Le Pape et les réfugiés

par Gérard Leclerc

lundi 28 août 2017

Inutile de se cacher la réalité ! Il y a, en ce moment, des désaccords sérieux entre catholiques à propos du texte du pape François, publié le 21 août dernier sous le titre : Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants. C’est un véritable tir de barrage qui s’est opposé à cette déclaration que certains estiment particulièrement inopportune au lendemain des attentats qui ont endeuillé l’Espagne. Pour notre part, nous ne contesterons pas ici un droit de légitime discussion dans l’Église à propos d’un sujet aussi complexe et ardu que celui des mouvements de migration dans le monde d’aujourd’hui. L’accord sur les principes de l’Évangile n’empêche pas la difficulté du discernement dans les situations concrètes, qu’il importe d’analyser selon tous les paramètres nécessaires. Dans le cas présent, le Pape énonce un certain nombre de principes dans leur généralité, et il est souhaitable qu’ils rejoignent un examen approfondi du contexte géopolitique et de toutes les causes de déstabilisation qui engendrent de tels flux de populations. Par ailleurs, tous les pays n’ont pas les mêmes facultés d’accueil des réfugiés. L’Allemagne a pu s’ouvrir à plus d’un million de personnes, il y a deux ans, mais sa prospérité économique et son déficit démographique le lui permettaient, au moins momentanément. Ce n’était pas le cas d’autres pays d’Europe, notamment ceux d’Europe centrale.

On peut et on se doit de prolonger la réflexion, en répondant au légitime souci du Saint-Père. Ce que nous regrettons, c’est que les objections émises le soient souvent dans un style acerbe et même hostile, qui blesse gravement la communion entre catholiques et crée un climat détestable à l’égard du successeur de Pierre. Qui, mieux que lui, est en droit de défendre la cause des plus fragiles et des plus déshérités en ce monde ? S’il n’était pas là pour remplir cette mission traditionnelle de celui qui «  préside à la charité  » (saint Ignace d’Antioche), qui le ferait légitimement à sa place ? Certes, il y a des moments conflictuels dans l’histoire, où cette mission n’apparaît pas à tous aussi évidente qu’il conviendrait. Les initiatives du Pape de la Première Guerre mondiale, Benoît XV, ne furent pas toujours comprises, singulièrement en France. Mais ce n’est pas une raison pour attiser les divisions et les rancœurs.
Il nous semble au contraire, que la gravité du défi mondial actuel devrait inciter tous les esprits de bonne volonté à un sursaut de lucidité et d’engagement. C’est la situation internationale dans son ensemble qui doit être examinée, dans une perspective de négociation inter-gouvernementale, avec une définition d’objectifs immédiats et plus lointains. La sécurisation de la Méditerranée fait partie des objectifs immédiats, à travers des accords entre tous les pays riverains. Plus généralement, c’est la question du développement du continent africain qui se pose, avec la pacification des pays les plus fragilisés dans sa partie orientale. Nous n’oublions pas les autres questions, telle celle du terrorisme islamiste, qui doivent aussi recevoir une réponse appropriée. 

Messages

  • « Qui, mieux que lui, est en droit de défendre la cause des plus fragiles et des plus déshérités en ce monde ? »
    Le pape est aussi en droit et a même le devoir de défendre et protéger les catholiques sur leur propre sol. C’est quand même sa fonction première, non ? A l’évidence, il est actuellement plus préoccupé par le sort des musulmans.
    Or, les migrants sont quasi-exclusivement des musulmans et leur arrivée massive, eux, qui n’ont aucun papier et sont rappelons-le des gens en situation irrégulière, ne va pas sans poser de sérieux problèmes de tous ordres.
    Vous semblez regretter les réactions hostiles contre ce message. A mon avis, ce pape va avoir une fin de pontificat pénible et il l’aura bien cherché.

  • Il ne s’agit pas de François et de la manière dont se terminerait son pontificat mais de rechercher les moyens de mettre fin au terrorisme islamiste en Europe.

    L’inquiétude de bon nombre de citoyens face à la vague d’attentats qui déferle sur ce continent est fort compréhensible. Et, faut-il le rappeler, la folie meurtrière des terroristes islamistes ne date pas de l’attaque du Bataclan et des autres en passant par le 14 juillet de Nice, le meurtre du père Jacques Hamel et jusqu’à l’attentat de Barcelone...Cette barbarie du début du XXIe via l’EI a commencé dans les années 2010-2011 dans la région concernée assortie de : "La guerre en Syrie a fait plus de 330.000 morts à ce jour" phrase revenue sans cesse en boucle dans tous les pays de la planète au point d’en finir par être banalisée... ou perçue comme une fatalité...

    Sur un autre plan, discourir à longueur de journées via les media sur les migrations vers l’Europe n’est pas la solution. Voir plutôt la conclusion de l’article de G. Leclerc : c ’est la situation internationale dans son ensemble qui doit être examinée, sécurisation de la Méditerranée, développement du continent africain, pacification des pays les plus fragilisés, réponse appropriée à la question du terrorisme islamiste..." Mais fallait-il vraiment attendre que l’islamisme frappe chez nous pour commencer à rechercher les moyens de le combattre ?...

    Car, entretemps et depuis le début ce sont des êtres humains par milliers qui sont en grande difficulté et ne pas en tenir compte ne serait-ce pas comme être complice de non-assistance à personne en danger ? C’est là qu’intervient à nouveau le pape avec les mots et les moyens qui lui appartiennent pour en appeler à la générosité face au drame humain qui se déroule sous nos yeux.

    En attendant la fin d’ une situation en tous points dramatique et qui n’aura que trop duré...

  • Si le pape en était resté à "un certain nombre de principes dans leur généralité" - sans omettre la totalité de ces principes qui relèvent de la Doctrine sociale de l’Église, par exemple ceux qui reconnaissent la responsabilité des États à déterminer la politique la meilleure pour leur nation -, personne ne s’en serait ému. Hélas ! il est véritablement descendu dans le domaine du practico-pratique et d’une manière qui est légitimement discutable, puisque cela relève en propre des gouvernements. Il fallait donc s’attendre à ce que ce texte provoque des réactions contradictoires...

  • En cette triste époque de déchristianisation des pays développés , il n’était nul besoin des propos du Pape sur les migrants , fussent-ils inspirés par la charité , pour aggraver la désaffection des fidèles.

  • En cette triste époque de déchristianisation des pays développés , il n’était nul besoin des propos du Pape sur les migrants , fussent-ils inspirés par la charité , pour aggraver la désaffection des fidèles.

  • Cher Gerard Leclerc,

    Ce qui, je crois, fâche beaucoup de catholiques, ce sont notamment :
    - la confusion totale entre "prochain’ et "migrant" ( celui ci semble le seul pauvre aux yeux de l’Eglise )
    - le caractère obligatoire et sans proportion de l’accueil tous les migrants, légaux et illégaux, indistinctement et sans jamais qu’il soit fait référence au respect de l’identité des nations d’accueil ou à un quelconque Bien commun
    - l’opposition entre sécurité personnelle et sécurité nationale comme si la première pouvait exister en dehors de la seconde
    - l’absence d’évocation d’un droit fondamental, celui de vivre sur sa terre

    Bref, ou le Saint Père a une vue prophétique sur le siècle à venir, qui verrait la conversion massive des migrants musulmans et le redémarrage démographique de l’Europe, ou bien son propos, à but universel certes, faisant fi de la vertu de prudence au regard de notre situation, contribuera au chaos sur le Vieux Continent...

  • Je suis d’accord, cher Gérard, et j’ajoute que les vues à long terme du Pape François — même s’il n’est pas sûr d’en voir les effets — passent par cet amour absolu que nous admettons si difficilement. Je suis choqué par les réactions violentes de nos amis.

  • On ne sait ce qui domine : la colère, la tristesse, l’affliction, la honte ...pour moi, c’est un peu une musique d’adieu au catholicisme, voire au christianisme.
    Busch a été le dynamiteur du moyen Orient, le saint père ,lui, bénit l’Europe de demain livrée aux guerres, et aux horreurs. Il ne semble pas habité par le doute ni par l’angoisse de voir demain les vieilles nations sombrer dans le chaos, la haine du christ et de tout ce qui le rappelle.
    La figure du migrant remplace non le pauvre de l’Evangile mais le prolétaire appelé à régénérer la vieille Europe fautive et décadente, les sédentaires attachés à leur vieux pays doivent eux aussi se " mettre en marche" ou subir et expier le fait d’être nés ici et maintenant.
    Nous ne sommes plus des exilés du Royaume sur la terre où nous sommes nés mais des migrants sans terre en route vers le néant pour le plus grand profit de certains, visiblement avec la bénédiction du pape.
    Le migrant, terme imposé par l’idéologie dominante efface les termes " prochain" ou "l’étranger" qui renvoyaient eux à des visages et à une incarnation.
    Un commentaire parlait de la désaffection des fidèles, oui franchement cela ne donne pas envie de se lever pour aller à l’Eglise. D’ailleurs, les églises devraient servir de logements à tous les migrants, il faudra suggérer cela au pape et puisque la plupart des migrants sont musulmans, elles pourront ainsi se transformer pacifiquement en mosquées.

  • De la lecture attentive de l’original du document du 15 août 2017 dans lequel le pape propose - et non impose - des initiatives pour l’accueil des migrants, il n’est pas difficile de s’apercevoir que le contenu en est diversement répercuté dans les media. Il ne serait peut-être pas interdit de penser et d’avancer que :
    1. tout le monde a le droit de s’exprimer sur le document du 15 août 2017 ;
    2. personne n’est obligé d’en d’être d’accord avec François ;
    3. sans se perdre dans des généralités telles que diffusées ici et là au sujet de
    ce document se concentrer, bien au contraire et point par point, sur les
    propositions que soumet François. En gardant à l’esprit que ce ne sont que des
    "propositions" laissant donc, à chaque pays selon ses possibilités d’apporter sa
    propre réponse ;
    4. Une phrase à ne pas négliger : "Je souhaite qu’un plus grand nombre de pays adoptent des programmes de patronage privé et communautaire". "patronage privé et communautaire", approfondir le sens de ce "souhait" est probablement nécessaire pour en ressortir l’interprétation exacte.

    Des déductions parfois hâtives, si elles existent, feraient courir le risque de dénaturer la pensée du pape sur le sujet, alors qu’une réflexion en profondeur pourrait, au contraire, aider à faire le tri, au besoin, entre ce qui serait moralement et matériellement possible à chaque pays d’entreprendre, ainsi qu’à chaque famille et communauté. Agir pour l’amélioration de l’accueil des victimes réelles au gré des flux de déplacements de populations qui ne l’ont pas cherché serait possible pour les uns, difficile voire impossible pour les autres. D’où liberté laissée à tous et à chacun d’accepter ou de refuser ce défi.

    Ce sujet donne peut-être une occasion de soumettre au pape des aspects qui lui échapperaient sur ce problème. Il existe aussi le droit de penser et de dire que de malentendus, dissonances, incompréhensions et autres, peut émerger une étape constructive. Pour un baptisé, la confiance en l’Esprit n’empêche pas de livrer son désaccord fut-ce aux propositions du successeur de Pierre en personne. Raison de plus de le faire sans nécessairement recourir à de possibles attaques personnelles ; si- et quand - l’on se sent parfois agressé par les propos et les initiatives de François, en adopter le style ôterait toute légitimité le critiquer. Un échange direct et franc peut tout aussi bien être fraternel.

    Trop de guerres sévissent en ce monde. S’il était possible d’éviter d’en rajouter une...

  • Pour Marc Briand : cher Monsieur,
    vous ne pouvez pas faire de "l’amour absolu" que l’on doit essayer de porter à son prochain, une règle qui s’appliquerait de façon.... absolue et collective en matière politique et notamment en ce qui concerne la politique migratoire. Sinon, l’on est alors dans une confusion du spirituel et du temporel, qui nous rappellerait les tentations de la papauté médiévale, et non dans la juste autonomie des choses temporelles d’ailleurs évoquées par Vatican 2.

    Bien cordialement.

  • Lorsque l’on parle de migrants ou d’étrangers, ces mots ont-ils le même sens aujourd’hui qu’au temps de Jésus ? A l’époque, les étrangers étaient les colonisateurs romains et les restes de la colonisation grecque ; puis les voyageurs : les Romains avaient construit une route nord-sud le long de la mer, et une route le long du Jourdain et du lac de Galilée, entrecoupées ne nombreux péages. La parabole du bon Samaritain en est une illustration. La Galilée et la Judée n’attirent pas les étrangers car pour être Juif et vivre dans le pays, il faut être né Juif, être circoncis et aller au temple sinon on est impur donc infréquentable dans un pays à majorité rurale où tout le monde se connait. Je pense que dans ces conditions, Jésus Christ n’a pas connu de clandestins venus s’installer dans son pays, d’autant plus que la période d’Hérode Antipas est une période de chômage après les grands travaux d’Hérode le Grand. Aujourd’hui le problème des migrants est politique et civilisationnel

  • La situation de la région et des peuples et peuplades qui la composaient du temps de l’occupant Romain et d’Hérode Antipas semble fort bien décrite dans le billet du 1er novembre 13:27 dans lequel on lit aussi qu’ "Aujourd’hui le problème des migrants est politique et civilisationnel". On est alors tenté d’ouvrir l’Evangile.

    Dans Luc 10, 30 Jésus raconte l’histoire d’un homme qui descendait de Jéricho à Jérusalem. Volé et frappé par des bandits qui prennent la fuite, sa vue n’échappe pas à un voyageur qui poursuit son chemin ; un autre arrive et continue sa route sans "voir" l’inconnu gisant à terre nu et blessé. Et voilà qu’un Samaritain (ce qu’il y avait alors de pire) arrive à son tour, se penche sur l’homme, soigne ses plaies, le relève et le dépose dans une hôtellerie, paye la facture etc...
    Avec cette merveilleuse parabole et au delà de ce "prochain" Jésus ne ferait-il pas entrevoir "l’autre" dans sa détresse et sa misérable condition ?

    La sagesse et le discernement imposent, bien sûr, une extrême vigilance et la plus grande prudence dans la gestion de situations précises, et on ne saurait sacrifier sa propre sécurité pour sauver autrui. Mais pourrait-on affirmer que face à tel ou tel problème de la survie d’un frère en humanité on est condamné à rester simple spectateur ? En plus ce ne sont pas les malheureuses populations qui ont initié et encouragé les "guerres" matérielles, économiques et autres générant les flux migratoires dans leurs effrayantes dimension et configuration.

    Une fois les assassins partis on peut, en tant que bon entrepreneur, s’engouffrer dans la troupe du ballet des courses aux contrats pour reconstruire tel pays. Comme on peut aussi étudier la possibilité de soulager souffrances et misère.

    Jésus n’a pas connu de "clandestins venus s’installer dans son pays..." (occupé tout de même par les Romains). Jésus a certainement connu pire : encore emmailloté il a migré avec ses parents vers l’Egypte fuyant la barbarie d’Hérode. Adulte, Jésus a êté fouetté, ridiculisé et jeté sous le poids de la croix sur le chemin du Golgotha. Et Jésus y a été crucifié et il y est mort.

    Mais Jésus est ressuscité !

    Viviane Gemayel

  • PS

    Le message ci-dessus se réfère à celui du 1er SEPTEMBRE 13:27 de Gilberte, et non "1er novembre". On aura certainement rectifié. En priant d’excuser cette erreur. Merci.

  • Cher Monsieur,

    Voir Famille Chrétienne de cette semaine, page 52, Rémi Brague.

    Prendre en compte le fait qu’une écrasante majorité des immigrants sont musulmans.

    Du coup reconnaitre qu’on peut (doit ?!) de très bonne foi questionner les prises de position du Pape sur le sujet.

    On est en dehors du domaine de l’infaillibilité. Hors langue de buis : le pape a le droit de dire des conneries, ça s’est vu et ça se reverra. Et les bons catholiques romains que nous sommes ont le droit (le devoir ?!) de lui en faire respectueusement la remarque. Sinon, l’Église c’est le PC.

    Bien à vous.

    Pascal

  • Rien à ajouter @ 2 septembre 23:08. Sinon que :

    la certitude ("ça se reverra") que le pape continuera à dire des "conneries", amène tout bon catholique romain a penser qu’il est donc parfaitement inutile d’en faire, même "respectueusement", la remarque au Saint-Père.

    Autant passer à du constructif.

  • Le Pape parle-t-il de la mafia des passeurs qui livrent leurs chargements hier en Italie, aujourd’hui à Gibraltar, qui s’emplissent les poches avec leurs chargements humains ? On fustige les négriers qui faisaient la traite des noirs au 18e siècle et on ferme les yeux sur les nouveaux négriers, c’est le même commerce, Mais au bout du voyage, il faudrait que les Européens prennent en charge les arrivants qui ont cru à l’eldorado promis

  • Merci de ce texte pondéré
    Je crois que sur les migrations la question n’est pas seulement celle du risque de terrorisme, c’est celle du changement de civilisation. Veut on que l’islam devienne hégémonique chez nous ?
    Il est dommage que si le saint Pere à une vue où les musulmans se convertissent massivement (ce que je crois à moyen terme), il n’insiste pas plus sur l’évangélisation lorsqu’il parle de migration. Cela n’est pas compris par les chrétiens. Or il n’y a à aucune raison de ne pas être plus clair !
    Pie XII lui avait des raisons d’agir en secret !!!

  • Je rejoins le propos de Gérard Leclerc. A lire certains commentaires ici ou ailleurs, j’ai le sentiment d’une peur à affronter les tensions entre les exigences évangéliques et le réel, c’est-à-dire les contingences de notre époque traversée par une révolution culturelle et religieuse sans pareil. Nous mettons-nous au travail pour affronter ce qui surgit devant nous ? J’ai un doute sur ce point.
    Ecouter et lire ce que nous rappelle le pape François ne peut être déconnecté, à la fois, de l’Evangile, et, en même temps, de la pensée sociale de l’Eglise. Sans cette précaution, nous pouvons en arriver immédiatement à contester sur le fond le propos du pape sur l’accueil des réfugiés. Et ce serait logique.
    Effectivement, il y a une tension entre l’accueil des migrants, personnes en situation d’extrême fragilité, et les conditions de celui-ci au regard des capacités d’accueils nationaux. De même que l’on ne peut parler d’accueil des réfugiés sans parler du développement intégral des pays dont ils sont issus. La question du réchauffement climatique se pose également et avec urgence pour les 10 prochaines années... Ces questions relèvent de notre responsabilité collective et personnelle, les Etats doivent prendre en considération ces aspects dans leur totalité.

  • Pour ne pas sombrer dans une opposition autant frontale que viscérale et stérile, il me semble qu’il faut retenir les précautions essentielles soulignées par G. Leclerc : le Pape énonce un certain nombre de principes dans leur généralité ; ce à quoi il ajoute et il est souhaitable qu’ils rejoignent un examen approfondi du contexte géopolitique et de toutes les causes de déstabilisation.
    Je ne peux que souscrire aux orientations que le pape nous propose, même si sur certains points quelques interrogations se font jour.
    La grande difficulté, me semble-t-il, quant à la mise en oeuvre des principes énoncés par François, tient au fait de notre société française lourdement destructurée.
    Comment, par exemple, envisager l’intégration réussie de (vagues nombreuses de) migrants alors que des multitudes de Français de souche (chaque jour un peu plus nombreux) sont elles-mêmes dans l’exclusion ? Cette exclusion générée par une oligarchie égoïste et profitarde qui détient le pouvoir réel depuis bien des décennies. Le renforcement du libéralisme ultra ne faisant à cet égard qu’aggraver les choses...
    La politique de ces gens là, sous couvert de générosité et de lutte contre les discriminations, ne fait, en réalité, que perpétuer (et perpétrer) une abominable entreprise d’exploitation de la misère de populations captives. Les tendances esclavagistes de ceux qui proclament que "l’immigration est une chance pour la France" sont à peine dissimulées. Sinon, ils n’auraient pas sans réagir laissé proliférer un lumpen prolétariat immigré contraint de subsister en acceptant les travaux les plus dégradants et les moins payés (travail précaire, trop souvent non déclaré...), avant de recourir, tout aussi massivement à des aides sociales (détournées de leur objet initial).
    Pour ce qui est du regroupement familial, opéré sans discernement ni encadrement c’est à la fois l’origine d’une sédentarisation de populations migrantes (pas nécessairement destinées initialement à se fixer définitivement en France) et de l’explosion démographique non maîtrisée de certains groupes nationaux ou éthniques.
    C’est ainsi que des filières communautaires ont largement profité des divers effets d’aubaine engendrés par le regroupement familial (instauré par le trés peu tiers-mondiste gouvernement Giscard). Mon travail étant, à l’époque, en lien avec les populations migrantes, j’ai pu constater de près nombre de fraudes et de dérives qui ne sont pas restées sans conséquences : pour être intégré à la société française, encore faut-il avoir un minimum l’intention de s’intégrer et pas seulement vouloir profiter des failles béantes d’un système de solidarité et de générosité publiques...
    Mais le débat sur l’immigration ne peut se résumer à ce qui pourrait paraître n’être qu’une caricature. La question est éminemment complexe et...sensible.

  • Reprenant les premières lignes de l’article de G. Leclerc sur le document publié le 21 août 2017 :

    Accueillir. "accueillir signifie avant tout offrir aux migrants et aux réfugiés de plus grandes possibilités d’entrée sûre et légale dans les pays de destination". "entrée...légale" ;

    Protéger. "Protéger se décline en toute une série d’actions pour la défense des droits et de la dignité des migrants ainsi que des réfugiés, indépendamment de leur statut migratoire". "indépendamment de leur statut migratoire" ;

    Promouvoir. "Promouvoir veut dire essentiellement oeuvrer afin que tous les migrants et les réfugiés ainsi que les communautés qui les accueillent soient mis en condition de se réaliser en tant que personnes dans toutes les dimensions qui
    composent l’humanité voulue par le Créateur". "... se réaliser... dans toutes les dimensions...(de) l’humanité voulue par le Créateur" ;

    Intégrer. "...se place sur les plans des opportunités d’enrichissement interculturel
    général du fait de la présence de migrants et de réfugiés. L’intégration n’est pas "assimilation, qui conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle".
    Précision sur ’intégration" pour éviter, ici, la confusion avec "assimilation".

    On note aussi que les différentes étapes du texte sont ponctuées de références aux prédécesseurs de François. Se souvenir également de l’alerte envoyée par le pape lors de sa visite à Lampedusa (2013 ?...) face aux centaines de migrants voyageant sur des rafiots et engloutis en Méditerranée, alerte qui s’inscrit, hors de toute politique, dans le regard humain sur la détresse.

    La tapage médiatique et autres bruitages faits autour du message du pape publié le 21 août 2017 exigent, pour être audibles, des explications claires basées sur des faits réels.

    Il ne suffit pas que les "tambourinaïres" cognent sur leurs percussions.

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