Dimanche 8 janvier 2012

POUR FÊTER L’EPIPHANIE

par le Père Michel GITTON

mardi 3 janvier 2012

On demeure confondu quand on pense que, pour révéler son Fils, Dieu est passé par un procédé aussi peu recommandable que l’observation des astres. Après tout ces « mages » étaient des astrologues, comme il y en avait beaucoup en Orient, spécialement en Babylonie, la terre natale, semble-t-il, de ce genre de pratique. Les Prophètes en avaient démasqué la vanité : « Tu es importunée par des tas de conseils : qu’ils se présentent donc, et qu’ils te sauvent, ceux qui compartimentent les cieux, lisent dans les étoiles et font connaître à chaque nouvelle lune ce qui doit t’arriver » (Isaïe 47,13).

Pourtant la recherche menée par ces hommes « venus d’Orient » n’a pas été vaine, elle les a amenés à Jérusalem et les a poussés à s’informer auprès des autorités juives et à trouver la trace du Messie. C’est le signe que Dieu ne balaie pas d’un revers de main toute la quête religieuse des hommes, malgré son ambiguïté. Nos pères se plaisaient à lire dans la quatrième églogue de Virgile l’annonce d’un monde nouveau arrivant avec un tout jeune enfant né d’une Vierge. Le plafond de la Chapelle Sixtine représente en vives couleurs les « Sybilles » (du Cumes, d’Erythrée, etc...) dont les oracles mystérieux auraient préparé la venue du Messie, presque à l’égal des Prophètes de l’Ancien Testament.

On dira que c’est faire trop d’honneur à des textes ambigus qui parlaient probablement d’autre chose. Mais cet intérêt pour le meilleur de l’expérience religieuse des païens n’est pas sans rapport avec le regard sympathique que nous sommes invités à porter sur le monde qui nous entoure. Il n’est tout simplement pas possible que, si le Christ est la réponse au besoin le plus profond de tout homme, cette aspiration ne rencontre pas des pressentiments dans les mythes et les légendes qui ont fleuri un peu partout. Qu’elle n’ait pas éveillé des attentes repérable dans le cheminement de l’humanité.

Certes, nous devons nous garder d’identifier trop facilement le Christ de notre foi avec les spéculations encore très mêlées de magie qui se rencontrent sur le marché des religions. La rude éducation du judaïsme reste pour cela une propédeutique indispensable à la foi en Jésus-Christ : il n’y a de Dieu que Dieu. Mais cette purification ne disqualifie pas une recherche tâtonnante qui se révèle sur bien des points porteuse d’une authentique approche du divin. Depuis qu’on a prétendu « démythologiser » le christianisme en lui enlevant ses anges, ses songes et ses prophéties, en rationalisant le mystère et en remplaçant ses dogmes par des généralités moralisantes, on n’a rien gagné, bien au contraire.

Aujourd’hui, il est plus nécessaire que jamais de rattacher notre foi chrétienne à ce qui la précède et notamment à cette attente du nouveau, du merveilleux, de l’indicible qui a mis les hommes en marche vers l’Etoile. Si nous leur disons que le salut est ici-bas, que Dieu est seulement dans l’autre, qu’il ne faut pas espérer de miracle, nous serons bien légers pour leur présenter Jésus-Christ. Ne nous étonnons pas alors que d’autres, avec des bases tellement moins solides, les enrôlent pour d’autres causes...

Petit Jésus, venu dans la chair à Bethléem, toi vers qui ont marché les Mages, conduis-nous vers Ton mystère !


ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR

BAPTÊME DU SEIGNEUR

Première semaine « per annum »

A partir de mardi, nous retrouvons la vie publique de Jésus, mais toujours dans cet horizon d’"épiphanie" : chaque scène nous révèle de qui il s’agit : le Fils même de Dieu.

Dimanche : saint jour de l’Epiphanie

1. Jésus qui ramène à son Eglise tous ses enfants éloignés, dispersés et mourant de froid (lecture d’Isaïe).

 Adorons le bon Pasteur qui rassemble son troupeau.

Point spi. : ne désespérons pas du retour des frères séparés.

2. Jésus qui nous révèle le merveilleux dessein du Père de nous rassembler tous en Lui (lecture de la lettre aux Ephésiens).

 Adorons Celui qui est la Tête du corps dont nous sommes tous les membres.

Point spi. : aspirons à l’unité.

3. Jésus qui attire à lui les plus lointains, ceux qui paraissaient les plus improbables (lecture de l’Evangile selon saint Matthieu).

 Adorons l’Enfant-Dieu salué par les Mages.

Point spi. : accueillons ceux qui viennent de loin, mettons-les à l’aise.

Lundi : le Baptême du Seigneur (B) :

1. « Lui, j’en ai fait un témoin pour les nations, un guide et un chef pour les peuples », Jésus que le Père désigne comme le Roi pacifique, qui mènera les nations vers la lumière (lecture d’Isaïe).

 Adorons notre Roi au cœur doux et humble.

Point spi. : ne goûtons pas les victoires amères qui se remportent par la violence.

2. « Jésus qui est venu par l’eau et le sang », Jésus celui qui est venu dans nos vies par les sacrements (lecture de la première lettre de saint Jean).

 Adorons notre Médecin, qui n’a pas peur de toucher les plaies purulentes.

Point spi. : n’ayons pas peur de nous approcher de la source vivifiante.

3. « Il vit le ciel se déchirer et l’Esprit Saint descendre sur lui », Jésus installé au cœur de la vie trinitaire, qui s’ouvre à lui à l’heure de sa prière (lecture de l’Evangile de saint Marc).

 Adorons le Fils bien aimé du Père, en qui Il met toutes Ses complaisances.

Point spi. : ne quittons pas Jésus des yeux quand nous avons la chance de pouvoir croiser son regard.

Mardi : Le choc de Sa présence (Marc 1, 21-28)

1. Un enseignement « frappant », sortant des lieux communs et des discussions à n’en plus finir, une autorité qui est celle de Dieu qui parle.

 Admirons cette autorité sans brutalité, sans concession d’opinion, qui s’impose par sa justesse profonde, ressentons la nouveauté de ce discours libre.

Point spi : risquons nous-même une parole vraie.

2. Des gestes qui bouleversent : des gestes efficaces qui guérissent et apaisent, qui frappent de stupeur les démons.

 Ressentons le choc de ces premiers exorcismes, réjouissons-nous de ces victoires sur le mal, communions à la grande lutte du Fils de l’Homme sur tout ce qui dégrade l’homme.

Point spi : croyons à la victoire du Christ sur le mal levé en nous et dans les autres.

3. Une parole efficace : un accord inouï entre la parole et les actes, quand « dire » et « faire » sont une même chose, comme dans les sacrements.

 Accueillons l’écho de la parole créatrice, recevons ces mots (« je te pardonne », « ceci est mon corps ») avec une infinie reconnaissance.
Point spi : « que votre oui soit oui ».


Mercredi : Une journée de Jésus (Marc 1, 29-39)

1. Jésus pour qui la journée n’a que vingt-quatre heures, qui a accepté une fois pour toutes de se laisser insérer dans un cadre précis et limité, mais qui reste « l’incirconscriptible », l’insaisissable.

 Admirons la précision de son ajustement avec notre temps et avec notre espace, considérons son éternité monnayée dans notre durée.

Point spi : soyons là où Dieu nous a mis avec la liberté profonde des fils.

2. Jésus dont on découvre la bonté sans mesure, Jésus que l’on peut déranger, rendre témoin de nos petits soucis, Jésus qui écoute, Jésus qui touche les corps.

 Adorons cette donation immense, devinons la joie des bénéficiaires.

Point spi : apprenons que l’on peut se renouveler dans le don où on n’a pas mis de limite.

3. Jésus qui reste libre, sa prière qui ne se laisse pas réduire, ses veilles pleines de compassion pour notre humanité.

 Suivons en esprit Jésus qui monte seul au mont des Béatitudes, entendons sa prière, attendons son bon plaisir.

Point spi : l’exigence incompressible d’une vie intérieure.

Jeudi : la guérison du lépreux (Marc 1, 40-45)

1. Jésus touché et touchant : touché par la misère humaine, mais aussi par la foi du lépreux, et sortant du périmètre de sécurité pour le « toucher ».

 Sachons sa sainteté plus contagieuse que la maladie, regardons son visage plein de joie et celui du lépreux guéri.

Point spi : osons sortir de nos précautions à n’en plus finir.

2. Jésus obéi et obéissant : il agit avec l’autorité souveraine de Dieu, mais se soumet aux prescriptions de la Loi.

 Adorons son obéissance pleine de liberté.
Point spi : entrons dans ses vues : « allez vous montrer aux prêtres ».

3. Jésus qui commande le silence et n’est pas suivi : sa toute-puissance s’arrête au seuil de notre liberté, lui à qui obéissent les éléments et les maladies se trouve gêné par les déclarations indiscrètes de ses amis.

 Adorons sa patience, sa longanimité.

Point spi : sachons garder la discrétion sur les cadeaux du Bon Dieu.

Vendredi : Une ouverture vers le haut (Marc 2, 1-12)

1. Jésus qui, par sa seule présence, suscite l’espérance d’une guérison, qui inspire une audace que n’arrête aucune barrière.

 Adorons sa manière de laisser-faire, sentons sa joie profonde devant l’initiative de ces hommes.

Point spi : risquons tout pour renouveler notre amour.

2. Jésus qui veut guérir l’homme tout entier, qui voit derrière le mal physique la blessure de l’âme.

 Adorons le Sauveur qui nous voit comme un tout.

Point spi : ne séparons pas pour nos frères l’aide matérielle et l’évangélisation.

3. Jésus qui reçoit en pleine figure la critique et l’incompréhension des hommes.

 Adorons sa divine vulnérabilité.

Point spi : ne faisons pas écran à Jésus pour ceux qui le cherchent à tâtons.

Samedi : Le guide, le médecin, l’ami (Marc 2, 13-17)

1. Le guide : celui qui peut dire : « suivez-moi ! ». Non seulement il appelle, mais il entraîne dans une aventure qui va durer, nous permettant de mettre nos pas dans ses pas.

 Considérons sa démarche si sûre, sa conduite si ferme, admirons sa confiance en nous pour nous faire de telles propositions.

Point spi : gardons confiance dans sa direction, même au moment des passages difficiles.

2. Le médecin : conscient du mal, il ne s’en protège pas, il est sûr que sa présence est déjà une aventure et le début de la guérison.

 Admirons notre vrai Médecin, venu « guérir et sauver ».

Point spi : soumettons nos blessures, toutes nos blessures, à sa main.

3. L’ami : celui qui par amour de nous accepte les invitations compromettantes, accepte de se mêler à nos fréquentations, douteuses.

 Comprenons ce que veut dire pour lui ce choix qu’il a fait de nous, acceptons de tout partager ensemble.

Point spi : voulons le faire entrer dans toutes nos affections.

Messages

  • Bizzare cette expresionn "frères séparés", car les autres aussi utilisent la même expression !! séparés de quoi ? il est plus juste de disent mes frères chrétiens des autres déniminations ou qq comme cela !
    shalom !

  • Je pense que l"expression "frères séparés" est utilisé dans le sens séparé de l’Église fondée par le Christ, comme par exemple Henry VIII qui s"est séparé de l’Église pour fonder sa propre église (Anglicane)
    Cordialement

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