Mgr Hervé Gaschignard

Père Denis CAZAUX, vicaire général, Père Bernard HAYET, chancelier (Dax le 06/04/17)

jeudi 6 avril 2017

Jeudi 6 avril, le Saint-Siège a annoncé que le pape François acceptait la démission que lui a présentée Mgr Hervé Gaschignard de sa charge d’évêque d’Aire et Dax. Il était évêque du diocèse depuis cinq ans. Le 31 mars dernier, par un communiqué, Mgr Gaschignard avait informé le diocèse qu’il partait en repos suite à « une fatigue liée à diverses causes ». Les termes laconiques de ce communiqué ont provoqué bien des interrogations. Depuis quelque temps, des rumeurs persistantes circulaient dans le diocèse sur des paroles déplacées et des attitudes inappropriées de l’évêque dans sa relation pastorale aux jeunes. Elles sont remontées jusqu’au Saint-Siège.

Informé de la chose, Mgr Gaschignard, conscient que cette situation altérait la confiance et rendait difficile le gouvernement du diocèse, a pris trois initiatives :

- Il a rencontré M. le Procureur de la République à Mont-de-Marsan. À notre connaissance, aucune plainte à ce jour n’a été déposée auprès du procureur.

- Il a fait savoir au pape François sa disponibilité à être déchargé de sa mission épiscopale dans les Landes, si cela permettait de faciliter la recherche de la vérité. Le Pape a apporté sa réponse ce midi.

- Il a décidé de prendre une période de recul et de repos, hors du diocèse, et il l’a annoncé au retour de l’assemblée des évêques à Lourdes le vendredi 31 mars.

L’information de ce jeudi 6 avril, totalement inattendue, est un choc et pour beaucoup une stupéfaction. Nous pensons d’abord à Mgr Gaschignard et à tous ceux qui sont les plus touchés par cet événement douloureux et nous invitons les catholiques du diocèse à prier pour eux avec ferveur.

Jusqu’à la nomination d’un successeur à Mgr Gaschignard, le pape François a nommé comme administrateur apostolique du diocèse Mgr Bernard Charrier, évêque émérite de Tulle. C’est un homme reconnu pour sa sagesse. Il rejoindra la communauté diocésaine dès le lundi 10 avril pour la messe chrismale à Tartas. Dans les mois à venir, il aidera à poursuivre les perspectives ouvertes par la lettre pastorale Disciples-missionnaires de Jésus Christ. 

Messages

  • La responsabilité de VATICAN II et de ses thuriféraires est immense. En imposant un "Ordre Nouveau" (en réalité un désordre vieux comme le Monde), hostile à la sagesse millénaire de la sainte Eglise, elle a ouvert des sentiers escarpés bordés de précipices où se retrouvent les plus fragiles de ses enfants. Que le Christ, dans sa Passion, soit désormais leur modèle !

  • Je suis très choqué par cette démission forcée de Mgr Hervé Gaschignard faisant suite à de simples rumeurs...

  • Après Quimper, Dax, sans compter deux ou trois autres qui ont des problèmes relationnels. Ces évêques ont en commun d’avoir été nommés sous Benoît XVI. Aurait-on privilégié à l’époque la sensibilité ecclésiale des épiscopables au détriment d’autres qualités ?

  • Michel de Guibert, il ne s’agit pas de "simples rumeurs" , mais de témoignages recueillis par l’archevêque de Bordeaux, métropolitain de l’évêque de Dax. Mgr Gaschignard avait déjà fait l’objet d’un signalement à la justice par l’archevêque de Toulouse dont il était l’ auxiliaire. Les décisions de deux archevêques ne sauraient être assimilées à des rumeurs. Pensons d’abord aux victimes.

  • Faut-il rappeler que, aussi longtemps que les témoignages recueillis n’ont pas abouti à une plainte en justice qui confirmerait la nécessité d’une mise en examen, aussi longtemps qu’aucun jugement n’a été conclu par les autorités ecclésiastiques, c’est la présomption d’innocence - et non, comme c’est actuellement le cas, la présomption de culpabilité - qui doit prévaloir ?

    J’ajoute que, jusqu’à présent, les témoignages recueillis et non suivis de dépôt de plainte auprès de la justice, ne concernent en rien ni des actes de pédophilie ni des actes d’agression sexuelle. Que sait-on au surplus des problèmes précis des jeunes qui se sont émus de la manière d’être de Mgr Gaschignard ou de ses propos ? Des paroles peuvent être jugées "intrusives" qu’un prêtre ou un évêque se doit pourtant de poser selon les circonstances et en fonction des cas particuliers que présentent ces personnes. De ces circonstances comme de ces cas particuliers nous ignorons tout. Tout au plus pourrait-on estimer qu’il y a eu maladresse de comportement de la part d’un évêque soucieux de ses ouailles. Mais la prudence est-elle la vertu de "la grande peur des bien-pensants" ? Le Christ lui-même ne serait-il pas accusé aujourd’hui - comme par les pharisiens de son temps - d’attitudes qualifiées (dans le sabir contemporain) d’ "inappropriées" ?

  • La mesure sévère qui a été prise par Rome contre l’évêque d’Aire et de Dax ne peut se justifier, jusqu’ à présent, que par une difficulté de gouvernement qui aurait été la sienne à la suite des rumeurs et des témoignages qui ont alimenté les rumeurs. En dire plus, c’est traîner un homme dans la boue, un évêque dont le ministère, à Dax comme à Toulouse, a été fécond, particulièrement auprès de l’aumônerie étudiante. Cela aussi il faudrait tout de même le rappeler alors que notre Église elle-même, mal à l’aise dans notre société hypocrite, tout ensemble libérale, libertaire et puritaine, risque d’emprunter une voie purement mondaine, passant d’un extrême à l’autre dans le traitement de ce que l’on appelle les "affaires" et que l’on regroupe - par ignorance ou facilité ? - sous le seul terme de "pédophilie".

    Oui, ceux qui se déclarent victimes doivent être entendues, il est normal qu’une enquête soit ouverte. Il n’est ni juste ni évangélique pour autant que l’on rejette, comme autrefois on l’eût fait d’un lépreux, celui qui n’a été ni jugé ni condamné. Tout le monde parle aujourd’hui de la miséricorde. Mais il ne s’agit que d’un mot si la miséricorde, s’adressant à juste titre à ceux qui se disent victimes, est refusée à celui pour lequel on néglige la simple présomption d’innocence.

  • Mgr Gaschignard n’a nullement été condamné par qui que ce soit. Il a été relevé d’une charge pastorale, ce qui est très différent. Un évêque se doit non seulement de ne pas commettre de délits, mais en plus d’être exemplaire. C’est apparemment en ce qui concerne cette deuxième exigence qu’il a manqué de prudence, ce qui a été constaté par son archevêque. Un évêque doit avoir la confiance de son peuple : à partir du moment où des jeunes ne souhaitent plus le rencontrer parce qu’ils s’en méfient, peut-il encore exercer ce ministère-là ? Il aura toutes possibilité d’en exercer d’autres auprès d’adultes.

  • Espérons qu’il aura un ministère à la mesure des dons qu’il a reçus... si ses confrères évêques ne l’abandonnent pas, durant des mois ou même des années, à sa solitude. Quant aux jeunes qui ne souhaiteraient plus le rencontrer, sont-ils si nombreux ? Quelques exemples nous ont été cités, la protestation des parents a été soulignée. Et les autres ? Tous ceux qui doivent beaucoup à Mgr Gaschignard ne sont-ils pas plus nombreux ? Certains se sont exprimés à ce sujet, d’autres ont négligé de le faire publiquement et c’est sans doute fort regrettable. C’est ainsi qu’on repousse un homme aux marges et que, peu à peu, on l’oublie...

  • @ Bruno Anel
    Je connais un lieu de mon secteur pastoral dans mon diocèse où de bons paroissiens pétitionnent contre leurs prêtres successifs dès lors qu’ils ne leurs plaisent pas (tantôt trop tradi, tantôt trop cha-cha, tantôt trop autoritaire, etc.) et obtiennent de leur évêque qu’ils soient déplacés par "prudence" pastorale...
    Vous me permettrez de ne pas donner crédit à ce que j’appelle des rumeurs jusqu’à preuve du contraire même s’il s’agit de "témoignages" de deux ou trois personnes.
    Et le fait que ces évêques contraints à la démission (Quimper, Dax) aient été nommés sous Benoît XVI ne suffit pas à les disqualifier comme vous l’insinuez de manière assez outrageante.

  • @Michel de Guibert.
    Je n’insinue rien : je constate une coïncidence vérifiable . Cela étant, l’avenir me démentira peut-être. On peut cependant estimer que des "rumeurs" validées par trois archevêques ( d’Ornellas pour Quimper, Le Gall et Ricard pour Dax) sont plus que des rumeurs. On voit mal quel intérêt auraient ces prélats à discréditer l’ ordre épiscopal. La France n’est nullement une exception : des évêques d’autres pays ont été priés de démissionner ces deux dernières années.

  • @ Bruno Anel
    Effectivement il y avait eu le précédent de Mgr Jacques Gaillot à Évreux... lequel n’avait pas été nommé par Benoît XVI mais par Jean Paul II et n’avait sans doute pas la même "sensibilité ecclésiale"...

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