Le Pape François conseille la mesure dans l’accueil des réfugiés

par Denis Lensel

mardi 1er novembre 2016

Le Pape François a précisé sa pensée sur la question des migrants en Europe, en conseillant aux gouvernements de ne pas en accueillir au-delà de leurs possibilités. Ces possibilités, a-t-il expliqué, consistent à être en mesure d’offrir aux réfugiés « un toit, un travail, une école, l’apprentissage de la langue », dans la perspective de leur « intégration ». Faute de cette « prudence » qu’il a recommandé, on risque de « payer politiquement une imprudence dans ses calculs », en « recevant plus que l’on peut intégrer ».

Tout en continuant à préconiser le refus de la peur, l’ouverture et la générosité, le Pape a mis en garde les pays européens contre le risque de formation de « ghettos », à partir du moment où, faute d’intégration réussie, la culture de la personne accueillie « ne se développe pas en relation avec l’autre culture », ce qu’il a jugé « très dangereux ». Une mise en garde réaliste et salutaire.

Messages

  • Nous y revoilà avec François dans l’avion au retour d’un voyage avec ses réponses aux questions de journalistes, et les gros titres tels que lus dans les media :

    - "Le pape François "invite à la prudence" dans l’accueil des réfugiés" ;
    - "Le pape François "appelle les Etats européens à la prudence" dans l’accueil des réfugiés ;
    - "Le pape François "corrige sa pensée sur la question de l’accueil des réfugiés et appelle les Etats à la prudence" ;
    - et le titre de Denis Lensel : "Le pape François conseille la mesure dans l’accueil des réfugiés" (début de l’article : "Le pape François a précisé sa pensée sur la question des migrants en Europe...". Les termes "a précisé sa pensée" étant probablement les plus appropriés et susceptibles de tenir lieu de titre. Avis personnel).

    Il n’est pas difficile de constater les "façons" de présenter les réponses du pape à la même question, car on peut tout de même comprendre la différence entre "inviter à" ou "appeler à", "conseiller sur" et "corriger sa pensée" (cette dernière interprétation étant, de toute évidence, la moins appropriée - pour ne pas dire : la seule ayant une teinte de polémique... Laissons tomber.).

    Regrettant l’impossibilité de voir et d’entendre à ce jour le pape François lui-même, il a été possible de lire, dans radio vatican : "Dans l’avion... le pape parle de l’accueil des migrants : "...en théorie on ne peut pas fermer son coeur à un réfugié..." mais il a reconnu que "les gouvernements qui doivent être très ouverts à les recevoir avaient le droit de calculer "avec prudence" la capacité d’accueil..." - on aurait mieux lu : le devoir de calculer..." Plus loin : "Le pape a distingué migrants et réfugiés" etc...

    Ces "variations" de présentation d’un même fait laissent toute latitude au lecteur d’apprécier les approches de la question. A chacun d’en déchiffrer le sens car un mot, une phrase ou encore un article doivent, en principe, avoir un sens. Le "malentendu" provoqué antérieurement sur la question aura, il est à espérer, trouvé une fin à contenter "tout le monde et son père".

    Une brève rétrospective, toutefois, avant de conclure : mon message du 30 octobre 22:56 évoquait : "L’Europe submergée de centaines de milliers de migrants...et la calamiteuse gestion de ces flux...Les pays d’Europe ont-ils vocation à se transformer en immenses "camps de réfugiés" ?...". Une réaction qui a suivi, je cite : "..."L’arrivée de quelques centaines de milliers de personnes sur un continent de 500 millions d’Européens, riche et développé..." n’est "en rien un cataclysme" ! N’ayant souligné que "des centaines de milliers de migrants" et la "gestion calamiteuse" de ces flux sans jamais utiliser le terme de catastrophe ou synonyme, je prends le droit aujourd’hui, à l’aune des dernières "précisions" du pape sur la question, de confirmer mon message du 30 octobre cité. Et que le terme "quelques centaines de milliers de personnes" est pour le moins inadapté quand il s’agit, justement, de personnes et non d’une poignée de cacahuètes et encore moins de têtes de bétail. Et que "sur un contient de 500 millions d’Européens, riche et développé", mais où, si on peut le souligner, se pratiquent à grande échelle l’IVG et autres "avancées" limitant le nombre de naissances - au nom d’on ne sait quels objectifs - alors que dans leur majorité les "flux migratoires" sont composés d’êtres humains ayant vocation à assurer une démographie grandissante par de nombreuses naissances considérées comme une "baraka" ou "bénédiction du ciel"...

    C’est avec en tête le respect de la personne humaine qu’il eut fallu comprendre dès le départ la pensée de François sur l’accueil des réfugiés et migrants avec, allant de soi, la "prudence" et vue sur le long terme qui s’imposaient, à tous les niveaux, pour une gestion intelligente - et bénéfique pour tous - de ces flux migratoires.

    L’Histoire est témoin, bien avant les décapitations et autres bonnes oeuvres de l’EI ou Daech, de bien de contrées à la population rapidement transformée. Quand on connait par coeur sa table de multiplication, il y a des chances que toutes sortes de calculettes, tablettes et autres engins des plus sophistiqués s’avèrent au moins inopérants, au plus trompeurs. Et l’Histoire elle-même ne serait-elle pas, parfois, une sérieuse référence...

    Il est des cas où un minimum d’humilité s’impose.

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