Les traditions de la crèche et du sapin

par Jean Etèvenaux © Acip

mardi 23 décembre 2014

La populaire crèche de Noël apparaît comme relativement récente, attribuée à saint François d’Assise aux XIIe-XIIIe siècle. Mais la représentation de la naissance du Christ demeure plus ancienne, puisque ce fut au milieu du IVe siècle que le pape Libère fixa la Nativité au 25 décembre, marquant ainsi le début de l’année liturgique. C’est de la même époque que datent les deux plus anciennes représentations connues : une peinture murale, dans les catacombes romaines de Saint-Sébastien, ornant la chambre mortuaire d’une famille chrétienne ayant vécu aux environs de 380 et une scène peinte sur un sarcophage de la basilique de Saint-Maximin représentant l’adoration de l’Enfant-Jésus par les rois mages.

Le terme — venu de l’allemand Krippe [lit de bébé] — désigne d’abord la mangeoire pour les animaux dans laquelle la Vierge a déposé Jésus à sa naissance selon saint Luc, puis l’ensemble du lieu de la Nativité et même la scène globale de l’événement. François d’Assise, conscient de l’impossibilité pour les pèlerins de se rendre en Terre sainte occupée par les Turcs, aurait fait célébrer en 1223 la messe de minuit à Greccio, en Italie centrale, devant une étable où hommes et bêtes incarnaient ce qui s’était déroulé douze siècles plus tôt. Puis les mystères et les jeux médiévaux interprétés dans les églises puis sur les parvis amenèrent des crèches spectacles, qui prirent ensuite le nom de crèches publiques, de crèches parlantes ou de pastorales ; il y eut même, à la fin de l’Ancien Régime, une crèche bisontine de marionnettes représentant des personnages types de la société locale.

Au XVIIIe siècle, dans l’aristocratie et la bourgeoisie, on mit au point des boîtes vitrées décorées, appelées grottes ou rocailles, avec des figurations de l’Enfant-Jésus, ainsi que des scènes de la vie du Christ et des saints, réalisées en cire, en mie de pain ou en verre filé. Les crèches napolitaines connurent ainsi un grand succès. Sous la Révolution, des crèches privées ouvertes au public attirèrent les fidèles et les santonniers commencèrent à travailler à une grande échelle, notamment en Provence, mais aussi en Dauphiné, en Roussillon et en Languedoc.

Quant au sapin de Noël, quoique ses origines remontent aux XVe et XVIe siècles en Allemagne — certains parlent même de saint Colomban dans les Vosges au VIe siècle ou de saint Boniface en Hesse au VIIIe siècle —, ce n’est qu’au XIXe siècle que sa mode s’est répandue en Europe. L’époux de la reine Victoria, le prince Albert, de la famille de Saxe-Cobourg-Gotha, en est crédité pour le Royaume-Uni et, en France, la duchesse d’Orléans, née Hélène de Mecklembourg-Schwerin, l’aurait introduit à Paris en 1840. C’est après le milieu du XIXe siècle que la coutume s’élargit aux classes moyennes puis populaires. Elle fut dès lors vite associée aux cadeaux et aux présents.

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