Le Mal est un vivant Souffrances et douleurs de Jésus, le Christ

par Dominique Daguet

samedi 9 juillet 2016

Le ‘’Mal’’ est un mot tabou : il fait trop penser à tout ce qui est désolant, affligeant : à tout ce qui se rapporte au malheur, à la maladie, aussi à la ‘’maladresse’’, aux tourments, aux désastres… Mais n’arrive-t-il pas qu’on oublie, hélas, le mal le plus tragique, celui qui se rapporte aux vices, aux violences, aussi à la haine, d’où surgissent crimes, meurtres, guerres, vocables qui terrifient en nommant les ‘’maux’’ les plus redoutables ? Surtout que surgissent aujourd’hui de nouveaux ‘’monstres’’ tels par exemple le terrorisme planétaire, l’extrémisme de l’intolérance, … aussi le matérialisme lié à l’individualisme ravageur etc..

La vérité est que le Mal a toujours existé en sa radicalité : il a toujours fait valoir ses motivations perverses que dans sa liberté l’homme peut adopter ou refuser, prenant ou non le chemin de la haine ou celui de l’amour. L’Histoire ne cesse de mettre à jour le registre de ses turpitudes qui donnent le vertige : Néron et Gilles de Rais autrefois, Hitler, Staline, Mao, Hissène Habré et tant d’autres, figurent comme des serviteurs du Prince des Ténèbres qui, à Gethsémani, commanditait la Passion du Christ.

Il est toujours instructif d’entrer dans le récit des tourmentants épisodes que vécut le Crucifié, ne serait-ce que pour tenter de comprendre comment Il a pu supporter l’espèce d’infini de ses douleurs et souffrances que je considère comme la « matière » même de son œuvre.

Que fut cette œuvre en effet ? Question capitale que pour ma part je cherche à me poser régulièrement. L’Écriture dit qu’Il a « pris sur Lui tout le péché de l’Homme » et qu’ainsi Il soulève cet impensable fardeau qui me paraît le plus effrayant car résumant en un seul être la somme de tous les méfaits de l’Histoire ! Sommes-nous, chacun, capables d’entrer en une telle contemplation ? Déjà, sommes-nous, chacun, en mesure de prendre réellement conscience de seulement quelques-unes des mauvaisetés horrifiques qui ont, de millénaire en millénaire, pollué incessamment les corps, les cœurs, les esprits et les âmes de tous les êtres humains ? Méfaits plus ou moins graves, laids, plus ou moins égoïstes, affreux, ignobles, insupportables, malsains, plus ou moins pervers, scandaleux ou même criminels ? Chacun a le droit d’éliminer tel ou tel adjectif qui lui paraîtrait abusif ou faux, mais hélas aucunement de les supprimer tous : encore qu’il soit possible de penser au « Mal » en usant d’autres qualificatifs tels abominable, dangereux, fâcheux, malfaisant, mauvais, méchant, néfaste, nocif, nuisible, pénible…
Cette liste pourrait être plus longue encore…

Certes, à Gethsémani, le Fils de Marie et du Père éternel semble, et ce fut en vérité, avoir mis délibérément à part sa divinité pour n’être plus que l’homme qu’il est aussi, et qui doit seul assurer cette mission confiée exclusivement à son humanité : Il est le nouvel Adam, celui qui restitue à la Création sa dignité perdue par le premier.

En ce jardin où Il fut essentiellement en prière, il eut à contempler aussi bien les supplices à Lui réservés que l’océan d’ignominies que les êtres humains, hommes et femmes, du premier qui fut au dernier qui sera, n’ont cessé de combler de siècle en siècle. Il convenait qu’Il sache pourquoi, Lui l’Homme parfait en qui ne se peut découvrir la moindre trace d’impureté, de vice, d’impudeur, de sauvagerie, de cruauté, d’orgueil, en qui l’amour de son Père et celui qu’Il nous porte sont pleinement amours de perfection, pourquoi donc devait entrer dans sa Passion la contemplation de cette épouvante sans pareille, apparemment mise en œuvre par l’Ennemi afin qu‘Il sombre dans la peur, le découragement et le désespoir : tentations des plus subtiles dont pourtant le Crucifié fut vainqueur.

Il y a quelques semaines j’ai choisi, non de fuir, mais de regarder – et ce fut avec un effroi indicible – le film « Apocalypse/Staline ». J’en ai été sidéré alors que déjà je connaissais quasi toutes les informations qui nous furent ce soir-là dévoilées : oui, « savoir sans voir » eut été une lâcheté, aussi une perte pour l’esprit ! L’image apportait aux mots une force imparable. Jésus, qui donc avait tout contemplé, se trouvait en mesure, quand Il se dirigea avec une détermination farouche vers ceux qui venaient l’arrêter, de se soumettre librement à leur volonté. Eux, croyaient qu’ils allaient servir Dieu. L’enjeu était immense : en vérité infini.

La souffrance, Jésus l’avait connu dès sa conception…

D’où venait-Il en effet ? De l’Éternité, de la demeure ineffable du Père qu’Il aimait d’un amour filial infini ; de la Lumière divine dont Il était le rejeton unique…

Où entra-t-Il ? En nos ténèbres, quoiqu’Il fut accueilli dans le nid de la plus pure, de la plus belle, de la plus aimante de toutes les femmes qui furent depuis le Grand Cri de la naissance de notre Univers… Au cours de sa vie parmi nous les péchés abondèrent autour de Lui, et tous furent en Lui ressentis comme coups de lance en son cœur : Il ouvrait le livre de chaque être et se désolait de le voir tellement éloigné de sa perfection, de sa beauté telle qu’en l’origine l’avait contemplée Celui qui l’avait créée.
Il multiplia les pains et les poissons mais les hommes persévérèrent en leurs tristes habitudes dont Il connaissait la morbidité, ce Péché, outil de Satan, que l’on dit aujourd’hui invention infantile… et dont pourtant Il continue, toujours présent en notre monde, d’en saisir l’horreur.

La souffrance Lui fut donc compagne des plus fidèles même s’il faut d’abord mettre au premier rang l’amour qui ne cessa de lui être offert, par en premier Marie, sa mère, et Joseph, son père adoptif, ensuite par ses apôtres, ses disciples, ceux dont la foi nourrissait sa joie.

(à suivre)

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