Traduit par Dominique

Le mythe de la surpopulation et la nouvelle moralité

Par Howard Kainz

vendredi 14 décembre 2012

Beaucoup de ceux d’entre nous qui ont connu les années soixante se souviendront du livre de Paul Ehrlich, paru en 1968 sous le titre « la bombe démographique », qui terrorisa l’opinion et eut une profonde influence sur la perception par les médias des questions de population. Ehrlich ressuscita la théorie de Thomas Malthus datant du XVIII e siècle et discréditée depuis selon laquelle la population mondiale dépasserait toujours les ressources alimentaires à moins que la population ne soit strictement contrôlée. Il prédit la survenance de famines mondiales dans les années 1970, et, avant la fin du XXe siècle, la faim pour des centaines de millions d’habitants, la faillite de l’Inde et la disparition de l’Angleterre.

L’ouvrage d’Ehrlich ne marquait pas le début de la panique générale de la surpopulation mais avait été précédé par des actions prises par le gouvernement de Lyndon Johnson. En 1965, devant les Nations Unies, le président Johnson déclarait que « cinq dollars investis dans le contrôle de la population équivalaient à cent dollars investis dans la croissance économique », et il encourageait une politique de stérilisation en Inde comme condition préalable à toute aide alimentaire américaine.
Le contrôle des naissances fut gravé dans le marbre dans le mémorandum sur la sécurité nationale intitulé « implications de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des Etats-Unis et de ses intérêts extérieurs » qui fut adopté officiellement comme principe de la politique étrangère des Etats-Unis. En 1976, un document de suivi recommandait l’usage de l’aide alimentaire comme moyen de régulation de la population au plan global.

Cette politique a toujours cours de nos jours. Des subventions d’aide étrangère sont conditionnées par l’exigence d’une régulation des naissances. Il n’est pas rare que les produits distribués dans des régions stratégiques ne soient pas de la nourriture ou des médicaments mais des contraceptifs. Stephen Mosher, auteur de « Contrôle des naissances : coûts effectifs, bénéfices illusoires », cite les réflexions d’un obstétricien kenyan :
« Notre système de santé est en lambeaux. Des milliers de kenyans meurent de paludisme, dont le traitement ne coûte que quelques centimes, dans des centres de santé dont les étagères sont pleines de millions de dollars de pilules contraceptives, d’IUD, de Norplant, Depo-Provera etc., financés pour l’essentiel par l’argent américain. »

Le désir largement répandu de réduction de la population mondiale est en soi fort étrange. La terre ne manque pas d’espace. Le site www.populationmyth.com a publié en 2007 une carte des Etats-Unis qui montrait que les 6,5 milliards d’habitants vivant sur la planète pouvaient tout à fait tenir dans chacun des Etats américains, depuis le Rhode Island à raison de 4 pieds carrés par personne jusqu’au Texas avec 1123 pieds carrés par personne.

Un institut de recherche sur la population (www.pop.org) poursuivant l’exemple du Texas, a montré que si d’aventure les 7 milliards et quelques d’habitants sur la planète étaient regroupés dans cet Etat, chaque famille bénéficierait d’assez d’espace pour disposer d’une maison et d’un jardin (en comptant sur la construction d’immeubles de plusieurs étages). Un ingénieur a même calculé ce qu’il faudrait pourvoir en eau et en nourriture à partir de la rivière Columbia et le terroir américain dans l’hypothèse de ce regroupement de population (www.simplyshrug.com).

Sans entrer trop avant dans ces questions arithmétiques, on voit que le problème n’est pas celui de l’espace. Qu’entend-on donc par « surpopulation » ? A l’évidence c’est le trop grand nombre de pauvres avec l’idée que si les pauvres arrêtaient de se reproduire, ils échapperaient quelque part à la pauvreté. En admettant que l’on réduise la population d’un tiers, est-ce que le pourcentage de pauvres diminuerait automatiquement ? Pas nécessairement. Le pourcentage pourrait même s’accroître : parents âgés, non aidés par des enfants et des collatéraux en nombre réduit, assistés par l’Etat ; économies fragilisées par la réduction du nombre des actifs ; rebelles conquérant le pouvoir et réduisant les gens au servage ; dirigeants politiques faisant fi des limites constitutionnelles et ne connaissant plus de bornes à leur ambition, etc.

Ce qu’on appelle « surpopulation » se ramène ainsi au problème politico-économique éternel de la juste répartition des ressources de la terre. C’est une question politique et géopolitique complexe qui ne peut pas être résolue par des remèdes simplistes tels que la réduction de la population du globe. Cette politique a en réalité conduit à « l’hiver démographique » des Européens, Russes, Japonais et d’autres communautés qui, à cause de la chute de leurs taux de natalité, tombent en-dessous du taux de remplacement des générations.

La même année que le livre de Ehrlich, 1968, paraissait l’encyclique du pape Paul VI « Humanae vitae » sur la contraception. Celle-ci a immédiatement suscité une vague de protestations parmi les Catholiques, à commencer par la déclaration signée de 200 théologiens catholiques parue dans le « New York Times » du 30 juillet 1968, exprimant l’avis que les fidèles non convaincus en conscience par les arguments du Magistère étaient justifiés dans les cas où le Magistère différait du sens commun des fidèles. Les consciences catholiques, fondées sur les conclusions scientifiques faisant état de la surpopulation du globe, étaient en droit de justifier sur cette base leur désaccord en conscience sur la contraception.

De nouveaux concepts de moralité apparurent. Des couples utilisant des moyens contraceptifs pouvaient être fiers de ne pas contribuer à l’aggravation d’un problème universellement reconnu. Ne pas avoir d’enfants du tout pouvait passer pour un sens élevé de responsabilité sociale ! Des éducateurs et des hommes politiques adeptes de la « sexualité protégée » pouvaient s’estimer heureux de contribuer ainsi à la réduction du nombre de pauvres dans les cités.

Les pro-vie pouvaient même se féliciter de contribuer ainsi à la réduction du nombre des avortements. Des régimes dictatoriaux comme la Chine avaient toute liberté pour mettre en œuvre leur politique de l’enfant unique. Des gouvernements dotés d’une tradition plus démocratique, comme les Etats-Unis, pouvaient se contenter de prévoir de faire rembourser par les assurances sociales le coût des contraceptifs et des moyens de stérilisation, et d’espérer atteindre un objectif assez comparable à la politique chinoise de l’enfant unique, quand l’opinion serait en mesure de l’accepter.

La source de problèmes monumentaux réside dans la tentation d’user de remèdes simplistes pour les résoudre. La préoccupation de l’accès, de la production et de la répartition des ressources mondiales est permanente, c’est un problème politique global et éternel. C’est un problème qui ne peut pas être résolu et peut même être aggravé par des politiques visant à combattre la surpopulation par le biais de la contraception.

Source : http://www.thecatholicthing.org/columns/2012/the-overpopulation-myth-and-the-new-morality.html

http://www.youtube.com/watch?v=vZVOU5bfHrM&feature=player_embedded

Messages

  • Bonjour,

    Je crois que vous êtes un peu sévères envers le pasteur Malthus.
    Plutôt que de penser qu’il a eu tort on peut au contraire estimer qu’il a eu raison avant les autres en anticipant cette réalité incontournable qu’une croissance infinie est impossible dans un monde fini.

    Bien sur, dans un premier temps les progrès technologiques ont permis d’exploiter plus intensément les ressources (essentiellement énergétiques) de la planète et d’augmenter la productivité agricole mais ceci n’aura qu’un temps et durant cette période la population a fortement augmenté sans que la Terre ne gagne un seul mètre carré.

    Non, l’idée fut-elle sympathique, le problème n’est pas qu’une question de répartition, les chiffres absolus ont aussi leur sens. Nous sommes 35 fois plus nombreux qu’à l’époque de Jésus-Christ. Ce n’est pas anodin. Chaque homme dispose aujourd’hui de 35 fois moins d’espace qu’à cette époque. Les ressources s’épuisent et tous les animaux de la planète disparaissent

    Imaginez en effet que par un miracle quelconque nous puissions résoudre les problèmes d’alimentation, d’energie et de pollution ; cela voudrait-il dire que nous pourrions être aussi nombreux que nous le voulons ? Non bien sûr, car il faut respecter le reste du vivant. Au cours des 110 dernières années le nombre des grands félin a été divisé par 30 (soit une baisse de 97 %). Pendant ce temps, le nombre des hommes a été multiplié par 4 (soit une hausse de 300 %) !

    Peut-on continuer sur cette voie ? Veut-on un monde plein de 20 milliards d’hommes tous entassés (car encore une fois nous ne gagnerons jamais un mètre carré) sans plus un seul animal sauvage ? Est-ce cela l’humanisme ? Veut-on que demain, car inévitablement la stabilisation de la population sera un jour obligatoire, que des mesures antinatalistes strictes soient rendues nécesssaires ? Ou contraire en limitant dès aujourd’hui notre fécondité veut-on d’une humanité plus durable et plus respectueuse des autres êtres vivants ?

    Pour ma part, je choisis la seconde solution et Malthus ne me semble pas mériter les critiques que vous lui faites ni ses théories devoir être discréditées, bien au contraire.

    Bien Cordialement

    Didier Barthès
    Porte-parole de l’association Démographie Responsable

  • La réflexion de l’obstétricien kenyan est tout à fait étonnante et à l’opposé de ce qui se passe actuellement dans son pays. En effet, le Kenya vient justement de décider de mettre en œuvre une politique extrêmement volontariste de maîtrise de sa natalité.

    Dans un article paru tout récemment (30/10/2012) sur le journal kényan "Daily Nation", on peut lire ceci : « Un plan pour stopper la croissance rapide de la population du Kenya a été décidé mardi. Un appel a été lancé aux citoyens pour utiliser les méthodes de planification familiale. La "politique de population pour le développement national" officiellement lancée par le ministre de la Planification (Wycliffe Oparanya) propose de réduire de moitié le nombre moyen d’enfants auquel les femmes kényanes donnent naissance. La démarche vise à inverser la croissance rapide de la population dans la prochaine décennie. Cette politique, qui a été élaborée par le Conseil national pour la population et le développement (CNPD), propose que les femmes du Kenya donnent naissance à 2,6 enfants en moyenne au cours de leur âge fécond (entre 15 et 49 ans). À l’heure actuelle, les femmes donnent naissance en moyenne à 4,6 enfants. » 
     
    Cet exemple, qui est loin d’être le seul (puisqu’on pourrait aussi parler du Nigeria, du Rwanda et du Burundi), montre les pays encore en proie à l’explosion démographique ont décidé de s’attaquer à ce fléau. Pourquoi ici, dans les pays riches, voulons-nous nous y opposer ?

  • La tradition catholique valorise la famille nombreuse comme un idéal.
    Le Pape, et avec lui, le clergé, s’oppose avec force à l’avortement (ce qui est cohérent avec le respect de la Vie ordonné par Dieu), mais il s’oppose aussi à tous les moyens de contraception modernes, sauf l’abstinence pendant les périodes fécondes du cycle féminin, méthode certes naturelle, mais peu fiable et difficilement applicable quand les conditions matérielles sont précaires. Même cette méthode peu fiable est seulement tolérée, et n’est évoquée qu’avec des encouragements aux familles nombreuses

    Si l’Église dissuade les couples d’adopter des méthodes modernes non naturelles de contraception, elle ne s’est jamais opposée aux méthodes modernes pour limiter la mortalité, même lorsque ces méthodes sont extrêmement artificielles (médicaments chimiques, greffes, assistance respiratoire etc…) J’y vois là un certain manque de cohérence, car la nécessité de limiter volontairement nos naissances vient directement de notre capacité à lutter contre la mortalité infantile et juvénile.

    Paradoxalement, les membres du clergé sont eux-mêmes célibataires, et n’ont pas d’enfants.

    Les saints sont presque tous, à quelques exceptions près, des célibataires consacrés et sans enfants.

    La sainte la plus vénérée, Marie, est supposée, selon la tradition, n’avoir eu qu’un seul enfant : Jésus. En fait l’Évangile ne dit pas que Marie n’a eu qu’un fils, ni qu’elle en a eu plusieurs. Le nombre des enfants qu’aurait eu Marie n’a en fait aucune importance pour les évangélistes. Seul compte le fait qu’elle a accueilli et élevé le Messie avec tout l’amour possible, pour qu’il puisse réaliser sa mission.
    L’évangéliste Luc nous raconte des épisodes de l’enfance de Jésus sans jamais mentionner la présence de frères ou sœurs de celui-ci.
    Un seul passage de l’Évangile fait mention des frères de Jésus, pendant sa vie adulte et publique :
    Luc, ch .8 v.19 :
    « Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne purent l’aborder à cause de la foule. »
    Ce passage de l’Évangile n’a jamais empêché l’Église de nous présenter Jésus comme le fils unique de Marie, en argumentant qu’on pouvait entendre le mot « frère » comme les proches familiaux au sens large : cousins .
    La tradition présente toujours la Sainte Famille comme composée seulement de Joseph, Marie et Jésus.

    Les saintes femmes qui suivent Jésus, et dont parle l’Évangile, ne semblent pas avoir d’enfants : on n’en parle jamais. Quant aux sœurs amies de Jésus, Marthe et Marie, rien ne nous dit si elles ont eu ou non, des enfants .
    A part l’épisode du massacre des enfants de moins de deux ans par le roi Hérode, les rares enfants (autres que Jésus lui-même) mis en scène dans l’Évangile sont des enfants que leurs parents tentent d’approcher de Jésus pour qu’il les bénisse.
    « On lui présentait aussi les tout-petits enfants pour qu’il les touchât. Ce que voyant, les disciples les rabrouaient. Mais Jésus appela à lui ces enfants, en disant : « laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car c’est à leurs pareils qu’appartient le royaume de Dieu »
    Je ne vois dans ce passage aucune incitation à FAIRE des enfants, mais plutôt à accueillir avec respect ceux qui existent, comme des personnes à part entière.

    Dans un passage de Luc (ch. 9, versets 46-48), Jésus prend un petit enfant pour illustrer la grandeur de l’humilité et rappeler l’attention qu’on doit aux plus faibles :
    « Une discussion s’éleva alors entre eux : Qui parmi eux serait le plus grand ? Mais Jésus, discernant le raisonnement de leur cœur, prit un petit enfant, et le plaça auprès de lui ; puis il leur dit : Celui qui reçoit ce petit enfant en mon nom me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est lui qui est grand. »

    Recevoir un petit enfant, ce n’est pas forcément en concevoir un : l’instituteur, l’éducateur au sens général peuvent remplir ce rôle, ou même toute personne rencontrant des enfants.
    De plus, pour Jésus, les plus petits, ce n’est pas seulement les plus jeunes, mais aussi les plus faibles (malades, pauvres, exclus) comme le montrent toutes ses actions.

    Quand Jésus parle du mariage, il en proclame l’indissolubilité « ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer » (Mat.19.6) : le devoir de fidélité conjugal est présenté comme fondamental, mais rien n’est dit sur l’éventuel devoir d’avoir des enfants, et encore moins, d’avoir de nombreux enfants.

    Ceci contraste avec la Bible de l’Ancien Testament, où à diverses reprises, la venue de nombreux enfants est proclamée comme une bénédiction de Dieu, et surtout le si souvent cité verset 28 de la Genèse, chapitre 1, où juste après avoir créé l’homme (homme et femme il les créa), Dieu lui dit :
    « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la »
    Le terme de soumettre est remplacé dans certaines traductions par dominer, ce qui signifie habiter (du latin « domus » qui signifie maison)
    Dominus, c’est le maître de la maison, celui qui l’habite, la gère et l’entretient pour y faire vivre sa famille.
    « dominer la terre » serait donc l’habiter et la gérer correctement, pas la détruire et la piller comme nous le faisons actuellement.
    La multiplication a un sens pour une espèce nouvelle qui n’a pas encore atteint un niveau de population suffisant pour se maintenir. Toutes les espèces vivantes font ainsi : au début elles se multiplient jusqu’à atteindre un niveau d’équilibre avec leur environnement. L’ordre de Dieu de se multiplier peut donc se comprendre dans cette phase initiale de la création.

    Au contraire de l’Ancien Testament, on cherchera en vain dans l’Évangile une quelconque exhortation à avoir des enfants ou à avoir de nombreux enfants.
    La procréation n’est présentée ni comme un devoir, ni comme une condition du bonheur, je dirais presque : au contraire.
    Dans les 4 évangiles officiels, rien ne nous indique que Jésus se serait marié et aurait eu des enfants. La tradition nous le présente comme célibataire.
    Il évoque la continence volontaire comme moyen de s’approcher de Dieu :
    Matthieu 19:12
    « Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. »

    Dans l’Ancien Testament, il y a de nombreux cas où Dieu intervient pour guérir des femmes stériles (Sarah femme d’Abraham, Rébecca femme d’Isaac, Léa, Anne ...), sans compter les nombreux psaumes et chants où on trouve des actions de grâce pour des femmes stériles qui ont enfin, grâce à Dieu, des enfants. La guérison d’une femme stérile, c’est même selon l’Ancien Testament, LE miracle par excellence, celui qui démontre le mieux l’amour de Dieu.

    Tout au contraire, les Évangiles ne nous rapportent aucun cas où Jésus aurait guérit une femme stérile.
    Il y a bien le cas d’Élisabeth, cousine de Marie, femme âgée et stérile, à qui sur le tard, Dieu accorde un enfant qui deviendra Jean Baptiste, prophète annonçant l’arrivée imminente du Messie.
    Mais ce n’est pas un miracle de Jésus, car à l’époque de la conception de Jean Baptiste, il n’était même pas conçu. Pour les chrétiens, Jean Baptiste fait la jonction entre l’Ancien et le Nouveau Testament, sa conception miraculeuse se situerait donc dans la droite ligne de l’Ancien Testament, pas vraiment dans le Nouveau.
    Les évangélistes nous racontent de nombreux miracles de Jésus : guérisons d’aveugles, de sourds-muets, de paralytiques, de boiteux, d’estropiés, d’une femme souffrant d’hémorragies, de lépreux, de schizophrènes et épileptiques (ou possédés du démon), la guérison d’une fillette de 12 ans mourante, mais jamais à ma connaissance de guérison d’une femme stérile.

    Lorsque Jésus évoque la ruine de Jérusalem, sans qu’il soit nettement précisé s’il s’agit des malheurs devant arriver au peuple juif, ou de la fin de l’humanité, ou carrément de la fin du monde, il dit « Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! » Mathieu, ch. 24, v. 19
    J’y vois comme un avertissement : lorsque des catastrophes se préparent et que vous en voyez les signes, évitez de faire des enfants et de les plonger dans ce malheur, soyez responsables ! (« Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots, des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées » Luc, ch. 21 v. 25-26 . (Mon avis personnel : nous y sommes presque !)

    La mystérieuse phrase de Jésus « malheur à la femme enceinte » est dans 3 évangiles (Mathieu, Marc, Luc), associée aux cataclysmes de la fin des temps. On peut y voir la simple évocation du malheur des mères qui pleurent leurs enfants tués (image douloureuse de toutes les guerres), mais il y a peut-être plus que cela. Ce pourrait être un avertissement, mal compris par ses contemporains et donc peu développé, comme quoi ces cataclysmes sont d’une certaine manière liés à la fécondité elle-même.
    Jésus aurait-il déjà fait le lien entre surpopulation et cataclysmes ? Sinon, comment expliquer que le célibat puisse constituer la voie suprême pour s’approcher du royaume de Dieu, alors qu’il semble contraire à l’ordre de la Genèse « soyez féconds et multipliez-vous » ?

    Les premiers chrétiens qui pensaient que la fin du monde était toute proche à cause de la parole de Jésus, « En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé », (Luc, ch.21, v ; 32) n’encourageaient absolument pas le mariage ni la natalité, au contraire ;
    Peut-être avaient-il une interprétation proche de la mienne ?

    En effet, on trouve dans la première Épître de Paul aux Corinthiens, ch. 7 , v. 25 à 28 :

    « Pour ce qui est des vierges, je n’ai point d’ordre du Seigneur ; mais je donne un avis, comme ayant reçu du Seigneur miséricorde pour être fidèle.
    donc ce que j’estime bon, à cause des temps difficiles qui s`approchent : il est bon à un homme d’être ainsi.
    tu lié à une femme, ne cherche pas à rompre ce lien ; n’es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas une femme.
    tu t’es marié, tu n’as point péché ; et si la vierge s’est mariée, elle n’a point péché ; mais ces personnes auront des tribulations dans la chair, et je voudrais vous les épargner. »

    Un peu plus haut dans cette épître, Paul ose même dire « je voudrais que tous les hommes fussent comme moi », c’est à dire célibataires !
    Si son vœux avait été réalisé, on ne parlerait pas de surpopulation !

    Paul ne semble pas comprendre le célèbre « soyez féconds et multipliez-vous » de la Genèse comme un ordre encore valable dans la Nouvelle Alliance, puisqu’il avoue « je n’ai point d’ordre du Seigneur ».

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