Traduit par Charlotte

Qu’est-ce qui peut nous unir, nous Catholiques ?

par Anthony Esolen

mardi 23 juillet 2019

Au milieu de nos divisions regrettables et limitées dans le temps en ce qui concerne la politique partisane, je me demande s’il est possible de proposer un ensemble de principes fondamentaux pour lesquels tous les catholiques pourraient être d’accord. Voici ma tentative :

1. Tous les principes du credo de Nicée sont vrais sans réserve ni équivoque. Le Père est le Père, de qui provient toute paternité comme de sa source originelle. Ce n’est pas un simple nom d’usage. La paternité humaine est simplement analogique par comparaison. Le Fils est le Verbe coéternel « par qui tout a été fait ». Le Saint Esprit procède coéternellement du Père et du Fils. Le Verbe a été incarné par la Vierge Marie, et fait homme, pour souffrir et mourir pour nous et pour nos péchés, et il a ressuscité, de même que toute chair ressuscitera.

2. Les paroles de Jésus sont pour toujours impératives. On ne doit jamais les rendre simplement relatives à son lieu et à son époque. Quand il s’agit de Dieu, de la foi, du bien et du mal, de l’homme et de son destin, nous ne devons jamais supposer que nous savons mieux que le Seigneur. Car il est notre Seigneur. Il ne doit pas être traité avec condescendance ni réduit à la grandeur historique. Lui seul a « les paroles de la vie éternelle. »

3. Il n’est pas impossible que le Christ, qui a des troupeaux que nous ne connaissons peut-être pas, sauve ceux qui ne savent pas qu’ils sont sauvés par l’intermédiaire de son Eglise. Cependant, on ne peut pas le présumer dans le cas d’individus ou de peuples. Il est impératif d’évangéliser. « Allez, » dit le Seigneur, « et faites des disciples de toutes les nations. »

4. Le Seigneur a voulu que nous arrivions à Le connaître par l’intermédiaire d’autres êtres humains en général, et de l’Eglise en particulier. Par conséquent, nous devons résister à toutes les tentations de placer les paroles et l’exemple du Seigneur d’un côté, et les enseignements des apôtres et de l’Eglise de l’autre, comme s’ils s’opposaient, ou comme si les lettres de Saint Paul ou des autres auteurs apostoliques pouvaient être dénigrées ou ignorées.

5. Les enseignements de l’Eglise concernant le sexe, le mariage, et la vie de famille sont vrais, salutaires et libérateurs. On peut les découvrir par la raison naturelle et par la lecture sans contrainte des Ecritures et des paroles du Seigneur Lui-même. Les péchés contre eux détruisent la personne, la famille, et le bien commun, et causent un préjudice particulièrement grave, matériel, social et spirituel aux enfants et aux pauvres. La séparation du mari et de la femme peut être un mal nécessaire dans certains cas, tout comme l’amputation d’un membre gangrené, mais c’est quand même un grand mal social, même lorsque c’est permis moralement.

6. Le commandement d’aider les pauvres est absolu et personnel. Tous les catholiques doivent s’y engager. La pauvreté matérielle peut être prioritaire dans l’ordre des urgences, comme un homme mourant de soif a besoin d’eau avant d’avoir besoin d’un sermon. Mais comme l’âme est plus grande que le corps, la pauvreté morale, intellectuelle et spirituelle est plus terrible que la pauvreté matérielle, et nous avons l’ordre de soulager celle-ci aussi ou d’y remédier.

7. La vie humaine est sacrée. Une vie humaine innocente ne doit jamais être retirée intentionnellement. Cela inclut notre propre vie. Nous sommes faits à l’image de Dieu, et par conséquent, lorsque nous rencontrons une vie humaine nous sommes en terre sainte : nous nous tenons dans la lumière de celui pour qui Dieu a créé le monde. Nous ne pouvons pas non plus rester les bras croisés pendant que les malades et les affamés ont besoin de nos soins, car ce que nous faisons « aux plus petits, » les malades, les mourants, les sans-abri, les enfants à naître, nous le faisons au Christ Lui-même.

8. Tout ce que nous possédons vient de Dieu et est destiné à Le servir et Le glorifier. Notre corps ne nous appartient pas et nous ne pouvons pas le supprimer à notre gré. Nos biens matériels ne nous appartiennent pas et nous ne pouvons pas nous en passer à notre guise. C’est un fait de notre existence : nous sommes des créatures. Les pécheurs que nous sommes ne doivent jamais l’oublier, car nous avons été « achetés à un prix. »

9. Comme le sabbat est le couronnement de la semaine, tout notre travail aussi devrait être orienté vers le sabbat, sa joie et son repos, la gloire que nous donnons à Dieu, et notre rencontre avec d’autres êtres humains dans l’intérêt du bien commun sur la terre et pour un avant-goût du bien éternel à venir. Travailler dans pour le travail est une forme de paresse spirituelle appelée acédie.

10. Le monde du travail rémunéré devrait être organisé en vue de procurer un emploi rémunéré aux hommes valides ou sans handicap mental avec des salaires suffisants pour subvenir aux besoins de leurs femmes et de leurs enfants d’une manière convenable. Cela ne veut pas dire que les femmes ne doivent pas travailler. Cela veut dire que le premier objectif d’une politique sociale juste en matière de travail et de salaires est la santé du ménage, car c’est ce que le mot même d’économie implique.

11. Comme la levure fait lever toute la pâte, la foi catholique devrait faire lever toutes les caractéristiques de l’école catholique : en ce qui concerne ce qui est enseigné, comment c’est enseigné, et qui l’enseigne. Les enseignants catholiques doivent, dans leur vie publique, être des témoins des vérités de la foi.

12. L’adoration est le devoir solennel et joyeux que nous devons à Dieu. Toutes les caractéristiques de la messe doivent être orientées ad Deum : Patrem et Filiium et Spiritum Sanctum. Le culte qui tourne une congrégation vers l’intérieur est déficient pour le moins, même quand il est entrepris avec de bonnes intentions. La messe ne doit pas être diminuée en événement social. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu, » dit le Seigneur. Si nous ne le faisons pas, nous serons semblables à ceux qui ont peu, « et même le peu qu’ils ont leur sera enlevé. » Car l’homme est ce genre de créature qui n’est unie que d’en-haut : notre fraternité dépend de notre reconnaissance de la paternité de Dieu.

Qu’en pensez-vous, camarades catholiques ? Pouvons-nous nous accorder au moins sur ces points ?

21 Juillet 2019

Image : La communion des apôtres par James J. Tissot, c.1890 [Brooklyn Museum]

Source : https://www.thecatholicthing.org/2019/07/21/what-can-unite-us-catholics/

Messages

  • Un problème de rédaction dans la dernière phrase de l’article 9 (que je copie-colle) ? "Travailler dans pour le travail est une forme de paresse spirituelle appelée acédie." = ?

  • Comme camarade catholique, je suis en accord avec les points 2 à 12. Pour le point n°1 : une remarque " a été incarné" est une formule peu précise par rapport au credo (par l’Esprit Saint et d’autre part qui est le sujet ?). Un point de discussion ; la formule "Le Saint Esprit procède coéternellement du Père et du Fils" n’est pas reçue par les églises d’Orient tant orthodoxes que catholiques uniates. Bref, pour la mission et la pastorale, l’Eglise catholique est à la pointe mais un peu d’orthodoxie dans sa doctrine pourrait peut être favoriser la communion recherchée.

  • réf. : 26 juillet, 09:47

    A propos d’"acédie" : ce mot est revenu plusieurs fois au cours des siècles avec quelques différences, probablement mineures, du sens. Dans le contexte de l’article, peut-être que "acédie" pourrait décrire quelque "affadissement", ou "tristesse" ou encore "manque d’intérêt ou d’enthousiasme". D’où,"travailler pour travailler", sans vision, sans but, est stérile.

    réf. : 26 juillet, 17:47

    Il s’agit là, sauf erreur, de la question du Filioque, souvent évoqué dans des forums de France catholique. Reconnaitre que, "pour la mission et la pastorale, l’Eglise catholique est à la pointe" a quelques chose de réconfortant alors qu’ici et là on n’a de cesse que de l’attaquer. Allant plus loin et pour "peut-être favoriser la communion avec les autres Eglises" il est comme suggéré, sauf erreur, d’injecter ou, pour l’exprimer autrement, d’introduire "un peu d’orthodoxie dans la doctrine" de l’Eglise catholique. Le cheminement et la succès d’une démarche commune seraient-ils le fruit d’un laborieux dosage ("un peu de ceci" un peu de cela") de quelques ingrédients pris dans le panier du voisin ou du frère ?

    Ou bien la route vers une totale fraternité ne devrait-elle pas être plutôt ponctuée d’actes de bonne volonté et surtout, surtout de prières afin "que Tous soient Un comme..." ?

  • Celui qui peu à offrir, même le peu qu’il a lui sera enlevé. Cette parole devrai nous alerter. Que dis-je nous ALARMER car nous les catholiques avons trop peu d’amour à offrir à notre prochain, nous sommes donc en danger de mort spirituel avec le risque que le peut qui nous reste, nous soit enlevé.

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