Macron et Hollande vainqueurs du premier tour

par Denis Lensel

lundi 24 avril 2017

Emmanuel Macron et son parrain politique François Hollande, ce duo talentueux, sont les véritables vainqueurs du premier tour des élections présidentielles. Malgré l’échec global du quinquennat finissant sur fond de chômage et d’insécurité, leur équipe de manœuvriers de l’Elysée et d’ailleurs a réussi à jeter à la trappe le candidat de la Droite François Fillon au bout d’une campagne impitoyable et déloyale.

Avec l’aide de puissants soutiens financiers et de relais médiatiques dominants et omniprésents, Macron a réussi son pari de se qualifier pour la « finale » du second tour, face à Marine Le Pen, la candidate chevronnée du Front national.

Le « FN » est devenu l’épouvantail permanent de la classe politique depuis qu’il a été lancé conjointement par François Mitterrand le « Florentin » et par l’impulsif Jean-Marie Le Pen, en étroite connivence, au début des années 80. De façon à maintenir l’Etat-PS au pouvoir le plus longtemps possible, en cassant l’électorat de droite en deux factions farouchement opposées…

Aujourd’hui, le mouvement lepéniste sert encore de faire-valoir utile à la Gauche, mais c’est pour contribuer à un passage de relais de Hollande à Macron, et du PS à bout de souffle à l’appareil macronien « En Marche ». Cette nouvelle machine politique de rechange va recycler un maximum de socialistes rescapés du quinquennat hollandiste, tout en enrôlant des alliés utiles chiraco-juppéistes au centre et dans les milieux indéterminés de la Droite libérale. Sous la houlette de l’infatigable François Bayrou et de quelques rabatteurs nostalgiques des combines parlementaristes de la IVème République.

De cette Droite libérale en état de choc, il ne reste actuellement que quelques cadres hébétés errant au milieu des ruines du parti des « Républicains », comme les habitants d’un immeuble soufflé par la bombe d’un attentat terroriste… Dès la soirée électorale fatale, abasourdi par sa défaite brutale, immédiatement vilipendé par les gens de sa « famille politique » divisée, François Fillon, chargé de tous les péchés de l’hémicycle de 1981 à aujourd’hui, a esquissé une sorte d’autocritique en forme d’aveu public de responsabilité personnelle. Et sans plus réfléchir, exténué par cette campagne qui tenait plus du lynchage médiatique que du débat démocratique, il a appelé à voter pour son adversaire Emmanuel Macron, là où d’autres attendaient un délai de concertation, ou bien ne donnaient aucune consigne de vote précise à leurs électeurs…

Dans ces conditions, le jeune Emmanuel Macron, presque étonné de cette victoire facilitée, se dispose à devenir Président d’une République oligarchique où la notion d’opposition est désormais presque taboue, et en tout cas estimée politiquement incorrecte… Il n’est pas sûr que la véritable démocratie y trouve vraiment son compte…

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