Mgr Bernard Ginoux

«  Porter la lumière du Christ
dans les ténèbres  »

Propos recueillis par Véronique Jacquier

vendredi 6 novembre 2020

Les trois victimes : Vincent Loquès, 55 ans, sacristain de la basilique N.-D. de l’Assomption à Nice ; Nadine Devillers (à g.), 60 ans, et Simone Barreto Silva (à d.), 44 ans, venues pour prier.
© Olivier Huitel / Diocèse de Nice

L’évêque de Montauban réagit à l’attentat à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption à Nice, le 29 octobre, par un islamiste tunisien de 20 ans, et qui a fait trois morts, trois chrétiens assassinés dans des conditions horribles.

Quelle attitude adopter pour les catholiques dans cette épreuve, qui peut provoquer de la colère ? Résister ?

Mgr Bernard Ginoux : Résister fait partie de l’univers chrétien : résister à la tentation, au mal, à nos penchants mauvais, à tout ce qui abîme la personne… Une attitude de résistance ne veut pas dire une opposition systématique, ni un mépris du monde, ni un enfermement dans des idées a priori. La résistance est d’abord spirituelle : la prière, la fidélité aux sacrements (pénitence, eucharistie), le souci des plus pauvres, la confiance en Dieu en toute situation : «  Le Seigneur est ma lumière et mon salut.  » Il y a aussi une résistance aux injonctions du «  prêt-à-penser  », à l’endoctrinement de certains médias, au consensus mou. Le fidèle du Christ ne doit pas oublier sa mission de «  sel de la terre  » et «  lumière du monde  ». Sans agressivité et dans la charité il doit, «  à temps et à contretemps  », porter la lumière du Christ face aux ténèbres.

Comment réveiller la mémoire chrétienne de notre pays ?

La mémoire chrétienne de la France (et de l’Europe) est vivante si l’on veut bien ouvrir les yeux. La culture – architecture, peinture, musique, littérature, etc. – la révèle, les coutumes, l’histoire de notre pays, les apports de l’Église au savoir, à l’éducation, à la santé. Il y a une volonté d’ignorer la foi qui inspirait tous ces courants qui ont contribué à bâtir la France. Le refus, au nom de la laïcité, d’enseigner le réel au profit de la construction d’une idéologie tue nos mémoires.

Dans ce contexte, que pensez-vous de la suspension des messes pendant le confinement ?

La liberté de culte est inscrite dans la Constitution française, le concile Vatican II reconnaît la liberté religieuse comme le premier droit humain. La décision du gouvernement de suspendre la célébration des messes au nom d’un danger d’épidémie est une atteinte à ce droit et doit être dénoncée. Les mesures sanitaires ont toujours été suivies dans les célébrations. Il n’y a aucune raison de ne pas continuer. C’est d’autant plus douloureux que, durant ce mois de novembre, les familles ont demandé des messes pour leurs défunts – entre autres ceux qui n’ont pu, à cause du premier confinement, avoir la célébration de la messe – et les attendent. Or nous allons devoir les reporter sine die alors que les grandes surfaces, les transports en commun, les établissements scolaires fonctionnent.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

Messages

  • Pourquoi interdire les messes. Il n’y a qu’à imposer un nombre de fidèles à ne pas dépasser 30 ou 50 suivant la taille des églises. Nous nous organiserons en conséquence !

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