Le souvenir de Solidarnosc

par Gérard Leclerc

jeudi 7 février 2019

À la suite des journées d’Abou Dhabi, Jean-Pierre Denis a écrit un éditorial enthousiaste dans La Vie. Henrik Lindell remarque que c’est « du pur Jean-Pierre » ! Je le crois volontiers et serais assez prêt à soutenir cet enthousiasme si s’enchaînait tout de suite un mouvement d’approbation en faveur de cette réconciliation des religions. Mais la comparaison que le directeur de La Vie établit entre l’épopée polonaise de Jean-Paul II et l’initiative de son successeur François, qui pourrait susciter un véritable printemps arabe, a retenu toute mon attention. Cette épopée polonaise, l’épopée de Solidarnosc a particulièrement marqué ma génération. Nous y avons communié intensément, parfois même en militant activement avec tout ce peuple soulevé pacifiquement à l’appel de son Pape.

Comme journaliste, j’ai quelques souvenirs mémorables. Par exemple, nous étions tout un groupe avec le futur Mgr Riocreux, actuel évêque de Basse-Terre, sur l’immense aéroport de Zaspa à Gdansk, lors du troisième voyage de Jean-Paul II dans son pays natal. Impression extraordinaire d’une foule entraînée par son pasteur. Le système soviétique était toujours en place. Andropov avait succédé à Brejnev à Moscou. Le sort était encore incertain. Mais la dynamique en route aboutira à l’effondrement d’un système qui avait paru longtemps inébranlable.

L’Institut catholique d’études supérieures de La Roche-sur-Yon vient de consacrer tout un colloque à cette épopée de Solidarnosc. J’espère que les actes en seront publiés, ne serait-ce que pour resserrer les liens entre la Pologne et la France. Car la période est plutôt délicate pour nos relations mutuelles. La Pologne s’est elle-même divisée, comme les anciens dirigeants et militants de Solidarnosc. Et il nous est difficile d’avoir un jugement équilibré sur sa situation actuelle. Bernard Lecomte, qui fut un des correspondants les plus présents et informés lors des événements, regrette qu’il n’existe plus le front journalistique spécialisé des années névralgiques. Il serait fâcheux que nous nous éloignions par trop de cette Pologne qui a fait vibrer nos cœurs, avec Jean-Paul II, Lech Walesa et ses foules immenses. Il est vrai que l’histoire est toujours à construire et à reconstruire.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 7 février 2019.

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