ouverte aux minorités, qu’il a su lui donner un twist de modernité quitte à s’attirer les foudres de l’intelligentsia en supprimant l’épreuve de culture générale, répondait plutôt sèchement, et avec la morgue qu’ont les gens, qui comme lui se sentent supérieurs aux autres, à la polémique concernant ses émoluments : « Quel exemple je ne montre pas ? Le fait que je sois payé comme je le suis est-il une atteinte aux valeurs ? Si je ne faisais rien, si je me battais pour rien, si je n’avais aucun résultat, on pourrait dire que ce n’est pas moral. Comme mes amis conseillers d’Etat, j’aurais pu partir dans un cabinet comme partenaire et on ne serait pas en train de discuter 25 000 euros. J’ai choisi de rester, sachant que je serai beaucoup moins payé. »

    Qu’importe si le bilan de Descoings à la tête de Science-Po est plutôt positif et si ses anciens élèves la larme à l’œil tiennent à lui rendre hommage mordicus. Ce qui m’intrigue dans cette sombre histoire, ce qui me met la puce à l’oreille et ce qui me choque est tout autre : l’annonce du cadavre de Descoings retrouvé nu dans une chambre d’hôtel de New York, avec de l’alcool et des médicaments à proximité, un certain désordre, des témoins qui disent avoir entendu des bribes de conversation, des « garçons » qui lui auraient rendu visite, un ordinateur portable et un téléphone jetés quelques étages plus bas… N’importe quel gay, à l’annonce de ces quelques indices, sait très bien de quoi il en retourne. Même si on peut se tromper, évidemment.

    Bien sûr, comme toujours dans ces cas-là, et l’affaire François-Marie Banier l’a bien prouvé, la presse française s’est bien gardé de dévoiler le principal élément de l’histoire, qui malgré ce que certains essaient de nous faire croire a plus que son importance : Richard Descoings était gay. Il faut avouer que depuis quelques années, celui dont on dit qu’il aurait un jour déclaré en amphi comme une boutade, « Je suis le premier pédé de Science-Po », a redessiné les cartes de son CV. Il s’est marié en 2004 avec sa collaboratrice, Nadia Marik, directrice adjointe de l’école et mère de deux enfants. Dans l’article de Libération dont il est question, alors qu’on ne lui pose même pas la question, il déclare, couteau entre les dents : « Je refuse toute paranoïa. C’est possible, mais je préfère être naïf que conjurationniste. Ce que je vois, c’est qu’à un moment donné, on s’est mis à parler sexe, argent et culture générale. On a fait mon outing forcé dans les colonnes du Monde. Je ne vois pas ce que ma prétendue homosexualité a à voir. C’est en plus survenu à l’occasion de mon mariage. Que répondre ? Que je ne suis pas homosexuel ? Non, rien. Lorsque vous n’êtes pas marié, personne n’a le droit de mentionner que vous êtes avec quelqu’un, c’est le secret de la vie privée. Quand je publie mes bans de mariage, on peut dire des horreurs sur ma femme [directrice de la stratégie à Sciences-Po, ndlr], personne d’une grande compétence, et sur moi. » Les horreurs dont soi-disant Le Monde s’est fait l’écho, excusez-moi, consistaient en ces quelques lignes, lors d’un portrait consacré à Nadia Marik : « À la surprise générale elle l’épouse [Richard Descoings], lui qui n’avait jamais caché son homosexualité. »

    En fait, le seul média à affirmer ouvertement que Richard Descoings était gay, à la suite de son décès, fut un site anglais. Rien d’étonnant : les British sont bien plus à l’aise que nous avec le fait de mettre les mots sur les choses, le communautarisme ne leur a jamais fait peur et le militantisme homosexuel non plus, merci Peter Tatchell… Pendant ce temps-là, la presse française marchait sur des œufs, il fallait fouiller loin sur le web pour trouver une trace où Descoings parlait de son homosexualité dans un article (Le Point en 2006). Dans sa nécro, Libé le traitait d’iconoclaste (ah, ah, ah)… Les principaux sites gay d’information quant à eux, se contentaient de reprendre les dépêches AFP, certainement angoissés par l’idée de donner une image pas très reluisante de l’homosexualité, mais surtout déboussolés par le parcours d’un pédé qui avait roulé plutôt à gauche jusque-là, vivait en couple avec un grand ponte de l’industrie, avant de s’inventer une virginité hétérosexuelle et de fricoter avec Sarkozy… Finalement seul Le Figaro se laissait lire entre les lignes : « Guillaume Pepy, patron de la SNCF, a été appelé par Nadia Descoings, l’épouse du directeur de Sciences Po Paris décédé mardi à New York, pour qu’il se rende dès que possible sur les lieux du drame. Compte tenu de l’amitié très proche qui lie M. Pepy à la famille Descoing", et alors qu’il se trouvait à Montréal depuis hier matin pour des raisons professionnelles, il lui a été demandé de se rendre à New York pour accueillir l’épouse de Richard Descoings. Nadia Descoings doit arriver cet après-midi à New York, accompagnée des deux enfants de son premier mariage. »

    Le plus fascinant dans cette nouvelle sordide, c’est que sur les réseaux sociaux, ou dans les commentaires relatifs à l’affaire, les homos eux-mêmes prirent le parti de défendre le droit de Descoings à cacher sa sexualité. Ce qui, pour un homme à la tête d’une institution censée former les élites de demain, et payé avec nos impôts, a de quoi faire peur. On se serait cru revenu aux années 80, avec les mêmes raisonnements ressortis de la naphtaline. Ce qui n’était guère étonnant : même surpris la tête dans leur caca, certains homos ont encore le culot de vous expliquer qu’ils ont glissé. On a donc eu droit aux arguments habituels de la dépouille encore fumante, du droit à la vie privée, du choix de ne pas avoir à déclarer sa sexualité, blah, blah, blah… Certains osaient même sans ciller, déclarer que l’homosexualité de Descoings n’avait jamais été un mystère. Un ancien élève : "Je me souviens l’entendre faire des allusions à ça dans des discours en petit comité à l’école. Il était engagé, et plus encore dans les dernières années. Je crois qu’il avait été sur le char de l’école durant une Gay Pride, et si je me souviens bien le journal de Sciences-Po l’avait relayé en référence direct à son homosexualité… Nous savions aussi qu’il était marié (et Pepy était témoin au mariage, non ?!), mais il n’y a pas nécessairement contradiction, si ? On peut dire des choses différentes à différentes audiences, certes, mais Descoings n’a jamais été planqué, tout le moins de mon point de vue. »

    Désolé les gars de vous décevoir là-dessus, mais oui il y avait contradiction et non, Richard Descoings n’a jamais vraiment fait son coming-out, du moins de manière publique. Que les choses soient claires : il présentait toutes les caractéristiques de la pédale planquée. Il était gay avec ses amis proches (ceux qui méritaient de savoir), il s’amusait à faire la folle avec ses étudiants, les soi-disant futures élites de la République, mais il n’était pas gay pour le « gros du peuple" (ceux dont il n’avait rien à foutre en fait). Comme beaucoup de pédés blancs, friqués, haut placés dans l’ascenseur social, Descoings semblait parfaitement à l’aise avec la notion de coming-out à deux vitesses : homo for those who know, hétéro for those who don’t need to know. Gay à la cour des puissants parmi ceux qui décident, straight dans le monde réel, au milieu de ceux qui subissent. Un coming-out élitiste en somme ; comme tout ce que Descoings représentait et défendait si bien… Comment expliquer alors que l’évocation de ce secret de polichinelle dans les colonnes du Monde ait tellement perturbé Descoings qui a cru bon dégainer les grands mots de complot, horreur et de outing, lui « le premier pédé de Science-Po » ? Mais surtout comment ne pas être dégoûté par tous ces homos qui croient bon de défendre les gays planqués quand ils sont riches et puissants en se retranchant derrière cette notion bâtarde de vie privée. Alors qu’on sait très bien qu’il est tellement plus facile d’être ouvertement homosexuel quand on a le trio gagnant : éducation, argent et position sociale ou qu’on gagne plus de 25.000 euros (et je ne compte pas les primes) par mois comme Descoings !

    Je me fous de savoir la manière dont Descoings est mort, si les causes sont naturelles ou non, s’il était partouzeur ou pas, si des escorts sont montés dans sa chambre d’hôtel. Ce qui me terrifie le plus est de constater que les plus fidèles défenseurs de la soi-disant vie privée de Descoings sont eux-mêmes des pédés blancs, bourgeois, friqués, bien installés, qui vont voter à gauche alors que leur manière de se conduire est fondamentalement de droite. Pas besoin de se pencher beaucoup pour attraper le fond de leur pensée dans la cuvette : tous ces homos qui sont soi-disant contre l’outing et pour le respect de la vie privée, ne pensent en fait qu’à leur gueule car dans leur petite tête, finalement ils font l’équation suivante : “Si un jour, j’étais amené à avoir un poste haut placé, faudrait voir à ce qu’on sache pas trop que j’en suis une (de tapette, of course), on ne sait jamais, ça pourrait me jouer des tours… “ Comme par hasard, au moment même où Descoings n’était plus gay, il se murmure que le grand homme avait des ambitions ministérielles…

    À tous ces gays nombrilistes, qui ont le don de rejeter leur propre violence et leurs contradictions sur les autres, et notamment sur les pédés comme moi qui se posent la question morale de l’entretien de la honte qui pèse sur nous par certains personnages publics, j’ai juste envie de répondre que je n’aurais pas aimé être le mec, voire l’ami, d’un mec comme Richard Descoings. Que je n’aurais pas souhaité dans une épreuve aussi difficile qu’un deuil que les médias et la famille me présentent comme “un ami très proche ».

    C’était ce qu’on disait dans les années 80, quand les pédés crevaient comme des mouches du sida. Qu’on en soit réduit à la même hypocrisie plus de trente ans après me fout la gerbe parce que tous ces mecs sont morts pour rien. Mais aussi parce que comme le résume, mieux que je ne le ferais, mon amie Amélie Couture : « Finalement l’attitude de Descoings équivaut à dire au monde, à la société, que les histoires homosexuelles ne comptent pas, que son couple ne comptait pas, que l’amour ne compte pas. Je ne vois pas la vie privée protégée là-dedans, je vois une vie publique et une carrière protégée. » Tout pour ma pomme, CQFD !

    http://www.minorites.org/index.php/3-lagence/1298-richard-descoings-le-coming-out-a-2-vitesses.html

  • Le Mariage civil n’a rien à voir avec les pratiques sexuelles, ni même avec l’identité sexuelle, encore moins avec l’amour que se portent les deux époux (Ce qui n’est pas le cas du Mariage religieux...bien que certaines églises n’aient pas hésité à en dénaturer l’objet).

    C’est une institution qui concerne la Société et les époux, pourvu qu’ils soient de sexe différents, et qui est destiné à assurer une sécurité dans leur filiation officielle aux enfants.

    L’homosexualité d’une personne est une affaire intime, qui la regarde elle-même. L’exhibitionnisme n’est pas une obligation, et je ne vois pas qu’elle fierté on peut tirer d’être homosexuel ou hétérosexuel !

    Au nom de quoi certains se permettent-ils de faire des "coming out" sauvages, qui plus est, sur le dos d’une personne décédée !

    Ce comportement est écoeurant et indigne !

    D’autant plus que d’autres, vivantes, peuvent en pâtir !

    Il y a des lois contre l’homophobie, je ne sais pas si il y en a pour ceux qui violent la vie privée de leurs concitoyens, de la sorte ?

    Mais si elles n’existent pas il faudraient les inventer, ce genre de révélation, peuvent être assimilé à un viol, et devrait être sévèrement puni ! La vie intime des personnes, dès lors qu’elle n’est en rien contraire à la loi, devrait être respectée...

    Sauf bien sûr si ces gens sont des militants, car là il faut avoir l’honnêteté de dire "d’où l’on parle" et ne pas avancer masqué, sous le prétexte de l’ouverture d’esprit, du sens de l’histoire, des droits de l’homme, ou que sais-je !

    Sauf bien sûr, si leur homosexualité a joué un rôle dans leur carrière...
    Sauf si l’homosexualité est un critère pris en compte pour la carrière des autres...

    Une personne publique qui défend le mariage gay devrait avoir l’honneté d’informer les autres qu’elle prêche en réalité pour sa paroisse, en particulier si elle est journaliste ou politicien !

    Là au contraire, cette information est de salut public !

    Car ainsi le public, pourra mesurer l’ampleur du lobby GLBT et comprendre l’unanimité qui règne dans les media, la mode, le show-bizz,etc... sur ces sujets ; ainsi que de la propagande qu’il est capable de distiller, et des postes qu’il est capable de truster !

    Si a valeur égale, c’est le fait d’être homosexuel qui a conditionné le choix, alors c’est un comportement aussi répréhensible que l’inverse !
    Et il devrait être condamné. Idem pour la promotion canapé...

  • Les éloges indécents adressés à Richard Desoings après sa mort pour le moins mouvementé me font penser au film génial d’Hithckok » l’ombre d’un doute’ où l’on voit à la fin une jeune fille « Charlie » écoeurée de l’avalanche déjà politiquement correct de sa ville dresser un statue à un oncle mort pour le moins inquiétant et pervers.( joué par l’inopubliable Joseph Cotten )
    Que Richard Descoings soit homo déclaré, demi déclaré, ou non , on s’en moque, il n’est pas le premier ni de dernier dans le marigot politique, que sa mort soit probablement violente, cela signe son destin , mais qu’il ait délibérément imposé le gender à Science-Po, au mépris de tout débat contradictoire vrai selon des élèves, qu’il ait supprimée la culture générale, et discriminé des étudiants pauvres mais venant d’ailleurs que la banlieue sensible pose problème ou « fait hennir les constellations » comme disait le regretté Léon Bloy ( dans ce cas là ! )
    • Méthode soviétique ou pire pour le gender, son refus de la culture générale est exactement aux antipodes de la grande tradition chrétienne, qui est de creuser notre liberté d’enfant d e Dieu, dans le spas et à la lumière de ceux qui nous précèdent,(et même de notre humanisme ) – pensons à l’origine sociale modeste d’un Suger !- quant à son salaire il est simplement écœurant quand on sait que l’enseignement ou la direction d’école est un sacerdoce
    Qu’on respecte un mort par décence, soit, qu’on lui tresse une statue alors qu’il a été un destructeur grave ; Non, non et non.

  • C’est aussi le mystère d’une mort. Dix sept jours après la mort de Richard Descoings, les résultats de l’autopsie et des analyses toxicologiques devraient être connus, connaissant la "politique d’ouverture" de la justice américaine, dont elle a amplement témoigné à propos de l’affaire, peut-être analogue, qui s’est déroulée dans un autre hôtel de luxe à New-York. Je suis peut-être mal renseigné, mais je n’ai rien vu de décisif à ce sujet depuis que, le 11 avril, j’avais rédigé pour mon usage personnel l’aide-mémoire suivant :
    "L’autopsie, espérons le, permettra d’établir la cause de la mort de Richard Descoings - les Etats-Unis sont un pays où la Justice est moins dépendante du pouvoir qu’elle ne l’est souvent ailleurs. Si, comme des indications parues dans la presse sur ce qui a été trouvé dans sa chambre d’hôtel le laisseraient penser, la cause de sa mort était le suicide par l’association (classique) alcool-médicaments (hypothèse corroborée par le « ronflement » entendu à 9h par la femme de chambre, stertor du coma toxique, en anglais argotique « the gargle ») chez "quelqu’un qui avait tout pour être heureux", l’analyse de sa personnalité se poserait en termes différents : « … infatigable et pourtant parfois distant et comme lassé » (Le Figaro) ; « antidépresseurs épars » (ibidem) : on évoque une forme, dite bipolaire II, de la psychose maniaco-dépressive. Nous avons montré (PERRI C., DE VITO O., FONCIN J.-F., BRUNI A.C. : Correlation between mood disorder and fitness. Am. J. of Med. Genet. (Neuropsychiat. Genet.) 2002 114 714.) que cette forme était souvent associée à une „réussite“ biologique et sociale remarquable. Un élément de plus en faveur de l’hypothèse du suicide est la découverte de boites d’un antidépresseur dans la chambre 723. On sait depuis 1962, ou plutôt on devrait savoir, car ce fut rappelé il y a peu, que le traitement par les antidépresseurs vrais d‘une dépression survenant au cours d’une maladie bipolaire peut, au début, en transformant l’état dépressif en état mixte, libérer les pulsions suicidaires, et nécessiter une surveillance adéquate et/ou une couverture pharmacologique."
    Je pense que, pour l’interprétation de la personnalité de Richard Descoings et de son rôle à la tête d’un très important établissement d’enseignement supérieur, la prise en compte d’un éventuel trouble mental assez grave pour causer finalement un suicide est plus importante que la discussion d’une homosexualité et de la manière dont elle a été ou non assumée.

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