Paul VI et Mgr Romero déclarés saints par le pape François

par Denis Lensel

dimanche 14 octobre 2018

Le Pape François a canonisé aujourd’hui son prédécesseur Paul VI et l’évêque martyr du Salvador Mgr Oscar Romero, ainsi que cinq autres personnes. En la personne de Paul VI, grand artisan de la mise en œuvre du concile Vatican II, le Pape actuel voit un précurseur et un maître spirituel : ceci en particulier en matière d’ouverture apostolique au monde contemporain et de justice sociale à l’échelle mondiale, comme dans le domaine très vaste – et controversé… - du don de la vie humaine et du respect écologique de la nature créée. Le Pape Jean-Baptiste Montini a aussi été l’auteur inlassable d’une approche œcuménique des autres chrétiens, protestants et orthodoxes, sur la lancée de l’impulsion donnée par Jean XXIII à l’heure du concile. Confronté à une contestation très virulente lors de la crise de l’Eglise des années 60 et 70, il a aussi rappelé les points forts de la foi catholique dans son « Credo » de juin 1968, et il a dénoncé en 1972 « les fumées de Satan entrées dans l’Eglise », avant de proclamer une Année sainte en 1975 et d’annoncer une « Civilisation de l’amour », à ses yeux « peut-être sans défense mais invincible ».

En la personne de l’évêque d’Amérique du Sud Mgr Romero, le Pape François, fils du même continent, avait à cœur de rendre hommage à un martyr mort pour la justice : Oscar Romero a été assassiné en pleine messe en 1980 par un escadron de la mort pour avoir pris la défense des paysans de son diocèse et dénoncé les meurtres et les atteintes aux droits de l’homme dans son pays. Homme réputé de sensibilité conservatrice, il s’est néanmoins insurgé contre l’oppression violente d’une oligarchie militaire après l’assassinat d’un ami jésuite. A l’abbaye de Westminster, une statue de cet évêque martyr a été érigée dès 1998 entre celles de deux autres martyrs du XXème siècle, pasteurs protestants, le Nord-Américain Martin Luther King victime du racisme et l’Allemand Dietrich Bonhoeffer, un militant actif de la résistance spirituelle antinazie. C’est à ce type suprême de témoignage, redevenu fréquent à partir du XXème siècle comme aux premiers temps de l’Eglise, que le Pape a voulu faire écho en honorant la mémoire de Mgr Romero, en même temps que celle de Paul VI lui-même confesseur de la foi face aux faux prophètes du déclin.

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