Le prêtre n’est pas un otage ordinaire

par Gérard Leclerc

lundi 18 novembre 2013

Nous sommes malheureusement habitués aux prises d’otages. L’actualité les met au premier plan, dès que nous apprenons que des humanitaires, des journalistes, des cadres d’entreprise ont été arrachés à leur métier, à leur famille, à leur libre vie familière, pour devenir des instruments de chantage, des objets de transaction, des motifs de crainte ou même de terreur. Les puissances occidentales, et notamment notre pays, sont ainsi régulièrement mis en demeure d’abandonner de leur superbe, de reconnaître leur fragilité, parfois jusqu’à l’humiliation. Sans doute est-ce aussi l’occasion de belles manifestations de solidarité. Et lorsque par bonheur, c’est la fin de l’épreuve, l’otage est solennellement accueilli, célébré, avec cette réserve toutefois que l’on sait ou devine quel tribut psychologique ont payé ceux qui ont traversé la nuit des captivités précaires et des angoisses sans fin.

Le prêtre qui est, à son tour, distingué pour être capturé par un groupe terroriste, n’échappe pas au lot commun et à la fraternité de la condition d’otage. Pourtant, il apporte une particularité liée à la marque indélébile de son sacerdoce. L’exemple des moines de Tibéhirine est, de ce point de vue, tout à fait éclairant, avec le testament prémonitoire de Christian de Chergé. De même, avec l’exemple du père Georges Vandenbeusch, nous sommes contraints de réfléchir à ce que l’agnostique Malraux avait détecté à la lecture de Bernanos et au contact d’un prêtre comme son ami le père Pierre Bockel. Le prêtre, c’est celui qui, d’emblée, a choisi d’être mené là où il ne sait pas où il sera mené, par solidarité inconditionnelle avec le peuple auquel il s’est voué, et dans la communion totale avec le Christ qui le constitue serviteur et frère universel.

Les avertissements n’ont pas manqué au père Georges, qui savait tous les risques encourus dans cette région limite du Cameroun. Les autorités françaises avec lesquelles il était en contact constant, n’ont cessé de l’en avertir. Il savait très bien qu’il côtoyait des guerriers venus se réfugier à proximité, et lui-même accueillait le flot de ceux qui fuyaient les combats meurtriers du Nigeria voisin. Il avait fait le choix d’être pasteur de ce peuple-là dans ce pays-là, et rien n’aurait pu le persuader d’abandonner ceux qui lui étaient confiés. Avec ses anciens paroissiens de Saint-Jean-Baptiste de Sceaux, nous prions pour sa délivrance. 

Messages

  • En effet,le prêtre n’est pas un otage ordinaire. S’il a tenu à rester, c’est pour témoigner. Comme les moines de thibbhirine. "Témoin" est la racine de Martyr. Tous les témoins de Jésus-Christ assassinés à cause de leur foi sont des martyrs. Ce prêtre a été enlevé par des musulmans, si il meure il sera un martyr de la foi. Nous prions tous pour sa libération.

    Mais de deux choses l’une. Soit le prêtre est un citoyen comme un autre et doit obéïr à son Gouvernement lorsqu’il est averti d’un danger imminent, soit il ne l’est pas et comme prêtre il a le droit de choisir de témoigner jusqu’au bout, au péril de sa vie.

    Si le prêtre est un citoyen ordinaire, alors la France doit faire comme elle le fait pour les otages ordinaires. Mais si le prêtre n’est pas un otage ordinaire car il l’a choisi de prendre ce risque pour témoigner de sa foi...alors il doit en assumer les conséquences.

    Pour sa libération, il doit compter sur Dieu seul, et sur la solidarité de son Eglise et de ses frères et soeurs...
    Mais les contribuables français n’ont pas à payer pour son choix de témoigner à ses risques et périls !
    Dans le cas contraire, il ne s’agirait pas d’héroïsme, mais d’inconscience...

    Quand St François d’Assises est allé voir le Sultan, au risque de sa vie, pour le convertir, il en avait accepté les risques...et ne comptait pas sur le paiement d’une rançon pour le sauver de son imprudence !

    Seigneur, délivres ton fils, prisonnier de musulmans barbares !
    Seigneur prends pitié de nous et gardes nous de toute témérité.

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