Commentaire du Père Michel Gitton

Pentecôte C

2006

La fête de la Pentecôte est un des rares cas où la messe anticipée du samedi soir a d’autres textes (lectures et oraisons) que celle du jour. Il est vrai que le missel Romain de 2002 a ajouté quelques cas (Ascension, Toussaint etc…), mais ces textes ne sont pas encore traduits. Dans le cas présent, c’est le souvenir d’une ancienne et toujours possible Vigile de la Pentecôte (sur le modèle de la Vigile pascale), la célébration du
samedi soir possède donc quatre lectures possibles de l’Ancien Testament, détaillant la révélation progressive de l’Esprit à travers l’histoire du Peuple de Dieu. Nous sommes ainsi devant un menu
extrêmement riche. Ajoutons encore que la messe du jour, dont l’Evangile et l’Epître étaient naguère invariables ("chacun reçoit le don de l’Esprit en vue du bien de tous" [1Cor. 12] ; "recevez le Saint-Esprit" [Jn 20]), est maintenant pourvue d’un choix différent pour les années A, B et C. Même si on peut utiliser tous les ans les lectures A, on est invité à préférer cette année le chapitre 8 de l’Epître aux Romains (v. 8 à 17) et le chapitre 14 de saint Jean (v. 15-16 et 23-26).

Ce sont ces deux lectures que nous voudrions présenter aujourd’hui pour la prière, puisque le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres est la même chaque année. L’enjeu est bien de nous apprendre à vivre avec l’Esprit que nous avons reçu. Cet Esprit qui "habite en nous" et même que nous "avons" (saint Paul), qui est "avec nous pour toujours" (saint Jean), nous a été "envoyé", "donné" par le Père (saint Jean). Le texte de l’Evangile (un peu tronçonné, on a intérêt à le prendre dans son entier), nous parle à la fois de la visite du Père et du Fils, et de la présence de l’Esprit. En réalité, c’est toute la Trinité qui habite notre âme depuis le baptême, mais l’Esprit (spécialiste en Dieu des relations, "lien d’amour" du Père du Fils) est l’agent intérieur de cette mise en relation.
Une fois indiquée cette présence active, il reste à la caractériser. Saint Jean nous donne deux pistes. Il est tout d’abord le Consolateur ("Paraclet", on traduit aussi par "Avocat", car, en justice, le paraclet, c’est "Monsieur Bons-Offices", qui fait le lien entre les parties) ; c’est "l’autre Paraclet", car Jésus est le premier, selon l’annonce d’Isaïe (40, 1 : "consolez, consolez mon peuple"). Il est aussi celui qui "enseigne", et qui "remémore" les paroles de Jésus. C’est le Maître intérieur, n’inventant rien, mais permettant d’entrer dans la pensée du Seigneur, redonnant une vie neuve à ces paroles que nous croyons bien connaître et qui retrouvent, grâce à Lui, leur impact et leur jeunesse.
Saint Paul, lui, est plus sensible au thème de la "Vie". L’Esprit s’oppose à la chair, pas au sens où l’âme se distingue du corps, mais en tant qu’il est vie et qu’il entre en contradiction avec l’organisme nécrosé hérité du vieil homme. L’Esprit est principe de vie aussi bien de l’âme que du corps. La preuve : c’est Lui qui, résent à l’intime de l’âme du Christ, a saisi au matin de Pâques on corps et lui a redonné vie. La même opération est possible vec nous. Si l’Esprit a commencé son œuvre en nous, il attaque ’abord les zones les plus profondes de la personnalité (le cœur"), mais un jour - le jour de la résurrection - il étendra son ifluence jusqu’à notre organisme physique, inversant les lois de la mort inévitable.

Viens, viens Esprit Saint !

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