Les défunts

2006

La prière pour les défunts n’a pas disparu du culte chrétien, à preuve les messes et les prières demandées pour les défunts, c’est peut-être même la dernière chose qui disparaîtra, le culte des morts étant une des composantes de la conscience religieuse de l’homme de tout temps. Mais elle a besoin d’être évangélisée. Ce fut le coup de génie de l’Eglise d’arrimer le jour des défunts à la célébration de tous les saints. Avant de nous intéresser à nos morts, sur les quels nous n’avons pas de lumière directe, nous pensons à ceux qui ont sûrement gagné, ceux qui constituent l’immense cité de la joie auprès de l’Agneau vainqueur et nous nous réjouissons, sûrs de savoir que l’aventure a un terme heureux et qu’il ne s’agit pas d’une morne survie dans un au-delà sans consistance.

Mais nous avons besoin de revenir à nos défunts, en route, nous l’espérons, vers ce but et de percevoir la sollicitude du Christ pour eux qui ne sont pas encore arrivés au terme de leur purification. Il est vrai que beaucoup d’enterrements aujourd’hui ressemblent à des séances de béatification, et que l’on ne parle pas facilement du Purgatoire. Mais il faut peut-être être sérieux et voir l’abîme qui sépare nos vies même généreuses, même pieuses, de l’absolu de Dieu. L’homme n’entre pas de plain-pied dans le monde de la gloire. Notre Dieu est un « feu dévorant » et les mêmes flammes qui réchauffent et illuminent les bienheureux, consument les damnés et brûlent les liens qui attachent encore les âmes à la lourdeur de leur passé. La doctrine du Purgatoire, dégagée de toute fantasmagorie, se révèle comme une merveilleuse histoire d’amour, où la souffrance même est le chemin d’une guérison qui respecte l’homme dans ce qu’il est, car Dieu ne l’asservit pas à ce qu’il a été, mais ne le traite pas non plus comme un irresponsable dont la conduite antérieure pourrait être effacée d’un coup d’éponge.

Et puis le Purgatoire est une merveilleuse école de solidarité. Priant et offrant pour nos défunts, nous faisons l’expérience d’une charité totalement désintéressée, puisque nous n’en percevons aucune contrepartie visible. Mais, dans la foi, nous savons que nous pouvons faire avancer ce père, cette mère, cette ami, qui sont pour nous désormais des frères en Christ, pauvres âmes dénudées de leur corps, confrontées soudain sans défense à l’indicible majesté du Christ. C’est aussi l’heure où la douce pitié de Marie « refuge des pécheurs » se dévoile au maximum, l’heure où les saints qui ont franchi la grande épreuve tendent une main secourable à ceux qui ont davantage tergiversé, mais qui ont fini par dire oui à l’Amour.

Ne manquons pas cette occasion de revisiter tout un pan de foi. Joignons à l’évocation dominicale de la Résurrection le soin de toutes ces âmes tendues vers le but de leur vie.

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