Macron en pleine immersion populaire dans la Drôme

par Denis Lensel

samedi 26 janvier 2019

Emmanuel Macron a su créer la surprise cette semaine en s’invitant à un débat de la population de Bourg-de-Péage dans la Drôme : il s’est plongé dans un échange de plus de trois heures avec environ deux cents habitants de cette localité, peu après une première rencontre avec une soixantaine de maires du département et avec Laurent Wauquiez à Valence, puis après un dialogue informel avec des personnes âgées dans une structure d’accueil de jour.

S’intégrant dans une des étapes locales du grand débat national lancé ce mois-ci, le président de la République a pu rencontrer ainsi directement des citoyens français, parmi lesquels plusieurs « gilets jaunes », en se prêtant au jeu des questions et des réponses animé par Mme la maire PS de la ville, elle-même prévenue peu auparavant. Un jeu dans lequel il s’est vite senti à l’aise, renouant un peu avec l’ambiance de sa campagne électorale de 2017, bien que le contexte de la fronde des « Gilets jaunes » soit beaucoup plus tendu…

Parfois interpellé par des contradicteurs acides, mais souvent applaudi, Macron était entraîné par la vitesse acquise de ses deux marathons de la semaine précédente parmi 600 maires normands puis autant de maires occitans : mis en cause comme ancien collaborateur d’une banque d’affaires, il a rétorqué : « Je ne suis pas un héritier, personne dans ma famille n’était banquier, ni politicien, ni énarque. Si j’étais né banquier d’affaires ou avec une cuillère en argent dans la bouche, vous pourriez me faire la leçon. Ce n’est pas le cas. »… Le reste de cette longue soirée, il a répondu à des questions très diverses dans une ambiance plus détendue, depuis des cas personnels parfois dramatiques jusqu’à des questions de politique générale ou de fiscalité.

Face à l’accusation de mépris ou d’indifférence vis-à-vis des protestataires, Macron oppose cet argument : « Je ne vais pas faire de débat avec des « gilets jaunes », sinon ils vont refuser de parler avec les maires. Et ça voudrait dire quoi ? Que ceux qui n’ont pas de gilet jaune ne méritent pas de débat ? Je débats avec des citoyens de la République ».

Interrogé sur l’hypothèse de « referendums d’initiative citoyenne », Emmanuel Macron s’est montré assez réservé, sans écarter totalement cette idée, estimant qu’« on ne gouverne pas un pays par referendum ». Et observant, à l’heure du « Brexit », qu’« en Europe, des referendums ont été manipulés par des puissances étrangères »…

Le lendemain, c’était au tour du Premier ministre Edouard Philippe de se lancer dans une rencontre semblable avec des « citoyens de la République », dans le département des Yvelines : y est-il allé à plus ou moins de 80 km/h, cela n’a pas été précisé officiellement, mais ce n’était pas le seul sujet de ce nouvel échange…

De telles rencontres avaient été décidées pour renouer un dialogue trop longtemps interrompu ou mal engagé entre la population et plusieurs générations de dirigeants politiques. Il semble que ces initiatives puissent porter des fruits, en permettant l’expression des uns et l’écoute des autres, et en levant d’éventuels malentendus. Ou en désarmant des hostilités solidement ancrées… Mais ce n’est pas une mince affaire.

Denis LENSEL

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