Traduit par Vincent de L.

Les égalitaristes radicaux dans la fuite en avant

par George J. Marlin

mercredi 20 juillet 2016

Dans les derniers mois de l’administration Obama, les radicaux embarqués dans la bureaucratie fédérale travaillent sans relâche pour imposer un calendrier idéologique au peuple américain. Par exemple, le ministère de la Justice a émis des assignations contre ceux qui nient le changement climatique, dans une tentative d’étouffer la dissidence et de clore le débat. En mai, les ministères de la Justice et de l’Éducation ont émis un avertissement commun aux districts scolaires de tout le pays, menaçant de suspendre l’aide fédérale si les étudiants transgenres n’obtiennent pas l’autorisation d’utiliser les douches et les toilettes qui correspondent à leur « ressenti interne du genre ».

Cet affolant excès de pouvoir du gouvernement est conduit par un sens perverti de l’égalité. Ses partisans ont rejeté l’égalité des chances au profit de l’égalité des résultats ou des conditions. Les libertés civiles sont rejetées en arrière parce que cette égalité brute est – pour eux – plus importante que la liberté. On est bien loin de l’égalité enseignée par l’Église, qui est à la base des principes fondateurs de l’Amérique.

Tous les hommes sont fondamentalement égaux parce qu’ils sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Pourtant, alors que tous les nouveau-nés sont spirituellement égaux, ils ne possèdent pas tous les attributs humains au même degré. Ces différences naturelles ou accidents, ainsi que les nomme St Thomas d’Aquin, comprennent l’intelligence, la force, la beauté, l’imagination, les dispositions et le courage. Par conséquent, certains sont plus beaux, tandis que d’autres sont des athlètes supérieurs. Et il y a les gens ordinaires qui surpassent parfois leurs supérieurs parce qu’ils ont la volonté de persévérer et de refuser de cesser de travailler avant d’avoir atteint leur but.

Dans son encyclique Quod Apostolici Muneris (1878, « sur les erreurs modernes »), le pape Léon XIII explique l’enseignement catholique sur l’égalité. Conformément aux enseignements des Évangiles, l’égalité des hommes consiste en ceci : ayant hérité de la même nature, tous sont appelés à la même dignité la plus haute de fils de Dieu et, comme une seule et même fin est placée devant tous, chacun sera jugé selon la même loi et recevra récompense ou punition selon ses mérites. L’inégalité des droits et des pouvoirs procède de l’Auteur de la nature Lui-même, « de qui provient toute paternité au ciel et sur la terre. »

Les États-Unis furent fondés sur la même croyance que « les lois de la nature et du Dieu de la nature » rendent les hommes égaux. Thomas Jefferson exprime ce point de vue dans le projet initial de la Déclaration : « Nous tenons ces vérités pour sacrées et indéniables, que tous les hommes sont créés égaux et indépendants, que de la création même dérivent des droits inhérents et inaliénables, parmi lesquels la préservation de la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »

Pour les Fondateurs, les hommes sont égaux aux yeux de Dieu, égaux devant la loi et ont droit à l’égalité des chances pour poursuivre leur route vers le bonheur et tirer le meilleur de lui-même. Par conséquent, la tâche du gouvernement est de protéger ces vérités évidentes en soi, non pas en imposant des schémas abstraits sur la société, mais en la représentant.

Ce qui a rendu l’Amérique exceptionnelle, durant les premières décennies de la république, fut la réussite des jeffersoniens et des jacksoniens à concilier les droits individuels et l’égalitarisme. Le politologue Aaron Wildavsky estime que l’alliance était possible parce qu’« ils identifiaient le gouvernement central comme une cause d’inégalité. Par conséquent, les égalitaristes et les individualistes se rejoignaient en limitant sévèrement la taille et les attributions du gouvernement central. »

Andrew Jackson, le fondateur du Parti Démocrate moderne, rejetait l’affirmation selon laquelle il y avait un conflit inhérent entre la liberté économique et l’égalité politique. Le vrai coupable était un gouvernement central puissant, pas les marchés concurrentiels. Un gouvernement fort était inégalitaire parce qu’il favorisait les politiques de copinage capitalistes qui bénéficiaient aux riches et à ceux qui étaient bien desservis, et pas à l’homme ordinaire. Et pour contrôler cette tendance, la séparation des pouvoirs de la Constitution stipule que les droits et les partis politiques doivent être sauvegardés.

Que le gouvernement national soit inégalitaire, par sa nature même, a été consciemment rejeté par les gauchistes radicaux au 20e siècle. La liberté de rechercher le bonheur et la propriété, affirment-ils, contredit l’égalité. Leur conception de l’égalité n’a pas d’intérêt à la croissance économique, ni à la récompense des talents et du zèle. Ils rejettent l’individualisme concurrentiel qui met l’accent sur les différences, au profit du collectivisme égalitaire qui élimine les différences.

Habiliter les bureaucrates fédéraux à redistribuer des « trucs » aux soi-disant démunis est leur principale préoccupation. Et au 21e siècle, les « démunis » qu’ils ont maintenant étendus pour y inclure les femmes, les minorités, les pauvres et les personnes âgées, représentent la majorité des Américains.

Les égalitaristes radicaux ont également imposé brutalement les calendriers féministes, environnementaux, homosexuels et transgenres par décrets règlementaires et judiciaires. Les opposants à ces constructions idéologiques sont condamnés, non pas comme étant seulement dans l’erreur, mais comme bigots ou comme dépravés. Au nom de l’égalité, ainsi que l’observe Wildavsky, ils « font de la discrimination en faveur des groupes désignés ».

Un barrage sur leur route pour assurer la conformité culturelle est l’Église catholique. L’Église est méprisée parce qu’elle a été établie par le Christ comme une institution hiérarchisée et non pas comme une organisation égalitaire ; elle est habilitée à discerner le vrai du faux sur la base de vérités révélées et non pas sur un relativisme épistémique. Les égalitaristes radicaux ne seront pas en repos avant d’avoir rétréci le droit constitutionnel de la liberté de religion à la liberté de culte, dépouillé l’Église de son autorité à représenter l’État dans le mariage, et révoqué son exemption d’impôts.

Et si Hillary Clinton gagne un bail de quatre ans à la Maison Blanche, n’espérez pas qu’elle limite l’action de ces zélotes. Nous nous souviendrons que Mme Clinton a publiquement approuvé les valeurs anti-démocratiques lorsqu’elle a déclaré l’an dernier que les opposants « aux codes culturels, croyances religieuses et biais structurels profondément ancrés doivent être changés ».

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George J. Marlin, Président du Board of Aid to the Church in Need USA, est l’éditeur de The Quotable Fulton Sheen, et l’auteur de The American Catholic Voter, et Narcissist Nation : Reflections of a Blue-State Conservative. Son ouvrage le plus récent est Christian Persecutions in the Middle East : A 21st Century Tragedy

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Illustration : Le Jugement Dernier, par Jean Cousin le Jeune, v. 1590 [Louvre, Paris]

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Source : https://www.thecatholicthing.org/2016/05/25/radical-egalitarians-on-the-loose/

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