Pédophilie dans l’Eglise : les méthodes de Cash Investigation

mardi 21 mars 2017

Nous avons fait l’effort de regarder jusqu’à la fin l’émission du 21 mars sur la pédophilie dans l’Eglise (Cash investigation sur France 2)… accablant, pour l’Eglise certes. Mais l’émission ne fait pourtant pas honneur aux journalistes qui l’ont réalisée (la profession devrait réagir pour dire sa désapprobation de certains comportements qui risquent de la discréditer tout entière tout comme certains comportements ecclésiastiques arrogants nuisent à toute l’Eglise). Cela ne retire rien à la gravité de certains faits évoqués bien sûr…

Par ailleurs on a entendu certaines contre-vérités qui montrent au mieux une totale méconnaissance du sujet et de son contexte, au pire une manipulation éhontée (le président de l’association de victimes « La Parole libérée » au cours du film : « Pour l’Eglise, la pédophilie n’est pas un péché » ! Le « prêtre » « psychiatre » en plateau citant totalement à contresens l’Évangile, etc.).

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Faites-vous votre opinion :

Cash investigation - Pédophilie dans l’Eglise : le poids du silence

Diffusé le mar. 21-03-17 à 21h00, disponible durant 29 jours ci-dessous :

http://pluzz.francetv.fr/videos/cash_investigation_,155101717.html


Réaction de la Conférences des évêques de France

par Vincent Neymon, porte-parole adjoint de la CEF

http://www.eglise.catholique.fr/personne/m-vincent-neymon

Depuis plusieurs semaines, il se savait que Cash Investigation travaillait sur la question de la pédophilie (de la pédophilie dans l’Eglise, les autres contextes n’étant pas manifestement pas dignes d’intérêt). Il semble que, arrivant alors que la « bataille » est passée, Elise Lucet se soit employée à donner une tournure scandaleuse et conflictuelle à des échanges qui ne l’étaient pas pour justifier son émission, n’hésitant pas à interpeller des personnes absentes pour simuler un refus de l’échange, et à se mettre en scène dans des saynètes qui empruntent davantage à la comédie qu’au travail journalistique.

C’est particulièrement regrettable s’agissant d’un sujet spécialement grave, que de nombreux journalistes ont pu traiter avec sérieux, et qui ne se prêtent pas aux mises en scène personnelles.

Vincent Neymon, porte-parole adjoint et directeur de la communication de la Conférence des Évêques de France et, à ce titre, chargé des relations avec les medias, choqué par ces méthodes, a pris l’initiative de les rapporter dans un texte édifiant, repris ci-dessous.

Sa lecture laisse une question ouverte : quand le chevalier blanc manque à l’éthique, à quoi sert-il pour le monde ?

*

A notre connaissance, l’équipe de Cash investigation enquête sur la pédophilie dans l’Eglise depuis octobre 2016. Leur première demande concernant la CEF s’est faite par téléphone. Il s’agissait d’être accrédité pour l’Assemblée plénière de novembre à Lourdes. Leur argument : « si vous refusez, nous trouverons le moyen d’entrer quand même sous le nom d’un autre média ».

Le principe général de l’émission est de semer le doute dans l’esprit du téléspectateur en utilisant diverses méthodes qui troublent et affaiblissent les personnes interviewées. Le trouble provoqué est alors interprété comme un aveu par Elise Lucet. Pour provoquer ce trouble, plusieurs techniques sont employées. Voici quelques faits vécus à l’appui de nos dires sur les méthodes employées.

Outrances d’Elise Lucet : elle adopte une attitude volontairement scandaleuse pour provoquer le repli « coupable » de son interlocuteur.

Lourdes, Assemblée plénière lundi 7 novembre 16 : après la messe, sur les marches de la Basilique du Rosaire, Elise Lucet se place au milieu des journalistes en bas des marches et interpelle le Cardinal Philippe Barbarin qui était prêt à répondre à quelques questions. Elle l’abreuve de questions portant sur des prêtres de Lyon, empêchant le travail des autres journalistes présents. Les réponses du Cardinal Philippe Barbarin ne la satisfaisant pas, elle ne cesse de l’interrompre pour reposer ses questions. Ensuite, le Cardinal ayant choisi de partir au vu des conditions qu’elle impose, elle le harcèle pour obtenir un rendez-vous ultérieur. Visiblement, elle tente d’obtenir une fin de non-recevoir publique.

Lourdes, Assemblée plénière lundi 7 novembre 16 : alors que les évêques se rendent aux vêpres, Elise Lucet, retenue derrière une barrière à quelques mètres, hurle : « Monseigneur Pican, Monseigneur Pican, vous êtes le seul évêque condamné par la justice, vous êtes évêque émérite A plusieurs reprises, ce jour-là, Elise Lucet montrera qu’elle ne sait pas ce qu’est un « évêque émérite ». Elle semble croire que « émérite » est une distinction honorifique. »

Ndlr de FC : De même, dans les dénonciations journalistiques de l’Eglise, on voit qu’un mot aussi simple que " prélat " est inconnu et donc employé à mauvais escient par la plupart de ceux qui interviennent en "spécialistes", quand allez-vous démissionner ? » Mgr Pican n’est pas présent parmi les évêques qu’Elise Lucet interpelle, elle se fait cependant filmer durant cette scène, dans l’intention évidente de prouver qu’il fuit.

D’après le teaser de l’émission diffusé depuis le 17 mars 2017, elle interpelle de la même façon le pape François tandis que la caméra fixe une moue du Saint-Père.

Paris, 15 mars 2017 : à notre réponse – négative – quant à la venue d’un « représentant de l’Eglise » pour le débat qui suit le documentaire, Vincent Neymon reçoit le mail suivant d’Elise Lucet : « Alléluia mes frères. Vous ferez 3 paters et 4 Avés pour expier vos fautes ». Cette réponse à caractère injurieux, vient après une série d’échanges de mail avec son équipe qui a rappelé à Vincent Neymon qu’elle travaillait dans le cadre du service public.

Mensonges d’Elise Lucet : elle avance de faux ou d’invérifiables postulats pour créer un trouble « coupable » de son interlocuteur

Lourdes, Assemblée plénière lundi 7 novembre 16  : alors que nous avons accepté qu’elle puisse interviewer Mgr Luc Crepy dans l’hémicycle :

Elle tend une liste à Mgr Luc Crepy. Elle annonce que cette liste est celle des prêtres pédophiles toujours en activité, dénonçant l’inaction des évêques vis à vis de ces prêtres :

Cette liste n’existe pas à notre connaissance. Elle a été dressée par Cash investigation.

Selon ce que Mgr Crepy constate, les noms sont ceux d’aumôniers d’Epahd ou couvents, monastères…

Face à ce constat, Elise Lucet tente de déstabiliser Mgr Crepy en pointant un prêtre en responsabilité pastorale. Mgr Crepy est, de fait, troublé, mais encore une fois, cette liste est elle-même suspecte.

Lorsque Mgr Crepy pose la liste à côté de lui, elle lui lance : « Cette liste vous brûle les mains apparemment, elle vous dérange tant que ça ? » Visiblement elle tente d’induire que le geste de Mgr Crepy est symbolique de l’attitude des évêques qui ne s’intéressent pas à ces prêtres et les laissent continuer leur ministère.

Elle prétend que le site « lutter contre la pédophilie » annonce la mise en place d’un certain nombre de cellules d’accueil et d’écoute dans les diocèses et s’insurge contre ce nombre trop faible pour mettre en cause l’inertie de l’Eglise. Jamais, le site « Lutter contre la pédophilie » n’a donné de tels chiffres.

Méthodes douteuses de mise en scène visant à créer un trouble « coupable » de l’interlocuteur et à emporter l’indignation du téléspectateur

Lourdes, Assemblée plénière lundi 7 novembre 16 : alors que nous avons accepté qu’elle puisse interviewer Mgr Luc Crepy dans l’hémicycle, elle brandit des photos d’évêques en format A3 en s’insurgeant du fait que Mgr Crepy supporte encore que ces évêques siègent dans cet hémicycle.

Lourdes, Assemblée plénière lundi 7 novembre 16 : tandis que l’équipe de Cash investigation est présente durant une séance ouverte aux médias et consacrée au bilan de la lutte contre la pédophilie présenté par Mgr Crepy, Elise Lucet marque ostensiblement son désintérêt tandis que ses cadreurs filment les écrans d’ordinateur des évêques à leur insu. Cet épisode est très révélateur de l’attitude générale de l’équipe de Cash investigation et d’Elise Lucet en particulier qui ne s’intéresse absolument pas aux actions et aux moyens mis.

Janvier 2017 : le supérieur de la Communauté Saint Jean, frère Thomas Joachim, est à l’aéroport de Roissy en vue d’embarquer pour l’Ethiopie. Un homme l’attend avec un panneau à son nom. S’approchant de l’homme, Frère Thomas se retrouve devant le micro et la caméra de Martin Boudot, journaliste de Cash investigation.

*

En elles-mêmes, à part quelques-unes, aucune de ces méthodes n’est véritablement répréhensible. On peut aussi comprendre que l’information nécessite parfois des méthodes particulières pour être recueillie. Mais nous sommes là devant un véritable système, une mécanique visant exclusivement à nourrir la thèse d’un scandale vendeur. La déontologie journalistique, le respect élémentaire des personnes, la place de la contradiction, rien n’est respecté.

Sur la question douloureuse de la pédophilie, l’Eglise s’engage avec sincérité dans une opération de vérité et de lutte. Ces méthodes « d’investigation » ne visent qu’à prouver le contraire en laissant croire qu’elles poursuivent la vérité.

C’est l’accusation de l’Eglise qui est recherchée, bien que plus que l’attention aux victimes. Irrespectueuse envers la vérité, cette émission l’est d’abord envers les téléspectateurs qu’elle induit gravement en erreur.

http://www.le-samaritain.fr/2017/03/20/quand-leglise-denonce-les-methodes-de-cash-investigation/


La Conférence des Evêques de France (CEF) a décidé de ne pas participer à l’émission d’Elise Lucet, Cash Investigation, dont le dernier numéro porte sur la pédophilie dans l’Eglise. Une émission qui sera diffusée mardi 21 mars prochain à 21 heures sur France 2, et dont certains volets portent sur la vaste enquête menée par le site Internet Mediapart, depuis un an.

Dans un communiqué, la Conférence des Evêques de France, a indiqué avoir refusé d’envoyer "un représentant officiel de l’Eglise" au débat qui suivra la diffusion du reportage. La CEF s’explique en motivant sa décision par "les méthodes utilisées pour les interviews ainsi que par divers renseignements obtenus sur cette émission".

Joint par RCF, Vincent Neymon, porte-parole adjoint de la Conférence des Evêques de France, a indiqué que les évêques n’avaient rien à cacher, ni ne voulaient défendre l’institution, mais souhaitaient que la "vérité soit faite clairement pour que tout le monde puisse comprendre ce qui s’est passé, et ce qui se passe maintenant et demain".

Remettant en cause la déontologie journalistique d’Elise Lucet, Vincent Neymon ajoute également que les évêques ont accueilli la journaliste à Lourdes en novembre dernier pour mener une interview avec Mgr Luc Crépy, évêque du Puy-en-Velay et responsable de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie. "Nous avons bien vu, et ce n’est qu’un exemple, que la méthode de Mme Lucet est une méthode de déstabilisation permanente, pour qu’ensuite le trouble de Mgr Crépy soit interprété comme un aveu de faiblesse ou une faille. Ce n’est pas déontologique" ajoute encore le porte-parole adjoint de la CEF.

Une projection presse a été organisée lundi 20 mars par l’équipe de Cash Investigation, dont Elise Lucet et Martin Boudot. Selon nos sources, la journaliste a manifesté son agacement par rapport à la réaction de la CEF. A noter que Mediapart publie un livre résumant son année d’enquêtes sur la pédophilie dans l’Eglise, le 22 mars prochain. Un livre intitulé "Eglise, la mécanique du silence", publié aux Editions JC Lattès.

https://rcf.fr/actualite/cash-investigation-la-cef-denonce-une-methode-de-destabilisation-permanente


22 mars 2017 - COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA COMMUNAUTE SAINT JEAN

Nous dénonçons la diffusion de rumeurs sans fondement par certains médias. Nous faisons ici référence aux accusations infondées vis-à-vis du frère Emmanuel, membre de la Communauté Saint-Jean, ayant résidé au Cameroun. Le frère n’a jamais fait l’objet d’aucun signalement, d’aucune plainte, ni d’aucun soupçon depuis son entrée dans la Communauté en 1979, que ce soit au Cameroun ou ailleurs, et nous lui accordons toute notre confiance. Le départ du frère Emmanuel et des autres frères de Bertoua est exclusivement lié à une sombre histoire de conflits ecclésiastiques entre la Communauté et l’évêque du lieu.

En tout état de cause, le frère Emmanuel se tient évidemment à la disposition de la justice française et camerounaise, si elles le jugent nécessaire. Pour ce qui nous concerne, nous n’avons aucune raison valable de douter de la droiture du frère Emmanuel.

Quant à ce qui concerne la pédophilie, trois frères, qui ne font plus partie de la Communauté, ont été condamnés entre 2012 et 2016, pour des faits pour la plupart anciens. Nous avons dit à l’époque et nous le redisons, nous avons honte et nous demandons à nouveau pardon aux victimes et à leurs familles pour les agissements inadmissibles des frères incriminés et pour les dysfonctionnements de la Communauté dans la gestion de ces cas dans le passé.

Il n’y a à notre connaissance aujourd’hui aucun frère soupçonné ou poursuivi pour des faits de pédophilie, ni en France ni ailleurs.
En dehors de ces cas de pédophilie, l’histoire de la Communauté a été marquée par d’autres cas d’abus sexuels commis par des frères et pour lesquels la Communauté demande pardon aux victimes. On pourra déplorer parfois la lenteur des procédures pour parvenir à l’établissement des faits et à une sanction, mais le Prieur général, frère Thomas, n’a camouflé ni couvert aucun cas.

Depuis plusieurs années, la Communauté met tout en œuvre pour prévenir et gérer les situations d’abus : amélioration du discernement à la vocation, formation des frères à la maturité affective, à la gestion des cas de pédophilie et d’abus sexuels, mise en place de procédures (validées par le Vatican) impliquant notamment une remontée d’information vers les autorités judiciaires, création d’une commission - comportant des laïcs - chargée d’examiner tout témoignage, aveu ou plainte d’un comportement d’abus. La détermination des responsables de la Communauté pour prévenir et gérer les situations d’abus est totale et elle est soutenue par l’ensemble des frères de Saint-Jean.

Nous rappelons que les Frères de Saint-Jean ce sont 500 frères sur les 5 continents qui cherchent à vivre fidèlement leur vocation et qui engagent avec générosité leur vie en amis du Christ, en cherchant à témoigner de son amour dans le monde, notamment vers les jeunes, les familles et les exclus de la société.


https://francais.rt.com/france/35603-eglise-denonce-methodes-abjectes-cash-investigation-reportage-pedophilie

http://www.programme-television.org/news-tv/Cash-Investigation-France-2-Elise-Lucet-interpelle-le-Pape-Francois-au-sujet-du-scandale-des-pretres-pedophiles-4446716

http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/pedophilie-cash-investigation-pointe-silences-accablants-eglise-1218513.html

http://www.lci.fr/faits-divers/cash-investigation-sur-la-pedophilie-l-eglise-reconnait-avoir-sous-estime-la-souffrance-des-victimes-2029870.html


Réaction de la rédaction de France Catholique

Tout cela va finir par noyer la lutte indispensable, sans compromission, contre la pédophilie, dans un magma d’approximations, d’amalgames.

Nous venons de lire dans "Urbi et Orbi" qu’une grande partie des adolescents étaient plus ou moins addicts aux vidéos pornographiques qui, disent les pédopsychiatres, peuvent avoir sur eux des effets du même ordre que ceux provoqués par certains abus sexuels (sans parler de certains sites de l’Education Nationale)…

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/03/20/les-ados-de-plus-en-plus-exposes-au-porno_5097250_3224.html

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/19/01016-20170319ARTFIG00162-les-adolescents-confrontes-a-la-pornographie-de-plus-en-plus-jeunes.php

http://www.journaldugeek.com/2017/03/20/pornographie-adolescents-controle-parental-par-defaut/

Qu’attendent les pouvoirs publics pour réagir ? C’est là que ça commence ! Il faut lire le Eblouissante sexualité de Daniel-Ange »…

Ce qui est sûr, c’est que le diable existe…

Dieu aussi… tant mieux !


Lettre du rédacteur en chef de "Famille Chrétienne" à Élise Lucet

http://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/cash-investigation-lettre-a-elise-lucet-215167

Pour aller plus loin :

Messages

  • Tout est dit dans la chute :

    Le diable est là.

    J’ajouterais : jusqu’au Vatican.

    Il faut en être conscient. Pourquoi le diable épargnerait-il notre Mère l’ Eglise ? sainte mais aussi pécheresse de par les humains qui la composent.

    Prions Saint Michel.

    • Le sujet est grave et d’autant plus grave dans l’Eglise, mais il y a info et info...

      L’art d’accuser et de semer le doute fait croire que tous les prêtres sont des coupables en puissance, et occulte le dévouement dont la très grande majorité d’entre eux fait preuve. On ne répare pas une injustice par une autre injustice.

      A propos des méthodes de Cash investigation, je pense à l’adresse des journalistes tentés par le sensationnel :

      "La critique est une façon de se croire vertueux."

  • Merci pour cette lettre, dont je retiens en particulier le plaidoyer en défense contre l’émission d’hier de Cash Investigation.

    Déstabiliser est une méthode qui existe dans la panoplie journalistique. Elle ne vise pas à la réalisation d’une enquête objective, mais à mettre en lumière certaines réalités et certains comportements et passer outre la politique de l’édredon trop souvent mise en œuvre par l’institution ecclésiale.

    Je suis d’accord que la déontologie des interviews laisse à désirer, mais que dire de l’ampleur des scandales que représentent les prêtres pédophiles, sûrement la plus grande plaie dans l’Eglise à mon sens depuis quarante ans. On a envie de dire aux grands maux les grands remèdes.

    La vue d’images pornographiques par des adolescents n’a pas le même pouvoir destructeur qu’un viol, qui plus est par un prêtre, porteur d’une conscience morale et spirituelle auprès des jeunes qui leur sont confiés.
    Je pense donc que la réaction de l’Eglise aurait donc dû être plus énergique face à ce fléau et la transparence recherchée, même vis à vis d’une presse mal intentionnée.

    Et je suis désolé de constater qu’on a en l’occurrence la presse que l’on mérite.

    H. de La Taille

  • Le lecteur / téléspectateur attend des journalistes qu’ils les éclairent sur des sujets qu’ils ignorent ... Cependant, il arrive parfois qu’ils en connaissent certains pour des raisons géographiques, professionnelles, familiales ou autres. Alors ils sont en mesure de vérifier la fiabilité des enquêtes. Si les erreurs sont manifestes (que dire si elles sont délibérées !), ils en viennent à suspecter tout le reste, peut-être injustement, mais c’est ainsi.
    A cet égard, je crains que cette émission de télévision n’ait jeté la suspicion non seulement sur l’officine qui l’a commanditée, mais aussi sur les autres médias....Et n’ait, en fin de compte permis aux mauvaises causes (la pédophilie en est une, c’est le moins qu’on puisse dire !), de profiter des amalgames, contre vérités voire calomnies mises en évidence par cette malheureuse entreprise.
    La faute déontologique est manifeste... Pas très sympathique pour les confrères qui s’efforcent de bien faire leur métier.

    • "A cet égard, je crains que cette émission de télévision n’ait jeté la suspicion non seulement sur l’officine qui l’a commanditée, mais aussi sur les autres..."
      Curieux, la grande majorité des gens ayant vu ce reportage craint, elle, plutôt pour ses enfants...

  • Certes il ne faut pas se réjouir de toute cette affaire, mais je souhaite que pour certains ça soit une leçon d’humilité et l’occasion de méditer, voire de faire un examen de conscience :

    l’ensemble des élites de ’’l’Eglise catholique qui est en France’’ -l’essentiel du corps épiscopal, du haut clergé, de la presse, des responsables de mouvements, ..., en bref démocrates bien pensants du vivre ensemble- ont une attitude très négative et de façon merveilleusement hypocrite sur le ’’Front National’’ ; ce dernier est l’objet de méthodes journalistiques identiques à celles dénoncées dans l’article, et depuis des décennies, sans que cela ne gêne personne (je précise que je n’ai aucune accointance avec ce parti politique).

    Dans les 2 cas, il faut lâcher un mot tabou, car c’est de cela dont il s’agit : au choix conspiration ou complot (voir les définitions dans le dictionnaire), dans le but de détruire.

    • Une suite de séquences sélectionnées, mises côte à côte, reliées entre elles aboutissant à un patchwork audiovisuel, tel est le montage diffusé sur France 2 le 21 mars 2017, sous le titre "Le poids du silence". Cette suite de prises de vues est présentée comme étant un "documentaire".

      Témoignages et photos se succèdent, entrecoupés de vues furtives de "fiches" en anglais, il faut le souligner, sous-tendus par un discours sur des prêtres pédophiles dont les noms sont vertueusement escamotés par les ciseaux d’une respectueuse censure alors que des évêques sont cités et présentés à visage découvert. Le langage a recours le plus souvent à l’imparfait : aurait, serait, paraitrait, semblerait etc...

      Le nom et le personnage de Mgr Barbarin reviennent copieusement et la "La Parole libérée" se rappelle au bon souvenir du public. Au-delà de la CEF, de hauts-dignitaires de l’Eglise en France, de Lourdes, etc... le "spot" est - ENFIN - braqué sur le Saint-Siège, le Vatican et la personne du pape François. A noter le respect avec lequel le pape est qualifié de "Saint Père" et autres courtoisies du langage. L’Eglise catholique est qualifiée de "multinationale" couvrant des prêtres pervers qu’on déplace de diocèse en diocèse, de ville en fille, de pays en pays et de continent en continent.

      Le "clou" de cette bobine de quelque 1 heure 55 est la séquence où la présentatrice, ayant réussi à se placer au premier plan sur le parcours du pape Place St Pierre, "interpelle" François alors qu’en fait elle hèle littéralement le pape comme on le ferait avec un taxi en maraude. Destination : interrogatoire de Bergoglio sur Mgr Grassi, en Argentine..

      (A propos de bobine noter, comme qui dirait une signature, quelques gros plans sur le visage de la présentatrice avancée sous son meilleur jour accentué par une savant maquillage).

      "Spotlight" bis mais à la française ? Sans porter aucun jugement, une appréciation est tout de même permise : répercussion de séquences assénées à coups de répétitions et surtout par une impardonnable incitation à un indicible ennui ponctué d’irrépressibles baillements.

      Ce "Poids du silence" payé "cash" : un soufflé tombé platement, éclaboussant par effet rétroactif ses propres chefs-cuisiniers. Triste fin.

  • J’ai regardé avec attention et objectivité le reportage. Je précise tout de suite que je suis catholique. Avant tout, navré de faire un aparté mais quand va-t-on arrêter d’utiliser le terme pédophile ? Il s’agit de pédérases, mais si l’on enlève -rastes, le mot et l’amalgame font bien sûr peur voire hurler. Pourtant, si on mettait les pédophiles en prison, Disneyland Paris devrait fermer, et on devrait aussi arrêter les philatélistes, les aquariophiles, les philosophes et tout un tas de gens qui aiment (agapé et non pas éros) des secteurs d’activités ou s’occuper de catégories de personnes. Maintenant pour en revenir au sujet, je ne trouve pas les méthodes de cash investigation abjectes, il faut le dire : sans cela nous ne connaîtrions pas les sociétés polluantes mais soit disant écologiques, les groupes exploitant des enfants mais soit disant éthiques, etc... il faut avoir vu les autres émissions pour comprendre. La seule chose inadmissible dans la manière, c’est un des derniers commentateurs qui a manipulé un propos pourtant déjà bien expliqué : dans l’évangile de St Marc, Jésus a dit que la personne par qui le scandale arrive (le pédéraste) connaîtrait le malheur. Ce n’est pas une menace, c’est une affirmation factuelle : ils seront malheureux (et certains iront jusqu’à se suicider). Le problème qui provoque ces méthodes d’instigation c’est le mutisme et la terreur des prêtres et évêques. Il faut comprendre : ils sont pétrifiés et dépassés. En un mot, ils se sont fait surprendre par la justice des hommes, non pas qu’ils aient voulu s’y soustraire, ils ont espéré y échapper. Certains sont des malades et absolument pas pénitents, là c’est choquant et la justice civile fera son œuvre. D’autres n’ont pas réalisé sur le moment (il s’agissait avant tout de stopper le danger pour les enfants) et / ou ont eu peur ensuite car se sont rendu compte que par leur faute c’est l’Eglise de Dieu qui est touchée. Et se soumettre à la justice signifie forcément provoquer le scandale. Et là s’ils étaient confinés et internés on pourrait comprendre que les victimes acceptent de ne pas porter plainte et d’être miséricordieuses. Mais parfois (souvent ? d’après le reportage) les victimes n’ont pas les moyens ou le courage ou la possibilité de porter plainte, par manque de finance pour un procès ou des investigations à l’étranger, par méconnaissance de leurs droits, par peur de leur réputation, etc… Pourtant, ces prêtres ou évêques ont oublié de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César, ce qui est à César. Il faut avoir expérimenté soi-même la vie religieuse ou l’animation d’enfants pour comprendre ce qui se passe. Cela ne signifie pas qu’il faut cautionner les erreurs et les crimes des prêtres ou évêques. Dans la vie religieuse on vit à part, on est moins sensible à la société, on la pense parfois même agressive à son égard, car on la voit de l’extérieur. Et quand on voit ce que les médias nous montre, on croit que la France est à feu et à sang, que les animaux sont décimés par des maladies, que l’air est irrespirable, etc… Cela amène ces gens à se dire que le monde est fou et bien loin de la volonté de Dieu et donc ne compte pas. Mais c’est une erreur, et encore une fois on oublie les victimes, l’éthique, la loi. Enfin, il faut comprendre aussi que les enfants concernés sont souvent des pré-ados et qu’ils ont encore l’âge parfois pour exprimer de la tendresse envers un grand frère ou un père. Et là si le curé n’est pas formé à la pédagogie, il ne peut pas aider l’enfant à grandir et devenir adulte. Mais si en plus il a une faiblesse intérieure et éprouve de l’émotion et des sentiments pour un enfant, le dérapage pointe son nez et là le risque de pédérastie est important car l’enfant à cet âge cherche des repères et peut parfois lui-même être ambigu. Cela signifie que le clergé a une grosse responsabilité : déjà il devrait exiger que tous les prêtres condamnés soient livrés à la justice. Encore faut-il que la justice ait lancé une mise en examen contre eux. Et là aussi c’est de la responsabilité du clergé de faire des contrôles et des enquêtes et de livrer par lui-même les hommes criminels indignes de leur sacerdoce. Mais de faire aussi des contrôles et des formations AVANT pour s’assurer qu’un prêtre est apte à s’occuper d’enfants et a le bagage et la pédagogie nécessaires pour gérer des enfants et adolescents. Enfin, il faut savoir que le pape peut tout à fait annuler une ordination comme il peut annuler un mariage, et avant cela il peut aussi exiger la perte de l’état clérical du criminel, afin qu’il ne soit plus prêtre sur terre (même devant Dieu il le reste à vie, à moins d’une annulation). Alors les choses seraient claires : un criminel ne peut pas être catholique, donc l’Eglise ne serait pas remise en question, et prenant ses responsabilités, elle purgerait ses paroisses. Ce qu’il me semble a demandé récemment le pape, et donc enfin les choses sont en cours, et ce reportage va contribuer à réchauffer la tiédeur et enfin faire comparaître les fautifs, et accompagner les victimes.

    • "un criminel ne peut pas être catholique..." ?
      Est ce bien l’Évangile ?
      S’agissant de la déontologie journalistique, c’est justement parce que la lutte contre la pédophilie est essentielle, qu’elle doit être menée avec détermination, objectivité, respect et vérité. Jean-Paul II aura plus fait pour la chute du communisme que Mac Carthy...
      Autre chose : faut-il débaptiser le nom d’André Gide, donné à un CES... C’est un grand écrivain qui, aujourd’hui serait en prison ! Les deux...

  • Je pense que E Lucet est plus accusatrice que journaliste. Elle commence par énoncer des dizaines de milliers de pédophiles dans l’Eglise, c’est outrancier et on voit ce qui va suivre, tout sur le même ton.
    Elle ne parle pas des prêtres accusés à tort et innocentés (l’affaire d’Outreau) . Aux USA combien ont été accusés et innocentés par les tribunaux parce que les tribunaux accordent de fortes sommes aux victimes, comment ne pas en profiter par un faux procès, c’est tentant
    E Lucet ne parle pas de la pédophilie dans l’Education Nationale (plus de 200 dossiers ouverts par an) ni dans les mosquées)
    Mais E Lucet a raison de dénoncer la miséricorde du Pape : si tous les accusés reconnus coupables étaient systématiquement renvoyés à la vie civile, obligés de trouver une profession, il y aurait sans doute moins de coupables
    D’autre part, les statistiques indiquent que ce qui rapporte le plus dans le monde est le commerce des armes suivi du commerce du sexe (prostitution films X, sex shop entre autres)

  • Les sujets actuellement discutés sur FC sont d’une actualité brûlante et déterminants pour l’avenir du pays.

    Une fois de plus, les catholiques montrent à quel point ils sont au coeur de ce qui préoccupe leurs concitoyens.

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