Chronique n° 286 parue dans F.C.-E. – N° 1593 – 24 juin 1977

QU’EST-CE QUI N’EST PAS DANS LE TEMPS NI L’ESPACE ET QUI EST INFINI ?

Le désaveu de la physique qui ne serait que physique

lundi 17 mars 2014

Si le lecteur se rappelle ma dernière chronique [1] (F.C.-E. du 17 juin), il y était dit que les phénomènes quantiques se comportent comme des ondes tant qu’ils ne sont pas détectés, que quand on les détecte on les perçoit alors (à l’aide des appareils) comme s’ils étaient non des ondes mais des corpuscules, et qu’aussitôt détectés ils cessent d’être ce qu’on a perçu et se transforment en autre chose.

Or, tous les phénomènes élémentaires sont des phénomènes quantiques. Il n’y en a pas d’autres. C’est sur ce mécanisme que fonctionne la nature tout entière, y compris notre corps, notre système nerveux, notre cerveau pensant.

Chaque fois que vous lisez le mot « particule » dans une information, ou que vous l’entendez dans la bouche d’un savant à la TV, il s’agit de cette entité « monstrueuse ». Un fantôme secouant ses chaînes dans un vieux château, c’est étonnant mais infiniment moins qu’un photon, par exemple – le photon, qui fait la claire lumière du jour [2].

Je connais des physiciens tellement révoltés par la nature des calculs qu’ils sont obligés de faire pour expliquer et prévoir ce qui se passe dans leurs expériences, qu’ils en sont venus à dire : « Oui, c’est ainsi qu’on est obligé de faire, mais je préfère n’y pas penser ». J’en sais qui trouveraient moins angoissant de croire aux tables tournantes, si cela pouvait les débarrasser de la physique quantique. On sait qu’Einstein lui-même, qui n’admit jamais que les choses se passent réellement comme elles font, disait, vieillissant et ne trouvant aucune explication raisonnable : « Si j’avais su, je me serais fait plombier ».

Cependant, après un demi-siècle passé à méditer l’inconcevable, les plus audacieux des savants ont fini par s’y faire, et même par y trouver un nouveau motif d’enthousiasme et d’espoir. Un espoir tellement démesuré que, s’il se réalise, c’en est fait de l’homme tel qu’on le connaît ou croit le connaître. En physique comme en tant de domaines, il semble que l’on soit en train de vivre la fin du monde, du monde humain, s’entend.

Il est difficile de comprendre l’ampleur de ce qui se passe. Voici une analogie qui peut-être précisera un peu celle que j’avais proposée dans mon dernier article.

Vous vous trouvez devant un mur percé d’un trou. Si vous regardez par le trou, vous ne voyez rien. Cependant, vous avez un moyen de savoir que derrière le trou il n’y a rien de palpable (quel moyen ? je ne sais lequel imaginer qui corresponde à la réalité et à mon analogie. Admettons que deux mètres derrière le mur il y ait un autre mur formant un écran translucide, et qu’en projetant de la lumière par le trou, vous puissiez contrôler qu’aucun obstacle ne se projette jamais sur l’écran). Donc il n’y a rien de palpable derrière le trou. Cependant, si vous introduisez la main, des objets en nombre infini se forment dans votre main, puis disparaissent aussitôt que vous les avez identifiés.

Maintenant, à quoi sert cette aberrante machine ? à donner une faible image de la nature. La nature tout entière est faite de ces entités qui n’existent pas telles que vous les percevez et qui disparaissent aussitôt perçues.

Les physiciens américains ont inventé tout un vocabulaire pour suggérer la nature inconcevable de cette réalité qu’étudie la physique : foam (écume), essence noise (bruit fondamental), etc. Dans la conception proposée par Wheeler [3] (que conteste Costa de Beauregard) tout ce qui est ne cesse de passer de l’être au non-être, en une sorte de vibration mathématiquement descriptible. Au « moment » du « passage », les phénomènes élémentaires manifestent la structure de leur organisation (particule, noyau, atome, molécule, cellule organique, être vivant – et même, disent la plupart des disciples de Wheeler, être spirituel).

Mais en même temps, et ici je cite l’un d’eux, Jack Sarfatti, de Berkeley [4], il faut admettre que chaque singularité (particule, etc.), tout en se manifestant dans l’espace-temps, n’en est pas moins au-delà de l’espace-temps : « Et puisque ce qui est au-delà de l’espace-temps est non-physique, incommensurable, toutes les lois physiques s’effondrent là où est la singularité. Le non-spatial, non-temporel, est en toutes choses. Ce quelque chose qui est au-delà de l’espace et du temps, peut-être est-ce en connexion avec notre pensée ? Peut-être que cela nous influence dans le temps et l’espace ? Ne serait-ce pas la Pure Conscience ? (a) [5].

La dernière question soulignée paraît exorbitante. Quoi, la conscience, la Pensée (avec une majuscule) au sein des choses, au sein de toutes choses ? et agissant sur nous ? Je dois admettre, ayant beaucoup lu les physiciens qui en sont arrivés là, ayant beaucoup correspondu avec eux, en ayant rencontré quelques-uns, que ce genre d’interrogations manifeste la rencontre de plusieurs types de méditations, qui ne relèvent pas toutes de la physique proprement dite.

Pourtant, la question la plus vaste et la plus surprenante était bien là, depuis des décennies, scellée dans les équations de la physique. Mais il était admis jusqu’ici que certains cas particuliers de ces équations, appelés pudiquement « divergents » parce qu’ils faisaient apparaître des valeurs infinies, ne devaient pas être pris en considération.

Exemple : la masse ou la charge seraient infinies au centre des particules (qui ne sont pas des particules). On admettait que cela est absurde. À la réflexion, une autre interprétation est venue : ces valeurs infinies, physiquement impossibles, expriment simplement le non-physique, qui dès lors est au cœur de tout. Ou plutôt (comme le disent Sarfatti, Penrose [6] et d’autres), elles expriment les bornes du physique. La réalité ici sort du temps, de l’espace, de toutes les lois physiques : « Toutes les lois physiques s’effondrent là où est la singularité » (voir plus haut).

Alors, ce qui n’est pas physique, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce, se sont demandé ces physiciens, qui n’est pas dans le temps ni l’espace et qui est infini ? Comme ces physiciens sont tous jeunes (moins de quarante ans), qu’ils vivent depuis les débuts de la révolution américaine des années 60 dans une atmosphère imprégnée de spiritualité orientale, ils ont franchi le pas. Inutile de préciser que cette partie de leurs spéculations est rarement publiée dans les revues respectables de physique ! Ils savent les limites à ne pas dépasser dans ces revues-là, et en ont créé d’autres où en revanche l’on dit tout (b) [7]..

J’ai dit plus haut que Costa de Beauregard, qui en France médite sur la partie strictement physique des mêmes problèmes, ne partage pas les vues de ces physiciens américains [8]. Cet esprit éminent vient d’une tout autre région de la physique, où s’illustra un autre grand physicien français, Léon Brillouin : la thermodynamique, la physique statistique, la signification du temps [9]. Mais la convergence est évidente, et il semble que ce soit par la force des choses.

En réfléchissant à la flèche du temps, M. Costa de Beauregard en est venu à considérer la possibilité de phénomènes où cette flèche s’inverse, et que l’on verrait se dérouler comme des films passés à reculons. Or, de tels phénomènes semblent bel et bien exister.

Mais alors que signifient-ils ? Une finalité, une structuration anti-hasard, M. Costa de Beauregard emploie même le mot de « volonté » pris dans le sens de Schopenhauer, c’est-à-dire opposé à « représentation », mais n’est-ce pas là l’activité propre de la conscience ?

D’où qu’on la prenne, la physique la plus moderne nous conduit au désaveu de la physique qui ne serait que physique.

Aimé MICHEL

(a) Bob Toben et Jack Sarfatti : Space Time and Beyond (Dutton, New York, 1975).

(b) Par exemple Psychoenergetics.

Chronique n° 286 parue dans F.C.-E. – N° 1593 – 24 juin 1977. Reproduite dans La clarté au cœur du labyrinthe, Aldane, Cointrin, 2008 (www.aldane.com), pp. 49-51.


Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 17 mars 2014


[1Il s’agit de la chronique n° 285, La dernière serrure – Un monde en dehors de l’espace et du temps, mise en ligne le 20.01.2014. Ces chroniques font partie d’une série consacrée aux fondements de la physique et à l’interprétation de la physique quantique (voir les autres liens en note 3) qui se poursuivra la semaine prochaine. Il est possible qu’Aimé Michel ait été le seul journaliste scientifique de l’époque à attirer l’attention de ses lecteurs sur ce sujet alors peu prisé mais qui a acquis depuis ses lettres de noblesse comme on va le voir.

[2Il est regrettable que le terme de « particule » pour désigner des « objets » quantiques comme les électrons et les photons se soit imposé, notamment à travers l’expression commune de « particules élémentaires ». Il aurait bien mieux valu un mot nouveau, « quanton » par exemple, qui n’aurait pas imposé cette image d’une petite bille, si éloignée de la réalité irreprésentable.

[3John Wheeler (1903-2008), l’éminent physicien d’Austin, « prophète de la nouvelle physique » a, l’un des premiers, conclut qu’au fondement des choses, dans la réalité subquantique, il n’y a « ni espace-temps, ni temps, ni avant, ni maintenant, ni après » (chronique n° 282, Le quark piégé – Une nouvelle physique sans espace, ni temps, 27.05.2013). Sur Wheeler, voir aussi les chroniques n° 283, L’arroseur arrosé – De Brillouin à Wheeler : l’Esprit qui voit et sait dans la physique contemporaine (08.07.2013) et n° 412, Critique du beau livre que je n’ai pas lu (01.06.2009).

[4Jack Sarfatti était un « disciple de Wheeler » comme l’écrit Aimé Michel dans une chronique précédente (n° 282, ci-dessus) mais les deux hommes appartenaient à deux mondes différents. Né en 1903, Wheeler était allé se former chez Niels Bohr à Copenhague dans les années 30, à l’âge d’or de la physique quantique où les Américains qui voulaient devenir physiciens théoriciens devaient se rendre en Europe. Après la guerre et sa participation au projet Manhattan, il eut souvent l’occasion d’accueillir Bohr à Princeton avant de s’installer à l’Université du Texas à Austin en 1976. Dans les années 70, Wheeler était devenu un physicien éminent, pleinement reconnu par ses pair, grâce à ses travaux en mécanique quantique et en relativité générale, discipline qu’il contribua à relancer à une époque où elle avait perdue de son attrait en raison de son manque de lien avec l’expérimentation (c’est lui qui lança les expressions « trou de vers » et « trou noir » qui connurent les succès que l’on sait).

Sarfatti, après une licence de physique à l’université Cornell et un court séjour à l’équivalent britannique du CEA à Harwell, avait obtenu sa maîtrise à l’université de Californie à San Diego en 1967 et son doctorat à Riverside en 1969. Tout en enseignant au San Diego State College (aujourd’hui University), il participa comme conférencier à des écoles d’été financées par la National Science Foundation, publia une dizaine d’articles sous le nom de Sarfatt dans des journaux de physique réputés et passa l’automne 1973 au Centre International de Physique Théorique à Trieste à l’invitation de son directeur (et bientôt lauréat du prix Nobel) Abdus Salam. Mais à partir du printemps 1974, la carrière de ce jeune physicien plein de promesses commença à diverger de la voie classique : au lieu d’un poste universitaire, Sarfatti de retour à Berkeley, se lança dans une carrière indépendante généreusement financée par Werner Erhard, un milliardaire qui avait bâti sa fortune sur le développement du « potentiel humain » et qui se passionnait pour les étranges enseignements de la physique relativiste et quantique.

Comment comprendre ce choix inattendu ? Deux évolutions majeures du monde de la recherche l’expliquent. La première, conjoncturelle, fut la fin brutale du soutien du Pentagone à la recherche fondamentale en physique au début des années 70 du fait du coût de la guerre au Vietnam et du réchauffement des relations avec l’URSS. Pendant les deux décennies précédentes, la guerre froide avait conduit à une croissance exponentielle du nombre de physiciens formés aux États-Unis : il s’agissait à la fois de ne pas se laisser distancer en matière technologique par l’adversaire soviétique et d’avoir un personnel prêt en cas de guerre ouverte. Quand cette politique fut abandonnée les jeunes physiciens américains se trouvèrent sans emploi presque du jour au lendemain. Jack Sarfatti et nombre de ses amis étaient du lot. La seconde raison, plus profonde, fut le climat intellectuel qui s’instaura chez les physiciens dès la fin des années 30 et persista jusqu’à une date relativement récente. Les discussions passionnées des fondateurs de la physique quantique sur la signification des résultats qu’ils avaient obtenus, en particulier les débats entre Einstein et Bohr, laissèrent rapidement place à une attitude beaucoup plus pragmatique : les physiciens dans leur majorité se dirent qu’il était inutile de se plonger dans des querelles philosophiques insolubles (à moins que Bohr les aient résolues) alors qu’il y avait tant de problèmes concrets à résoudre à l’aide des équations fondamentales découvertes par les fondateurs. « Tais-toi et calcule » devint le maître mot de toute une génération au point que les travaux sur l’interprétation de la physique en virent à être interdits de publication dans les grandes revues de physique.

Il y a toujours des nuques raides et Jack Sarfatti était de celles-là. Pour lui la physique théorique avait perdu son âme en se focalisant sur les applications au lieu de s’attacher à la compréhension de la nature des choses. Dès 1973 il écrivit à Wheeler qu’il était prêt à quitter son institution guère « inspirante » et à rechercher un meilleur environnement pour créer une physique « grande et historique ». (Wheeler était, sur ce point au moins, en accord avec son jeune correspondant car il était un des très rares physiciens en vue à s’intéresser encore aux fondements de la physique quantique à l’instar de son maître Niels Bohr.) La chance sourit à Sarfatti car de nombreux jeunes physiciens plus ou moins privés de carrière et avec de semblables dispositions d’esprit se trouvaient alors réunis à Berkeley. Ils formèrent un groupe de discussion, le « Fundamental Fysiks Group », qui se réunit tous les vendredis soirs durant 4 ans jusqu’en 1979 et fit les beaux jours des ateliers de physique de l’Institut Esalen. Plusieurs de ses membres deviendront célèbres par leurs livres de vulgarisation, comme Fritjof Capra, Fred Alan Wolf ou Nick Herbert, ou par leurs travaux de physique comme Henry Stapp et surtout John Clauser, dont nous reparlerons la semaine prochaine.

Malgré sa correspondance suivie avec Sarfatti et d’autres membres du Groupe californien, Wheeler ne tenait cependant pas à les fréquenter de trop près car il y avait une pomme de discorde entre eux : le statut de la parapsychologie. Pour Sarfatti et la plupart de ses amis si les objets quantiques demeuraient interconnectés et si la conscience jouait un rôle central en physique quantique, alors la physique pouvait expliquer les phénomènes paranormaux. Si la matière agit sur la conscience, pourquoi ne pas admettre une action de la conscience sur la matière ? D’où leur intérêt pour les pouvoirs psychokinétiques de Uri Geller (voir la chronique n° 179, Aux USA : renaissance du grec et du latin, 19.09.2011) et les expériences de vision à distance financées par la CIA des physiciens Russel Targ et Harold Puthoff (sur ces derniers, voir la chronique n° 251, Le scientisme disparaît – Les phénomènes qui relèvent de la pensée et l’avenir de la science, 14.01.2013). Wheeler n’était pas du même avis. En 1979, lors d’une réunion de l’Association Américaine pour l’Avancement de la science (AAAS), il tint à préciser que les parapsychologues se réclamaient à tort de son interprétation de la mécanique quantique ; il plaida sans succès pour que l’AAAS révoque la Parapsychological Association qui avait été admise en son sein dix ans auparavant et rejeta fermement l’idée qu’une information puisse être transmise plus vite que la lumière ou qu’il existât une « interconnexion quantique » entre des consciences. Il organisa même avec le prestidigitateur James Randi et l’écrivain scientifique Martin Gardner, le CSICOP (Comité pour l’investigation scientifique des prétendus faits paranormaux).

Dans un livre récent, How the Hippies Saved Physics. Science, counterculture and the quantum revival (W.W. Norton & Co., New York, 2011), David Kaiser, professeur au département de physique de l’Institut de Technologie du Massachussets, présente une enquête approfondie et passionnante de l’aventure romantique de Sarfatti et de ses amis du « Fundamental Fysiks Group ». Il montre comment ce groupe de physiciens passionnés a pu, envers et contre tout, maintenir vivantes des interrogations fondamentales, totalement négligées par les institutions. Qu’elles aient été justes (comme l’importance qu’ils accordèrent dès le début au théorème de Bell) ou fausses (comme leur tentative de réaliser un système de communication instantanée à distance fondée sur l’intrication quantique), ces interrogations ont finalement conduit à des découvertes et à des applications dont tout le monde reconnaît aujourd’hui l’importance mais le plus souvent sans connaître (ou oser reconnaître) le rôle de ces contestataires aux cheveux longs. On comprend sur cet exemple la difficulté de séparer clairement la bonne science de la mauvaise et on vérifie une fois encore que la majorité ne fait pas la vérité, ni en science, ni ailleurs.

[5Cette expression « au-delà de l’espace-temps » revient souvent sous la plume d’Aimé Michel et elle est devenue commune chez les théoriciens. La connexion entre la physique quantique et la conscience est un thème récurrent chez une partie des théoriciens de cette discipline depuis ses débuts, même si l’unanimité est loin d’être faite. Les premiers à en avoir parler ouvertement sont Wolfgang Pauli, ami de Werner Heisenberg, qui travailla avec le psychanalyste Gustav Jung, et Erwin Schrödinger (voir la note 2 de la chronique n° 26, Propédeutique à la névrose, 07.06.2010). Un peu plus tard, John von Neuman et Eugen Wigner reprirent le flambeau en soutenant que la réduction de la fonction d’onde, c’est-à-dire le choix d’une réalisation particulière parmi toutes celles possibles, fait intervenir la conscience de l’observateur. Wheeler, qui fut le collègue de Wigner à Princeton, a soutenu lui aussi que l’univers n’existe pas là, en dehors de nous et de nos actes d’observation : c’est parce que nous l’observons qu’il devient réel ; ainsi nous participons à son existence. Plus récemment, John H. Conway et Simon Kochen ont proposé un théorème dit du « libre arbitre » démontrant que les êtres humains et les objets quantiques possèdent un libre arbitre (voir la note 3 de la chronique n° 151, Les poux, les enfants et le lion – Skinner, Walden II et Twin Oaks : une société régie par les lois de la science ? mise en ligne le 29.04.2013). Bien sûr les théoriciens matérialistes ne l’entendent pas de cette oreille et espèrent qu’une autre conception prévaudra. Il n’en reste pas moins que le temps où un physicien ne pouvait être que matérialiste semble dorénavant révolu.

[6Le présent article date de 1977. Douze ans plus tard, Penrose, déjà bien connu des spécialistes, se rendra célèbre auprès du grand public par son livre The Emperor’s New Mind, traduit en français en 1989 sous le titre L’esprit, l’ordinateur et les lois de la physique (InterEditions, Paris, 1992) où il défend une théorie quantique de la conscience. Aimé Michel signalera l’ouvrage à ses lecteurs dans la chronique, n° 499, La « modernité » un centenaire oublié (La clarté au cœur du labyrinthe, Aldane éditions, Cointrin, 2008, www.aldane.com, p. 552).

[7En plus des revues, ces physiciens hippies et leurs amis avaient créé un avant-goût des forums de discussion sur Internet, utilisant la photocopieuse (une invention récente à l’époque) et la poste ! Aimé Michel, outre sa correspondance suivie avec O. Costa de Beauregard, faisait partie de ce forum ce qui lui permettait d’être fort bien informé

[8Sarfatti et Wheeler sont Américains mais pas Penrose qui est Britannique.

[9Sur Léon Brillouin, voir les chroniques n° 112, Entre « le hasard et la nécessité » décombres à vendre ? – La physique suffit-elle à tout expliquer ? (30.04.2012) et n° 283, L’arroseur arrosé, citée ci-dessus.

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