Afghanistan

Mesdames et messieurs les journalistes...

samedi 9 juillet 2011

Cyrille Hugodot, mort pour la France à 24 ans

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Durant 18 mois, vos deux collègues journalistes sont restés otages en Afghanistan. Vous leur avez apporté aide et soutien. A leur retour, ils vous ont manifesté leur reconnaissance, comme ils ont remercié les autorités de notre pays et salué l’engagement des services pour obtenir leur libération ; Et vous avez organisé de grandes fêtes pour les célébrer
Vous en avez fait des héros .Des héros...qui ignoraient que la guerre est dangereuse. Des héros...qui ont prétendu que personne ne les avait prévenus du danger Mais ça, ils ne pouvaient pas le savoir...car ils ne voulaient pas le savoir.

Et vous ? saviez vous que des héros sont morts ? Morts pour La France.

Non, vous ne le saviez pas, car vous ne vouliez pas le savoir. Le mercredi 29 juin, dans l’indifférence des journalistes, le corps du parachutiste Cyrille Hugodot est revenu en France.Vous ne le saviez pas ? Non, car vous ne vouliez pas le savoir.

C’est le 25 que Cyrille est mort à Kaboul, des suites de ses blessures reçues lors de l’engagement du 1er Régiment de Chasseurs parachutistes pour sécuriser le rapatriement de vos deux journalistes. Vous ne le saviez pas ? Non, car vous ne vouliez pas le savoir. Peu avant un autre parachutiste Florian Morillon était mort dans les mêmes conditions.

Vous ne le saviez pas ? Non,car vous ne vouliez pas le savoir.Vous préferiez faire la fête et ça.vous nous l’avez fait savoir.Cyrille Hugodot était papa d’une petite fille agée de 4 ans...vous ne le saviez pas ? Non puisque vous ne voulez pas le savoir.

Au cours des cérémonies officielles aux Invalides puis à Pamiers, comme lors de l’office religieux à Abondant (Eure-et-Loir), une petite fille de 4 ans se demandait ce qui était arrivé à son papa... Peut être, auriez vous pu le savoir... mais vous ne vouliez pas le savoir... Une petite fille de 4ans ,à qui son papa manquera plus de 18 mois. Mais ça, vous ne semblez pas vouloir le savoir. Non, vous ne pouvez pas le savoir. Car vous faites encore la fête avec vos héros. Mais la petite fille de 4 ans ? Y aura t il quelqu’un parmi les journalistes pour penser à elle ?

Mesdames et Messieurs les journalistes,

RÉVEILLEZ VOUS

Et puisque vous avez décidé d’oublier les héros Morts pour La France. essayez de ne pas oublier une petite fille de 4 ans, elle est là ,et vous regarde de ses grands yeux..

Jean de La Bâtie,

Ancien du 1er régiment de parachutistes

Père d’un parachutiste Mort pour La France

http://www.garnison-paris.terre.defense.gouv.fr/2011-06-27-plan-hommage.html

http://www.garnison-paris.terre.defense.gouv.fr/2011-06-20-plan-hommage.html

http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/t3751-lieutenant-antoine-de-jean-de-la-batie

http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Un-para-du-1er-RCP-tue-en-Afghanistan_a303.html

http://www.marianne2.fr/Afghanistan-otages-liberes-militaires-tues-deux-poids-deux-mesures_a207994.html

Messages

  • Je suis entièrement d’accord avec Jean de la Batie, son article a une importance considérable et je le remercie d’avoir évoqué avec délicatesse la femme et la petite fille de 4 ans si jeune...On a honoré avec vraiment un peu trop de bruit les deux journalistes et rien pour ce jeune militaire tombé au champ d’honneur. Pour les journalistes ce n’est pas un scoop
    c’est banal ..quoi ! Le coeur des français se meure petit à petit !

  • voici le mot que j’envoie au courrier des lecteurs de Valeurs actuelles, journal classé à droite dont les 3 éditorialistes, Christine Clerc, Catherine Nay est Denis Tillinac sont venus au secours des "pauvres otages diffamés". Je ne sais si je serai publiée, mais si cela peut permettre aux grands parents et à la maman de cette petite fille de savoir qu’elle a uen grande famille derrière elle, ce sera déjà quelque chose :
    "L’empressement compulsif de vos trois éditorialistes (tu quoque .. ! Tillinac… !) à défausser deux individus dont 72% des français (sondage orange) estiment qu’ils ont menti sur les mises en garde reçues des militaires présents sur le terrain, suscite en moi deux réflexions :
    Le corporatisme journalistique, toutes tendances politiques confondue, n’a jamais été aussi fort, ni aussi déconnecté des citoyens.
    Le mépris, feutré mais profond, des élites de droite envers les militaires, est une constante ancienne, (nous le savons par expérience et nous en sommes fait une raison) mais pas près de s’affaiblir, mais l’exploitation de leur devoir de réserve commence à poser un problème à l’heure des blogs sur internet.
    (Hasard ? seul un journal de gauche, le « nouvel Obs », s’est fait un devoir de publier les visages de nos soldats tués)
    Le fait que les prochains tués français ou afghans loyalistes les seront par des armes financées par les contribuables français, me semble mériter mieux qu’un haussement d’épaules.
    On sait par expérience que ce genre de mission internationale, dont la légitimité et l’utilité ne sont pas évidentes, est impossible avec des « arrières » qui vous tirent dans le dos :
    Aux USA où je passe quelques semaines par an et où une voiture sur deux est pourvue d’un magnet : « support our troops » ( Pensons à nos soldats ) une telle « arrogance » (c’est vous qui le dites) de la part de journalistes en ferait des pestiférés et leur vaudrait une action en justice.
    La seule conclusion cohérente est de ses retirer immédiatement en abandonnant nos « harkis » ( ?) au feu des rebelles que nous avons enrichis de façon inespérée.
    une maman de militaire

  • C’est bien de l’avoir dit. Pour le moment les médias relaient bien peu, et c’est très dommage. Peut-être est-ce parce qu’ils se sentent gênés, mais là, j’ai un énorme doute. Merci à Jean de la Bâtie, pour son intervention. J. Martine.

  • Qu’est-ce qu’on peut attendre des médias, en l’occurrence ? Rien !

    Ce petit monde vit, en dépit des apparences et des images, replié sur soi, lové comme les reptiles, pour se tenir bien au chaud, le bout de la queue près de la pointe du nez, prêts à bondir, crocs et venin dehors, dès qu’on vient les chatouiller d’un peu près.

    Bien sûr qu’ils s’en tapent allègrement des soldats français morts, sauf si ça fait de la copie mais ce n’est pas très vendeur, s’il n’y a pas du parfum de scandale à la clef.

    En revanche, les membres du sérail sont nécessairement l’objet de toutes les attentions, ce qui est une manière de se mettre soi-même en avant dans un réflexe corporatiste.

    Au-delà de la légitime inquiétude concernant deux confrères prisonniers, il y a quelque chose d’indécent dans ce compte à rebours focalisé sur deux individus dont on nous rebat les oreilles dans un refrain convenu, guépière et tape-au-nez. Compte à rebours définitivement clos il y a quelques jours.

    Et les autres otages ? Il sentent le pâté et déparent dans le PAF pour que leurs noms ne soient pas même évoqués et qu’on n’affiche pas leurs "scores" respectifs de jours de détention ?

    Les deux libérés (grâces soient rendues pour cette libération) ont-ils même exprimé l’écho assourdi d’un merci à leur atterrissage, à leur descente d’avion ?

    Non, point du tout !

    Ils se sont empressés de se justifier, de justifier leur présence sur une zone dangereuse, ils ont mis « les points sur les i », comme ils disent !

    Les millions d’euros dépensés par la France pour les ramener ? Peau de balle...

    Les efforts déployés sur le terrain pour les trouver, empêcher un déplacement et finalement les libérer ? Peau de balle...

    Les soldats morts pour les protéger ? On n’ose même pas commenter, tant la honte nous gagne pour aussi peu de reconnaissance...

    J’ai entendu, ces jours derniers, tout ce qui existe de journaliste face à un micro gloser abondamment sur la libération de G & T.

    Les images en boucle de ces deux-là nous ont également permis d’enregistrer - puisqu’ils nous le disaient, ce devait être vrai - que leur héroïsme modeste, leur abnégation tranquille, c’était pour la liberté de l’information ; en fait, c’était pour NOUS qu’ils l’avaient fait...

    Mais moi, je ne leur avais rien demandé.

    Pour autant, je n’ai jamais, à aucun moment sur une antenne, entendu prononcer le nom de Cyrille Hugodot !...

  • Complètement d’accord les vraies victimes sont souvent ignorées !

    • Bien sûr qu’avec ma femme nous partageons pleinement ce qui est écrit plus haut. Par nos prières, nous assurons les familles déchirées par ces si douloureuses circonstances, de notre profonde sympathie. Nous ne manquons pas de faire circuler le beau témoignage de souffrance des familles de nos militaires injustement ignorées.

  • Entièrement d’accord pour fustiger puis mépriser ces sots, ignorants et prétentieux que sont beaucoup de journalistes ; ceux, en tout cas, qui "arrangent" la réalité pour essayer de nous imposer la leur...! Et une pensée émue et respectueuse pour ceux qui nous défendent.

  • l’Afghanistan est un pays riche de ses richesses naturelles : gaz naturel, pétrole, pierres précieuses émeraudes, ses réserves en eau devraient lui permettre une irrigation donnant une production agricole surabondante. Mais les afghans préfèrent la culture du pavot dont ils sont les 1er producteurs mondiauxd’opium. Dans les banlieux françaises la guerre des gangs fait rage pour le trafic de drogue certains voudraient rapatrier l’armée pour sécuriser les banlieux !!les satellites peuvent localiser les champs de pavot pourquoi ne pas les bombarder les bruler ? car c’est bien ce pays qui nous fait la guerre chez nous ;lui faire une guerre économique serait plus efficace (l’armée est dans ce pays à la suite des Américains)

  • article dans Marianne mais bien des journaux aussi se sont insurgés !!
    bdev
    Le traitement médiatique de la libération, mercredi, des deux journalistes retenus en otage en Afghanistan depuis dix-huit mois suscite de vives réactions dans les milieux militaires. Elles sont de deux types, qui souvent s’ajoute l’un à l’autre. 1) La différence de traitement entre les journalistes otages et les soldats tués en Afghanistan. 2) L’imprudence supposée ou réelle des deux reporters.

    1) Sur le premier point, il est incontestable que la libération d’Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier a donné lieu à une couverture médiatique sans commune mesure avec l’annonce de la mort de militaires français en Afghanistan. D’un côté, des heures de direct, la mise en scène télévisuelle de l’émotion des proches, les commentaires de spécialistes (dont l’auteur de ce blog...). De l’autre, une vague brève en fin de journal télévisé ou dans un bas de page des quotidiens. Qui a entendu parler de Cyrille Hugodot, mort à 24 ans au service de la France ? Qui n’a pas entendu parler de Ghesquière et Taponier ? Il est malheureusement clair, et c’est un journaliste qui l’écrit, que le poids médiatique d’un journaliste est bien supérieur à celui d’un simple parachutiste. Il n’y a pas de quoi être fier.
    Les tentatives, conduites par quelques anciens, pour rendre un hommage public aux soldats morts lors du retour de leur corps en France se soldent par des échecs. Ce qui renforce le malaise.

    2) De nombreux militaires ne comprennent pas l’atitude des deux journalistes de France-Télévisions en particulier les risques qu’ils ont pris sur le terrain. Hervé Ghesquière a cru bon d’expliquer, juste après son retour, que "personne ne nous a rien dit. Que ce soit clair". Ce n’est malheuresement pas aussi clair et la direction de France-Télévisions n’ignore pas qu’il existe des traces écrites des avertissements lancés par l’armée française la veille même de l’enlèvement des deux journalistes, le 30 décembre 2009. Idem sur l’existence de conversations téléphoniques assez directes entre les deux reporters et un officier français (que l’on peut difficillement qualifié d’hostile à la rédaction de France 3 pour des raisons personnelles). Tout le monde sait qu’ils ont bien été avertis du danger de se rendre dans ce secteur non sécurisé, qui plus est à la recherche de contacts avec les talibans. D’ailleurs, tous les journalistes français arrivant sur le théâtre afghan le sont systématiquement.

    Les journalistes ont-ils le droit de prendre de tels risques ? A chacun d’en juger, mais à condition de le faire en toute connaissance de cause. Le métier de journaliste consiste aussi à aller voir le "camp d’en face". Il n’y a là rien d’éthiquement condamnable. On ne peut reprocher à Ghésquière et Taponier d’être ce qu’ils sont : des journalistes. Ce métier comporte des risques - et ils en ont largement payé le prix. Comme nous l’écrivions déjà sur ce blog en mars dernier, à la suite d’une polémique odieuse visant les deux journalistes victimes des talibans, "des Français sont actuellement retenus en otage par des groupes terroristes islamistes et ils ont été enlevés dans le cadre de leur travail. Aucun d’entre eux n’étaient là-bas pour son propre plaisir, même si tous y sont allés volontairement. Ils n’étaient ni en voyage d’agrément, ni en séjour privé."
    C’est vrai pour Denis Allex, officier de la DGSE détenu en Somalie depuis presque deux ans, pour les quatre salariés d’Areva enlevés au Niger, pour les trois humanitaires kidnappés au Yemen. C’était vrai pour les deux journalistes de France 3.

    Ces enlèvements coûtent fort cher aux contribuables français (desmillions d’euros). Ils mobilisent d’importants moyens de l’armée, du Quai d’Orsay et de la DGSE. Ils gênent, de manière parfois importante, l’action militaire et diplomatique de la France. Tout cela est exact. Et alors ? On fait quoi ? On rapatrie illico et manu militari tous les Français présents - pour leur activité professionnelle - dans des zones à risques et on laisse tomber nos otages pour faire des économies ? On interdit aux journalistes français de se rendre en Afghanistan, suaf pour des reportages bien encadrés auprès des forces françaises ? Les citoyens de notre pays se contenteront alors de ce qu’en disent les médias américains.

    En matière d’otage, la France a une pratique, aussi constante que non avouée : tout faire pour les libérer - y compris le versement de rançons importantes. C’est un choix. D’autres pays, à commencer par le Royaume-Uni, ont une autre politique : on ne cède pas, on ne discute pas. Qui, en France, serait prêt à assumer un tel choix, qui signifie la mort de compatriotes ? Et pas seulement de journalistes...

  • Pardon de revenir un peu en arrière, mais en 2003 déjà, on parlait de l’entêtement imprudent d’Ingrid Bettencourt qui avait conduit celle-ci à faire fi des avertissements de l’armée concernant les dangers d’un certain itinéraire : avec les conséquences que l’on se rappelle et le tintamare politico [cf. Villepin à l’époque ! -médiatique qui s’ensuivit...

  • Après avoir vu chaque jour les journalistes des différents journaux télévisés nous décompter les journées de détentention des deux otages retenus en Afganistan, après lecture et renseignements, je suis écoeuré de l’attitude de la presse et des medias.

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