Le Pape dans l’Orient chrétien compliqué

par Gérard Leclerc

jeudi 9 mai 2019

Cathédrale Saint-Alexandre-Nevski (Sofia, Bulgarie)

On connaît la célèbre phrase du général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre : «  Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. Je savais que, au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. Il fallait donc en être.  » L’Orient que vient de visiter le pape François n’est pas celui du général qui concernait ce qu’on appelait le «  Levant  » ou encore le Moyen-Orient, puisqu’il s’agit de l’Est européen, hier encore sous la férule communiste et toujours marqué profondément par sa culture religieuse. En revanche, le qualificatif «  compliqué  » ne s’applique que trop bien à cette région en proie à nombre de contradictions. Tout d’abord, l’Église orthodoxe de Bulgarie que François a tenu à saluer, est sans doute la plus opposée à un rapprochement œcuménique, allant même jusqu’à refuser toute prière commune avec son illustre visiteur. Nous sommes très loin des relations cordiales tissées ces dernières décennies avec le patriarcat de Constantinople.

Complexité orthodoxe

Dans l’étape suivante de son voyage, le Pape se trouvait face à une autre difficulté. L’Église orthodoxe de Macédoine, vient de rompre avec l’Église orthodoxe serbe, et son patriarche Stefan n’est actuellement reconnu par aucune autorité de l’orthodoxie. Il faut à François un sérieux sens de la diplomatie religieuse pour rencontrer les uns et les autres, sans mécontenter personne ! Et le cas ukrainien n’est pas fait pour simplifier les difficultés ! On apprenait, en effet, au moment de son départ pour la Bulgarie, que le Saint-Père avait invité les responsables de l’Église gréco-catholique d’Ukraine à une réunion à Rome les 5 et 6 juillet prochains, afin de s’entretenir de la situation délicate et complexe du pays.

L’Ukraine en arrière-plan

Cette Église qui compte cinq millions de fidèles, soit 10 % de la population, est en effet confrontée à l’équilibre politique périlleux d’une nation en partie en guerre et dont l’avenir est problématique. Mais aussi à la profonde division qui affecte l’orthodoxie locale, depuis qu’un nouveau patriarcat autonome s’est distingué de l’autorité de Moscou, engendrant un désaccord grave pour l’unité du monde orthodoxe. Il y a, en effet, conflit direct entre Moscou et Constantinople, qui a reconnu l’autocéphalie ukrainienne.

On saisit l’urgence de la réflexion commune entre le Pape et l’Église gréco-catholique. Cette dernière a eu parfois le sentiment d’être négligée, du fait du rapprochement œcuménique actif pratiqué par Rome. Mais comment abandonner toute perspective de conciliation entre chrétiens, dans un monde profondément déstabilisé ?

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